À qui sait attendre : Michael Connelly toujours aussi efficace, mais un Bosch qui s’efface

En arrière-plan, une planche de surf, et au premier plan, la couverture du livre de poche de Michael Connelly, À qui sait attendre
Univers5/5
Personnages4/5
Intrigue4/5
Écriture4/5

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L’essentiel sur À qui sait attendre de Michael Connelly

Quel est le genre de ce livre ?

Roman policier américain / Roman policier de série

Quels sont les thèmes principaux ?
  • Affaires non résolues
  • Police et politique
Quel est le niveau de lecture ?

Assez facile : écriture fluide, mais roman long

Quel est le nombre de pages ?

528

Pour qui est‑ce fait ?
  • Pour les lecteurs fidèles de la série Bosch/Ballard
  • Pour les amateurs de polars procéduraux à plusieurs intrigues menées de front
  • Pour les curieux de l’affaire du Dahlia noir qui veulent voir comment la fiction s’empare d’un cold case réel resté irrésolu.
À qui ne pas le recommander ?
  • Aux lecteurs qui viennent avant tout pour Harry Bosch
  • À ceux qui cherchent une résolution du Dahlia noir crédible et étayée
  • À ceux qui espèrent découvrir Maddie Bosch
Faut-il avoir lu les précédents Bosch/Ballard pour comprendre ce tome ? Pas forcément, grâce aux intrigues passionnantes, mais vous perdrez la charge émotionnelle due aux personnages récurrents.

À qui sait attendre est un mécanisme à trois intrigues, parfaitement maitrisé par Michael Connelly, même si la résolution fictive de l’affaire du Dahlia noir ne m’a pas convaincue. Je m’interroge toujours sur l’avenir d’Harry Bosch dans la série. Heureusement, Renée Ballard gagne en épaisseur avec son histoire personnelle.

Sommaire

Le point de départ de l’histoire

Renée Ballard est allée surfer avant de rejoindre son travail, à la tête des Affaires non résolues de Los Angeles. Mais lorsqu’elle revient à sa voiture, sa boîte à clé contenant son arme de poing, son téléphone, son portefeuille et son badge a disparu. Parce qu’elle craint que ses supérieurs utilisent cet incident contre elle, Renée décide d’enquêter elle-même pour retrouver ce qui lui appartient.

Lorsqu’elle parvient à son bureau, parmi les affaires examinées par son équipe. L’une paraît prometteuse : une correspondance ADN a été identifiée, un meurtrier qui terrorisait Los Angeles est le père d’un homme qui vient d’être arrêté pour violence conjugale. Sauf que… le père en question est le juge qui préside la Cour supérieure de Los Angeles.

Un peu plus tard, Maddie Bosch demande à intégrer, en tant que volontaire, l’équipe des Affaires non résolues. Et pour cause, elle pense être sur le point d’élucider l’affaire du Dahlia noir.

L’affaire du Dahlia noir

Le 15 janvier 1947, le corps d’une jeune femme est retrouvé dans un terrain vague. Le cadavre est coupé en deux. Il s’agit d’Elizabeth Short, 22 ans, disparue depuis quelques jours. Elle travaillait comme serveuse et espérait devenir actrice. Le tueur présumé nargue la police.

Malgré une enquête massive, l’affaire n’a jamais été résolue, mais elle a fait couler beaucoup d’encre. En 1987 paraît le livre de James Elroy, le Dahlia noir, une fiction inspirée de cette affaire.

Trois intrigues, un Bosch en retrait

Je n’ai pas été déçue par ce roman et j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à le lire. Michael Connelly jongle admirablement avec les trois intrigues, sans jamais perdre le lecteur.

Si ce n’est que Harry Bosch, qui intervient dans la première intrigue, fait un peu de la figuration. Depuis deux ou trois livres, je commence à m’inquiéter pour lui : qu’est-ce que Michael Connelly a dans la tête le concernant ?

Mais bien que Harry Bosch soit peu présent dans À qui sait attendre, il faut reconnaître que je continuerai de suivre les livres de Connelly pour son habileté (et aussi pour ses personnages). Qui d’autres maitrise trois intrigues de front sans perdre le lecteur ?

Pourtant, une intrigue est un peu plus faible que les autres : l’affaire du Dahlia noir portée par Maddie. D’abord, cette célèbre affaire est non résolue dans la réalité, j’ai donc douté sérieusement qu’elle soit menée jusqu’à une conclusion satisfaisante, et, par conséquent, elle m’a moins intéressée. Je dois dire tout de même que le dénouement n’est pas celui que j’attendais. Ensuite, je ne connaissais pas assez l’histoire pour voir si l’enquête recoupait des faits véritables. Et enfin, il y a de fortes chances que l’assassin soit mort, donc l’espoir de l’identifier est moins prenant que l’espoir de l’envoyer finir ces jours en prison.

