🎁 Offert : mon carnet de lecture 10 livres coups de poing - J'en profite
John, fils de John : Douglas Stuart radiographie une société sans perspective

L’essentiel sur John, fils de John de Douglas Stuart
Quel est le genre de ce livre ?
Littérature écossaise contemporaine/Roman social
Quels sont les thèmes principaux ?
- Pauvreté
- Homosexualité
- Pression communautaire
- Hébrides
- Religion
Quel est le niveau de lecture ?
Moyen : l’écriture est fluide, mais le roman est sombre
Quel est le nombre de pages ?
448
Pour qui est‑ce fait ?
- Pour vous si vous avez aimé Shuggie Bain et veulez retrouver l’univers de Douglas Stuart dans un cadre différent.
- Pour vous si vous êtes sensibles aux romans qui interrogent la fragilité des acquis sociaux
- Pour vous si vous acceptez une lecture exigeante et sombre
À qui ne pas le recommander ?
- Aux lecteurs qui cherchent un roman feel-good ou une lecture de divertissement
- Aux lecteurs peu familiers des contextes religieux protestants
- Aux lecteurs qui attendent des personnages féminins développés
John, fils de John, est un roman remarquable. Douglas Stuart y restitue le système, pauvreté, religion calviniste et pression communautaire. Ce triptyque résonne au-delà des Hébrides. Il avertit que nos acquis sociaux, droits des femmes, visibilité des homosexuels, sont fragiles et qu’ils pourraient être remis en cause sous pression économique. Après plus de 400 pages sur ces thèmes sombres, la fin ouverte laisse enfin respirer le lecteur.
Exemplaire reçu via le Club Lecture du magazine Lire
Sommaire
Comment débute John, fils de John
Cal n’a pas trouvé de travail après ses études en Écosse. Il y vit misérablement, dormant chez les uns et les autres et passant ses journées dans la rue. Sa vie est rythmée par les prières conduites par son père au téléphone, toujours dans la même cabine.
Quand il apprend que sa grand-mère est en mauvaise santé, il décide de rentrer chez lui, mais il traîne la patte, redoutant de revoir son père alors que celui-ci l’attend avec impatience.
Ce que j’en ai pensé
La première chose qui m’a frappée est la précision de l’écriture. En quelques pages, j’ai compris à quels personnages complexes j’avais affaire, et que j’entrais dans un univers totalement inconnu, mais déjà intelligible.
J’ai ensuite traité John d’hypocrite. En effet, ce diacre de l’église presbytérienne bat son fils, n’adresse pas la parole à sa belle-mère et les terrorise tous les deux. Mais c’était lire avec la mauvaise clé. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, le comportement de John n’est en rien excusable ; je veux simplement dire qu’il n’est pas hypocrite, mais le résultat d’un contexte économique et social.
Le contexte du roman, les Hébrides dans les années 1980
Les Hébrides sont un archipel qui se trouve au large de l’Écosse. Dans les années 1980, les habitants devaient avoir plusieurs métiers pour survivre et Douglas Stuart le raconte parfaitement : John est éleveur de moutons, mais aussi tisserand. Malgré de longues et pénibles journées de travail, il ne parvient pas à sortir de la pauvreté.
Les îles du Nord, Lewis et Harris, où se passe le roman, sont dominés par les Églises Calvinistes. Les habitants observent strictement , comme dans le livre, le sabbat du dimanche. Ces jours-là, les commerces ferment, il n’y a pas de transport public, personne ne travaille, mais ce n’est pas pour autant que les loisirs sont autorisés. Cette observance a encore cours aujourd’hui, même si, sous la pression du tourisme, elle s’est légèrement relâchée.
Enfin, selon Calvin, Dieu a prédestiné certains à être sauvés (les élus) et d’autres à la damnation, indépendamment de leurs mérites. John, par sa déclaration de foi, a affirmé être sauvé. Ce qui à la fois éclaire le personnage tout en laissant un certain nombre de questions.
Le roman parle de la pression de la communauté sur les individus et sur la difficulté des homosexuels qui sont perçus comme des abominations. Douglas Stuart présente trois hommes, homosexuels, qui se débrouillent comme ils peuvent, entre soumission imparfaite et tentative de révolte.
