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Bahari-Bora de Steve Aganze, un livre nécessaire sur les filles enlevées en RDC

L’essentiel sur Bahari-Bora de Steve Aganze
Quel est le genre de ce livre ?
Littérature africaine contemporaine / Fiction documentaire
Quels sont les thèmes principaux ?
- Enlèvement de jeunes filles en Afrique
- Résilience
- Enfants des rues en zone de conflit
Quel est le niveau de lecture ?
Exigeant : style travaillé, structure non linéaire
Quel est le nombre de pages ?
240
Pour qui est‑ce fait ?
- Pour les lecteurs qui veulent ouvrir les yeux sur des réalités ignorées
- Pour les lecteurs sensibles aux questions de violences faites aux femmes et aux droits de la personne
- Pour ceux qui s’intéressent à l’Afrique subsaharienne et à la littérature africaine contemporaine
À qui ne pas le recommander ?
- Aux lecteurs sensibles aux violences sexuelles explicites. Ne lisez pas ce livre si les violences sexuelles vous sont insupportables.
- À ceux qui ont besoin d’un ancrage narratif solide et d’explications contextuelles pour entrer dans un roman
- Aux lecteurs qui n’apprécient pas les récits dépouillés ou les styles proches du conte
A-t-il été primé ?
Prix littéraire de la vocation 2025
Bahari-Bora de Steve Aganze, est un premier roman nécessaire, pas un livre plaisant. En effet, il met en avant le sort effroyable des jeunes filles subsahariennes enlevées par des groupes armés. Ils en font des esclaves sexuelles, dans l’indifférence générale. Bahari-Bora est un roman de résistance, écrit par un homme, qui démontre que la compassion n’est pas réservée aux femmes.
Comment débute Bahari-Bora ?
Elle vient d’avoir ses premières règles. C’est le signal qu’attendaient les malades qui l’ont enlevée. Elle est violée par l’un d’eux. Est-ce qu’elle pleure ? Non, pas une larme, mais les grenades, qu’elle a dérobées sans que les rebelles s’en aperçoivent, vont servir.
Où et quand se passe Bahari-Bora ?
Nous ignorons tout d’abord tout de la narratrice, où elle se trouve, qui sont les malades qui se réjouissent qu’elles puissent enfin être violées. En revanche, viol, grenade, déflagration, fuite, le ton est donné.
Ce manque de contextualisation donne par moments un aspect conte au roman — mais les rares ancrages géographiques (la RDC) ou historiques (dates précises, Michelle Obama) empêchent cette lecture. On reste dans un entre-deux, ni fable universelle ni récit ancré.
Un livre nécessaire
Si vous hésitez à lire ce livre, vous devez savoir que Bahari-Bora est ce genre de livre, au-delà du talent de l’auteur, qui est nécessaire. En effet, il dénonce le sort fait aux jeunes filles en Afrique subsaharienne, et c’est violent.
C’est violent au point que ce livre mériterait un avertissement de contenu. En effet, des scènes sont insoutenables. Vous êtes dans la République démocratique du Congo entre 2013 et 2018, des jeunes filles sont enlevées sans que personne ne bouge.
Effroyables destins de jeunes filles
Bien sûr, j’avais connaissance des enlèvements de 276 jeunes filles par Boko Haram au Nigéria. Mais j’ignorais la situation de la République démocratique du Congo. Depuis 2007, des groupes armés attaquent les communautés, pillent, violent, kidnappent femmes et enfants pour en faire des esclaves sexuels. C’est dans ce contexte que Bahari-Bora est enlevée en 2013. Depuis, les choses n’ont cessé d’empirer.
Mon avis sur Bahari-Bora
Est-ce qu’il m’a plu ? La question n’est pas là.
Malgré la violence omniprésente, je suis contente de l’avoir lu. En effet, j’ai pris conscience d’une réalité dont j’ignorais tout ou presque. Mais le roman m’a aussi mise face, au pire, à l’indifférence que nous témoignons aux souffrances des autres, au mieux, à notre vaine agitation, signer d’inutiles pétitions, par exemple.
Ou de brandir des pancartes de loin, et même de près. À une question de Bahari-Bora qui s’enquiert des réactions après les enlèvements, un des personnages du livre résume cette agitation vaine :
« — Aux oubliettes, bien sûr ! Tu crois qu’on est dans quel pays ici, dis-moi ? Au début, les parents manifestaient leur colère dans la rue : ça commençait généralement vers 8 heures. Ils défilaient avec des pancartes et des slogans inspirés par Michelle Obama, du genre : “libérez nos filles !” et tout ça. Vers 10 heures, la logique voulait qu’ils rentrent s’occuper de ceux qui étaient là. »
L’empathie n’a pas de sexe
Steve Aganze n’a pas été enlevé ni violé. Pas plus que le personnage de Maman Jephté, à qui Bahari-Bora pose cette question :
« — Maman Jephté, j’ai été violée. Est-ce que je mérite encore de vivre ? »
Maman Jephté en fera un livre. Steve Aganze aussi. L’empathie n’a pas de sexe !
J’ai aimé que ce livre soit écrit par un jeune homme, que ce combat, s’il existe, ne soit pas que celui des femmes. Merci Steve Aganze
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Bahari-Bora
Bahari-Bora, ou Bel-Océan, fait preuve d’une grande résilience et de beaucoup d’amour.
Si, par miracle, les jeunes filles s’enfuient, personne ne veut les accueillir à cause de l’extrême dénuement de la région, mais aussi par peur de représailles. Malgré cela, après son évasion, elle ne cessera de chercher les gens qu’elle aime, même si, pour ça, elle doit abandonner la sécurité (mais elle ne le voit pas comme ça).
Au fil de sa quête, elle rencontrera un homme bon (au singulier), de sinistres personnages (au pluriel), des adolescents et des enfants qui se débrouillent comme ils peuvent.
Ces rencontres nous en disent beaucoup sur la vie en RDC. J’aurais néanmoins aimé en savoir plus sur les causes de ce désastre. Mais c’est une préférence personnelle. Les lecteurs qui apprécient les récits dépouillés (Madelaine avant l’aube) trouveront ici leur compte.
La plume de l’auteur
Le style de Steve Aganze est un peu distant, poétique aussi. Qui dit poétique dit parfois manque de précision. Ce qui laisse notre imagination s’emballer dans des scènes terrifiantes ou douloureuses.
Citation :
« Elle se demandait si le pigeon avait conscience du pacte sinistre imposé par les réalités de son pays : pleurez l’avenir de vos enfants et enterez vos mères. Face à une telle violence, aurait-il pleuré ? »
Mon avis en résumé
Si Bahari-Bora est un livre nécessaire, il faut aussi rendre hommage au talent de l’auteur qui a témoigné d’une réalité que nous ne pouvons pas ignorer.
Quand un livre est tiré d’une telle violence réelle, il est impossible d’utiliser un barème de note. Comment noter une intrigue quand on sait que de nombreuses Bahari-Bora ont vécu des choses similaires ?
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Info-livre : Bahari-Bora de Steve Aganze

Éditeur : Éditions Récamier
ISBN : 978-2-38577-197-3
Date de parution : 21/08/2025

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