Mais vous le savez peut-être, les romans policiers de Michael Connelly ne se réduisent pas aux enquêtes. Il y a aussi Los Angeles et le LAPD (Los Angeles Police Department).

Le livre de posche de Michael Connelly, À qui sait attendre. Posé sur une table, à côté d'une tasse à café

Provenance : Cet exemplaire provient de ma bibliothèque personnelle.

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Los Angeles et le LAPD, décor indissociable de l’intrigue

Dans le Los Angeles de Michael Connelly, il y a le Pacifique, des autoroutes gigantesques et des quartiers riches (comme celui où vit le juge), ou pauvres (comme celui où Renée doit récupérer ses affaires volées).

Au sein du LAPD, il y a les chefs qui s’occupent plus de politique que des enquêtes : mettre en cause un juge les rend donc frileux. Aux inspecteurs de se débrouiller sans alerter la hiérarchie plus qu’il ne se doit. Et ça, que ce soit Harry Bosch ou Renée Ballard, ils savent faire !

Les figures du roman

Si les caractères de Ballard et Bosch, têtus et obstinés, toujours flirtant avec les limites, ajoutent de la tension aux romans, l’émotion vient de l’attachement à ces deux personnages récurrents

Harry Bosch, un vétéran fatigué

Il est né en 1950, ce qui lui fait 76 ans à l’heure où j’écris. Plus vraiment l’âge de courir après des voleurs et des assassins. Je connais tout de son enfance difficile, de son engagement à l’armée, de ses amours et des circonstances de la naissance de sa fille, Maddie. Vous comprenez pourquoi je m’inquiète de le voir, un jour ou l’autre disparaitre des romans.

Renée Ballard se dévoile… un peu

Elle a le même caractère qu’Harry, mais une histoire bien différente. Elle était restée assez mystérieuse jusque-là, mais nous en apprenons plus sur elle dans cet opus. Sa mère, qui l’a abandonnée, réside à Maui, une île d’Hawaï qui vient de subir d’immenses feux de forêt. Renée est en contact avec un collègue de là-bas, chargé d’identifier les victimes, elle veut savoir si sa mère est décédée ou encore en vie. Et ? Cliffanger à la fin du roman.

Maddie Bosch, une enquêtrice encore floue

Maddie, la fille de Harry, est loin d’être une inconnue, mais c’est la première fois qu’elle participe à une enquête. Son personnage est encore un peu flou. Et le fait qu’elle ait découvert, par hasard, les documents concernant le Dahlia noir n’arrange rien. En effet, elle tire les fils à partir de ce qu’elle a trouvé, sans enquête complexe à fournir. Pas de quoi juger de son étoffe d’enquêtrice. Certes, comme son père et Renée, elle se heurte à la hiérarchie. Reste à voir si elle lui ressemblera aussi sur le terrain.

Une écriture au rythme redoutable

Elle est toujours aussi efficace.

Incipit :

« Elle aimait encore plus attendre la vague que la surfer. Là, en face des falaises, assise sur la planche, elle laissait ses reins trouver le rythme de la surface qui roule ».

Connelly trouve toujours le juste milieu entre donner assez d’explications pour que le lecteur comprenne et le rythme haletant.

Citation :

« Ballard avait son écouteur Bluetooth dans l’oreille et laissa retomber ses cheveux pour le couvrir. Bosch l’appela, elle lui répondit sans lâcher le van des yeux.
— Comment ça a marché ? s’enquit-elle.
— Il m’a dit vouloir faire affaire. Il veut quatre mitraillettes, mais il y allait peut-être à l’esbroufe. Il va préparer une rencontre demain pour qu’on fasse l’échange. »

Conclusion

J’aime toujours les livres de Michael Connelly. Ils sont pour moi, un peu plus que des romans policiers, grâce à la ville de Los Angeles, aux personnages et à l’écriture. Dans cet opus, Renée, qui semble être le successeur naturel de Bosch, prend enfin un peu d’épaisseur, ce qui me rend impatiente de la voir évoluer.

À vous de jouer : Partagez votre avis !

Pensez-vous que résoudre de façon fictive un vrai cold case comme le Dahlia noir soit une idée intéressante ? Dites-le-moi en commentaires.

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Info-livre : À qui sait attendre de Michael Connelly

Couverture du livre de poche de Michael Connelly, À qui sait attendre

Poche
Éditeur : LGF/Livre de Poche
ISBN : 978-2-253-25482-9
Date de parution : 14/01/2026

Photo de Catherine Perrin

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littéraire

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