Mais en creux, on peut aussi en faire une lecture féministe : les femmes ne sont conviées aux décisions communautaires, par exemple. Et nous parlons de la fin du XXe siècle, pas du siècle précédent.
Ce roman et son triptyque, pauvreté, religion ; homosexualité, n’a rien de distrayant. Il nous rappelle que tout ça n’est pas si loin, que sous la pression économique, les femmes pourraient bien retourner dans la cuisine, sans avoir leur mot à dire. Le coming-out des homosexuels ne serait plus une option.
C’est plutôt un livre qui force à réfléchir aux acquis de notre société, peut-être pas si acquis que ça. La fin ouverte porte néanmoins une note d’espoir, bienvenue après ces 400 pages sombres.
Où acheter John, fils de John de Douglas Stuart ?
Note : Les liens d’achat vers ce livre sont des liens affiliés. Si vous passez par eux pour effectuer un achat, je reçois une petite commission sans surcoût pour vous. Votre soutien aide à maintenir ce blog. Merci.
Les figures du roman
John
Homosexuel, il est pourtant diacre et il est convaincu d’être sauvé, il en a aussi convaincu les autres. Dans sa vie d’éleveur de moutons et de tisserand, sans aucune perspective, on comprend qu’il ait envie d’une éternité de bonheur au paradis. Si sa foi me semble bien réelle, je ne suis pas certaine de la raison pour laquelle il est devenu diacre : un écran de fumée pour cacher son homosexualité ?
Quoi qu’il en soit, c’est une question de survie d’être intégré à la communauté, seul soutien existant dans l’île. Alors non, il n’est pas hypocrite, même si c’est bien commode d’être sauvé sans avoir besoin de le mériter. Flanquer une raclée à son fils ou terroriser sa belle-mère n’aura aucune incidence.
Innes
Le voisin de John est le plus attachant des personnages. Il est sincèrement partagé entre son homosexualité et sa foi.
Cal
Son nom est John-Callum, mais tout le monde l’appelle Cal. Partagé entre le lieu où il a grandi et l’envie de fuir, ce n’est qu’à la fin du livre qu’il cessera d’être une tête à claques pour montrer de l’empathie.
Isla
J’aurais aimé que ce personnage féminin soit davantage travaillé. Mais les femmes, dans ce contexte historique, ne sont pas l’objet du livre. Je suis donc restée sur ma faim, ne sachant pas vraiment si elle avait fait un choix personnel, ou s’était soumise, imparfaitement, à la communauté.
La plume de Douglas Stuart
C’est une plume directe et qui ne s’embarrasse pas de fioritures. Au point que la première phrase, qui rentre dans le vif du sujet, m’a bloquée quelques minutes.
Incipit :
« Elle avait les pieds violet foie de veau. »
Et à propos des femmes :
Citation :
« Cal savait que même ces bonnes petites chrétiennes avaient du nez pour repérer l’échec. Si tout ce qu’on leur accordait, c’était la possibilité d’épouser un homme et d’élever ses enfants, alors elles le choisiraient avec soin. »
Mes notes
John, fils de John, est un livre remarquable, malgré le contexte évoqué.
| Univers narratif | 5.0/5 |
| Personnages | 4.0/5 |
| Intrigue | 4.0/5 |
| Écriture | 5.0/5 |
| Moyenne | 4.5/5 |
À vous de jouer : Partagez votre avis !
Pensez-vous que les pressions économiques et religieuses décrites dans ce roman puissent revenir ? Dites-le-moi en commentaires.
Voir le comparatif de mes partenaires
D’autres livres sur l’Écosse
Souviens-toi de Sarah
Page Comman

Info-livre : John, fils de John de Douglas Stuart

Éditeur : Globe
Traducteur : Charles Bonnot
ISBN : 978-2-207-18794-4
Date de parution : 26/08/2026

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littéraire
Je donne mon avis, bien sûr, mais surtout des repères pour vous aider à savoir si un livre est fait pour vous.
Un mot, une image, un lien… rejoignez-moi là où on parle lecture :
Envie d’encore plus de lecture ? Rejoignez les 700+ abonnés de la newsletter gratuite Dequoilire et recevez votre carnet de lecture : 10 livres coup de poing.

