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Carnet de lectures
Mes notes, mes impressions, et ces livres que j’ai envie de vous faire découvrir.
Affinez votre recherche : Littérature générale – Mauvais genre – Non fictionnel – Confidences

Une unique lueur de Fred Vargas : un Adamsberg classique, porté par Nerval et Bacall
🖤🖤🖤🖤 Une unique lueur de Fred Vargas, la onzième enquête du commissaire Adamsberg, abandonne les ouvertures fantastiques habituelles de l’autrice pour une énigme beaucoup plus classique. Et ce sont deux ressorts liés au meurtrier, un poème de Nerval et le couple Bacall/Bogart qui m’ont tenue en haleine.

Ce qui nous frôle sous la surface : quand Colum McCann documente sans jamais expliquer
🖤🖤🖤 Ce qui nous frôle sous la surface de Colum McCann est davantage un inventaire de faits qu’un récit structuré. L’auteur assume jusqu’au bout de ne donner aucune explication sur les agissements des personnages et j’ai trouvé ça frustrant. Néanmoins, le récit des réparations des câbles sous-marins est passionnant.

Où s’arrête ma tolérance de lectrice ?
Ce n’est pas une question de légalité ou même de morale imposée à autrui, mais de responsabilité de lecteur·ice. Lorsque nous achetons un livre : où va l’argent qu’il rémunère ? Aussi talentueux que soit l’écrivain, que cautionne-t-on avec cet argent, quel acte l’aidons-nous à accomplir ? Voici, mon opinion sur le sujet, et vous êtes bien entendu libre d’en avoir une différente.

Le berger de l’Avent de Gunnar Gunnarsson : quand un homme, un chien et un bélier bravent la tempête islandaise
🖤🖤🖤🖤🖤 Le berger de l’Avent de Gunnar Gunnarsson raconte une histoire simple, portée par la rudesse de l’Islande au début du XXe siècle ; la novella explore une relation de confiance mutuelle entre un homme et des animaux, dans une langue admirablement descriptive.

Le dernier Lapon d’Olivier Truc : immersion chez les Samis, polar en demi-teinte
🖤🖤🖤🖤 Le dernier Lapon d’Olivier Truc est un roman policier parfaitement documenté sur l’histoire des Samis. Malheureusement, malgré une intrigue complexe, un rythme déséquilibré avec un dénouement trop vite expédié, ainsi que des personnages peu profonds, l’intrigue policière reste secondaire.

John, fils de John : Douglas Stuart radiographie une société sans perspective
🖤🖤🖤🖤🖤John, fils de John, est un roman remarquable. Douglas Stuart y restitue le système, pauvreté, religion calviniste et pression communautaire. Ce triptyque résonne au-delà des Hébrides. Il avertit que nos acquis sociaux, droits des femmes, visibilité des homosexuels sont fragiles et qu’ils pourraient être remis en cause sous pression économique. Après plus de 400 pages sur ces thèmes sombres, la fin ouverte laisse enfin respirer le lecteur.

Le bureau des audacieuses de Mélanie Sadler : quand la fiction dessert une héroïne bien réelle
🖤🖤🖤Le bureau des audacieuses de Mélanie Sadler est une biographie romancée de la journaliste Séverine (1855-1929), première femme journaliste de France. L’œuvre n’est pas assez romancée, peut-être pour que je m’enthousiasme pour le personnage et beaucoup trop à mon goût pour que j’arrive à la cerner. De plus, le très riche contexte historique est distillé à petite dose. Lisez l’article pour en savoir plus.

Mon corps donné pour vous de Marouane Essadek : l’horreur eugéniste américaine
🖤🖤 🖤 🖤Mon corps donné pour vous de Marouane Essadek oscille entre la vie romancée de Carrie Buck, une jeune femme stérilisée dans les années 1920, et le récit documenté de l’eugénisme aux États-Unis, à travers le procès Buck v. Bell. Ce livre nous mène tout droit au procès de Nuremberg, les pseudosciences américaines ayant nourri l’eugénisme nazi. Si la démonstration est efficace, j’ai tout de même regretté des angles morts.

Vie et mort d’une mite de Rowe Irvin : quand une mère dévoie son amour
🖤🖤🖤🖤 Une renarde a entendu, du fond de son terrier, des cris, des grognements. Une fois les hommes partis, elle est venue observer : un corps git, immobile, dans ses souillures, la tête entourée d’un tissu. Le corps commence à bouger, se lève malgré la douleur. Maya se met en route.

Les dames de Kimoto de Sawako Ariyoshi : la biographie d’une seule femme, pas d’une lignée
🖤🖤🖤🖤 Les dames de Kimoto de Sawako Ariyoshi raconte avec une écriture classique la vie d’une parfaite épouse japonaise, Hana, au début du siècle dernier. Le roman est subtilement féministe, même si la révolte de sa fille pendant ses années étudiantes n’aboutit à rien.

Entre ciel et terre de Jón Kalman Stefánsson : plongée dans l’Islande des pêcheurs, loin de Pierre Loti
🖤🖤🖤🖤🖤Entre ciel et terre de Jón Kalman Stefánsson raconte une Islande vue de l’intérieur, à rebours de Pierre Loti qui parlait de campagnes de pêche bretonnes. Ce livre n’a rien d’un roman d’aventures, il relate la survie et le peu de place laissé pour quoique soit d’autre.

Le Restaurant des recettes oubliées de Hisashi Kashiwai : une healing fiction qui ne m’a pas convaincue
🖤🖤🖤 Le Restaurant des recettes oubliées de Hisashi Kashiwai promet une lecture réconfortante, mais sa mécanique répétitive étouffe les histoires racontées. Bien que ce roman coche tous les codes de la « healing fiction » (lieu refuge, rituel, douceur et même chat), je n’ai pas ressenti l’intensité que j’aime trouver dans ces livres.

Le septième siffleur de Colin Niel : trois vies, un seul fil discret
🖤🖤🖤🖤🖤Le septième siffleur de Colin Niel regroupe trois histoires sans qu’aucune ne prenne le pas sur l’autre. Bien que les personnages et les lieux soient très éloignés, elles sont réunies par un fil discret. Ce roman immersif et plein d’émotions, refuse le clivage chasse/écologie ; la relation entre un chasseur et son fils a désarmé la chroniqueuse anti-chasse que je suis.

La poupée d’Yrsa Sigurdardottir : un polar islandais à la structure déséquilibrée
🖤🖤🖤🖤Après un début addictif, La poupée d’Yrsa Sigurdardottir laisse place à une enquête longue et réaliste où des évènements ne cessent de se produire. Mais il faut attendre la fin, très dense pour que tous les liens se fassent. Même si je ne me suis pas ennuyée, j’ai trouvé les trois parties de ce livre totalement déséquilibrées.

Kim Jiyoung, née en 1982 de Cho Nam-Joo : le roman qui a divisé la Corée du Sud
🖤🖤🖤🖤🖤 En moins de 200 pages, Kim Jiyoung, née en 1982 de Cho Nam-Joo concentre l’ensemble des discriminations vécues par une femme coréenne. Des discriminations amplifiées par rapport à ce que nous connaissons en France et par le piège narratif que nous tend l’autrice.
