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Une éclaircie de Jean-Baptiste Del Amo : Goya, la maladie et un angelot moqueur

3,8/5
note subjective
L’essentiel sur Une éclaircie de Jean-Baptiste Del Amo
Quel est le genre de ce livre ?
Récit autobiographique de la maladie
Quels sont les thèmes principaux ?
- Maladie
- Biographie de Goya
- Dialogue intime avec l’œuvre de Goya
Quel est le niveau de lecture ?
Exigeant : le livre ne se dévoile pas tout de suite
Quel est le nombre de pages ?
192
Pour qui est‑ce fait ?
- Pour les curieux de Goya qui préfèrent une rencontre sensible avec les Peintures noires et la coupole de San Antonio de la Florida à un exposé d’histoire de l’art.
- Pour ceux qui veulent découvrir Jean-Baptiste Del Amo par un texte court et personnel avant d’aborder ses romans
- Pour ceux qui cherchent des mots justes sur la maladie
À qui ne pas le recommander ?
- Aux fidèles de la collection Ma nuit au musée qui attendent l’immersion nocturne dans le lieu
- Aux lecteurs allergiques à la deuxième personne : tout le récit est adressé au « tu »
J’ai d’abord été déroutée par Une éclaircie de Jean-Baptiste Del Amo, un livre de la collection Ma nuit au Musée parce que l’auteur repousse cette expérience à la fin du livre. Le parallèle entre la maladie de l’écrivain et celle de Goya m’a paru faible, avant que je comprenne que le lien ne se trouvait pas là. Bien qu’Une éclaircie soit différent de ce dont j’avais l’habitude, je suis contente de l’avoir lu.
Une commande pour la collection Ma nuit au musée, écrite dans la maladie
Alina Gurdiel, sollicite Jean-Baptiste Del Amo pour écrire pour la collection Ma nuit au Musée (Stock). L’auteur pense tout de suite au peintre espagnol Francisco de Goya et à ses Peintures noires, exposées au musée du Prado. Mais il est malade, et n’imagine pas écrire sur autre chose.
Mon avis sur Une éclaircie
Jean-Baptiste Del Amo a bien fait de relever ce défi même si je n’ai retrouvé qu’un tout petit peu de ce qui fait la spécificité de cette collection.
Une nuit au musée reléguée aux dernières pages
J’aime particulièrement les pages où l’écrivain découvre le lieu où il passera la nuit, avec l’installation du lit de camp et les mises en garde parfois inquiètes des responsables des institutions. Ensuite, j’apprécie de suivre l’auteur dans sa visite des salles, jusqu’au moment où, s’étant approprié les lieux, il nous livre ses réflexions (Après Dieu de Richard Malka, par exemple, ou L’imparfait d’Éric Reinhardt).
Rien de tout ça dans Une éclaircie. Jean-Baptiste Del Amo suit en parallèle deux narrations : sa maladie et la vie de Francisco de Goya. Il faut attendre longtemps pour que l’auteur en vienne à sa nuit au Musée. J’ai dû me satisfaire d’un lien que j’ai trouvé ténu entre les deux histoires : la maladie. Et peut-être ai-je pensé qu’il était faible, parce que la mystérieuse maladie de Goya est racontée de l’extérieur, et celle de l’auteur de l’intérieur.
Il est aussi vrai (est-ce la maladie ?) que Jean-Baptiste Del Amo n’y croyait pas à cette expérience, au point d’être soulagé quand il apprend que le Prado a refusé qu’il y passe une nuit.
« En vérité, tu es soulagé et tu suggères à Alina une nuit imaginaire au Prado. Tu ne crois pas à l’expérience de la nuit in situ. Tu sais d’avance que rien ne s’y produira, nulle épitaphe, nulle évidence. Le risque avec ce type d’expérience est précisément d’en attendre quelque chose. Bien souvent, le fossé qui sépare ce que l’on en attend de ce qui s’y passe ne se comble qu’au prix d’une amère déception. »
Toujours est-il que la nuit qu’il passe finalement à l’ermitage de San Antonio de la Florida ne tient que dans quelques pages à la toute fin de l’ouvrage. Ce qui est déroutant quand on connaît d’autres livres de la collection.
Écrire la maladie, puis le clin d’œil de Goya
L’auteur a choisi un récit à la deuxième personne du singulier. Il précise que c’est pour mettre une distance qui lui permettra d’être plus objectif. Je n’aime pas particulièrement cette écriture, mais l’explication m’a conduite à l’accepter plus facilement.
Cette distance est compensée par une écriture sensible (je n’ai encore rien lu de lui au moment où je rédige cette chronique). Il nous les fait ressentir, sa maladie et ses conséquences :
« … les nuits dont tu émergeais, une chape de plomb s’abattant sur toi à l’instant où tu reprenais conscience — la tristesse incommensurable, comme si tout espoir, toute envie avait été anéanti, la certitude intime, physique, la prescience que quelque chose n’allait pas,…
Ma route de lectrice croisera-t-elle à nouveau celle de Jean-Baptiste Del Amo ? Je l’ignore, mais je suis heureuse d’avoir découvert son écriture.
Ensuite, je ne connaissais pas Francisco de Goya (1746 – 1828). Je ne peux pas vraiment dire que je suis devenue fan, parce que la peinture qui nous est présentée est souvent sanglante (Tres de Mayo) ou effrayante (Saturne dévorant un de ses fils, l’une des Peintures noires).
Et pourtant, et contre toute attente, c’est à l’ermitage de San Antonio de la Florida (coupole peinte par Goya) qu’arrive la première note légère, quand Jean-Baptiste Del Amo aperçoit un angelot facétieux :
« Ce soir-là, c’est un peu à toi seul que le clin d’œil est adressé, comme si Goya te faisait comprendre à travers les siècles qu’en dépit des motivations qui t’ont conduit ici, à la rencontre de son œuvre, rien n’est si grave que tu le penses, qu’il faut savoir se rire de tout, et que même les cieux les plus menaçants finissent par se dissiper. »
J’ai alors compris que le vrai lien entre le artiste espagnol et la maladie de l’auteur résidait dans l’œuvre elle-même et la représentation que s’en fait l’écrivain. D’abord, Goya lui renvoie la noirceur de ses peintures, puis un clin d’œil qui annonce une éclaircie.
La fin du livre est lumineuse, parfaitement servie par la plume de l’auteur. Il est prêt à profiter de l’éclaircie dans sa maladie et à se remettre à écrire.

Provenance : Service Presse numérique reçu des Éditions Stock via NetGalley
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D’autres livres de la même collection
Si vous avez envie de découvrir des livres plus représentatifs de cette collection, je vous recommande :
Quand tu écouteras cette chanson
Lola Lafon

Après Dieu
Richard Malka

Info-livre : Une éclaircie de Jean-Baptiste Del Amo

Broché
Éditeur : Stock
ISBN : 978-2-234-09651-6
Date de parution : 19/08/2026

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