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La poupée d’Yrsa Sigurdardottir : un polar islandais à la structure déséquilibrée

L’essentiel sur La poupée d’Yrsa Sigurdardottir
Quel est le genre de ce livre ?
Polar islandais/Roman policier de série (cinquième tome série Huldar Freyjar)
Quels sont les thèmes principaux ?
- pédophilie en foyer d’accueil
- sans-abrisme
- addictions
- enfance sacrifiée
Quel est le niveau de lecture ?
Assez facile : écriture fluide et enquête chronologique, mais fin très dense
Quel est le nombre de pages ?
514
Pour qui est‑ce fait ?
- Pour les lecteurs déjà familiers de la série Huldar et Freyja
- Pour les amateurs d’intrigues policières denses et méthodiques, prêts à accepter une résolution tardive et concentrée plutôt que des révélations progressives.
À qui ne pas le recommander ?
- Aux lecteurs qui découvrent la série pour la première fois et souhaitent une intrigue autonome, sans zones d’ombre sur les relations entre personnages.
- À ceux qui recherchent l’atmosphère glaçante caractéristique du polar nordique,
La Poupée peut-il se lire indépendamment des quatre premiers tomes de la série Freyja et Huldar
Je vous conseille de commencer par le premier tome (ADN) parce que j’ai eu du mal à comprendre les relations entre les enquêteurs.
Après un début addictif, La poupée d’Yrsa Sigurdardottir laisse place à une enquête longue et réaliste où des évènements ne cessent de se produire. Mais il faut attendre la fin, très dense pour que tous les liens se fassent. Même si je ne me suis pas ennuyée, j’ai trouvé les trois parties de ce livre totalement déséquilibrées.
Une poupée sinistre remontée des flots
Dísa a accepté l’invitation de Frikki à une sortie en mer, surtout pour sa fille, ravie de l’excursion. Dans les filets du bateau, ils remontent une poupée. Son séjour dans l’eau en a fait un objet horrible, mais Rósa veut la garder. La nuit, Dísa est réveillée par un bruit qu’elle ne parvient pas à identifier.
Cinq ans plus tard, un jeune couple campe en Islande. Dans la tente, Abby est glacée. Elle entend un bruit dans les buissons, sans doute Lenny, son compagnon. Mais quand la tente s’ouvre, ce n’est pas sur Lenny.
Un début addictif, une intrigue qui s’égare
Après ces deux chapitres prenants, je n’avais qu’une envie : lire la suite, et ce, d’autant plus que j’en savais davantage que les enquêteurs. J’ai donc vite compris à qui appartenaient les ossements trouvés dans la mer. Alors, quand le drone qui les a repérés tombe en panne, que les enquêteurs doivent attendre les résultats de la police scientifique sur les os recueillis, qu’Huldar commence à tourner en rond, j’ai poussé un soupir.
Je ne suis pas la seule, et Huldar n’a pas la moindre envie de patienter en faisant des tâches administratives en retard. Il obtient donc d’être intégré dans une autre enquête. Un employé des services sociaux de Reykjavik est accusé d’abus sexuel sur mineurs. Et c’est Freyja, psychologue, qui est chargée d’assister aux interrogatoires. Une histoire qui nous emmène loin des deux premiers chapitres, jusqu’au moment où Rósa entre en scène.
Il se passe une foule de choses dans ce livre et je ne me suis donc pas ennuyée, mais je ne suis pas parvenue à relier grand-chose ; en étudiant les dossiers des mineurs à interroger, Freyja repère l’histoire de Rósa, mais on ignore ce qui l’a alertée. Huldar est ravie de travailler avec Freyja. Les enquêteurs n’arrivent pas à joindre Rósa. Ils se mettent donc à la chercher, etc., etc.
À la fin du livre, Huldar explique tout à Freyja. Et j’ai trouvé ça un peu frustrant, que soit divulguée cette histoire embrouillée au possible, dans un dialogue, sans qu’il n’y ait plus de liens faits dans le courant de du récit. Et les révélations d’Huldar ne sont même pas le dernier chapitre. Il y a encore un chapitre avec d’autres confidences que j’ai encore moins vu venir.
La poupée est néanmoins un livre plaisant avec une intrigue remarquable, à la logique implacable, mais quel dommage cette structure en trois parties déséquilibrées : un début addictif, la majeure partie avec des indices qui ne collent avec rien, et une fin très dense.
Il est vrai que c’est dans la partie la plus longue que Yrsa Sigurdardottir aborde les principaux thèmes du livre : pédophilie en foyer d’accueil, sans-abrisme, addictions, enfance sacrifiée. Mais ils sont abordés de façon superficielle, ils constituent surtout des explications, plus qu’un univers narratif puissant. Par exemple, des adolescents dérapent parce qu’ils n’ont pas eu de chance dans la vie et les sans-abris en sont arrivés là à cause de l’alcool. Mais comment Binni en est-il arrivé à boire, quelle est son histoire ? Aucun indice.
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Reykjavik aujourd’hui, sans l’ambiance glaçante attendue
Le récit se déroule à Reykjavik (Islande) de nos jours. Il y a quelques descriptions du paysage sans arbres dans le deuxième chapitre, mais aucune de la ville. Elles sont remplacées par des noms de rue qui ne diront pas grand-chose aux lecteurs francophones, à moins qu’ils ne connaissent parfaitement Reykjavik.
L’atmosphère est sombre, mais je n’ai pas retrouvé cette ambiance glaçante si particulière que savent créer certains auteurs nordiques.
Les figures du roman
Tristan et Rósa sont des personnages attachants, mais ils font surtout de la figuration. Quant aux trois enquêteurs, il m’a sûrement manqué les histoires précédentes pour tout comprendre.
Huldar
Il déteste remplir des papiers (mais qui aime ?), naviguer parce qu’il a le mal de mer, et se trouver en face de cadavres. Il a eu une aventure avec Freyja et Erla. Clairement, il m’a manqué des informations pour comprendre leurs surprenantes relations.
Freyja
Elle a décidé d’une abstinence sexuelle pendant 30 jours (Ah ?). Pendant la durée de l’enquête, elle a la garde de sa nièce, Saga. Et j’oubliais, elle a un python chez elle (re Ah ?). Elle semble éviter Huldar, mais j’ignore comment leur aventure s’est déroulée. De quoi être un peu perdue.
Erla
Elle a un caractère de cochon, passe du sourire à une violente colère. Comme elle est la supérieure d’Huldar, j’aurais aimé savoir si leur aventure a impacté leur relation. En tout cas, elle déteste Freyja.
Une écriture fluide, une tension qui s’essouffle
Elle est fluide et agréable à lire, parfaitement adaptée à un roman policier où le style n’est pas ce qu’on recherche en premier.
Incipit :
« Le vent tourna. Les effluves de pétrole du bruyant moteur envahirent le pont du petit chalutier. Incommodée par l’odeur, Dísa remonta le col de son pull et s’en couvrit les narines. »
Elle est aussi très efficace pour créer une tension.
Citation :
« Il se pencha pour s’introduire à l’intérieur.
Ce fut à cet instant précis que Abby comprit.
Ce n’était pas Lenny.
C’était quelqu’un de tout à fait différent. »
Malheureusement, cette tension n’est présente que dans les deux premiers chapitres. L’enquête devient ensuite très réaliste.
Mes notes
| Univers narratif | 3.0/5 |
| Personnages | 3.0/5 |
| Intrigue | 4.0/5 |
| Écriture | 4.0/5 |
| Moyenne | 3.5/5 |
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Info-livre : La poupée d’Yrsa Sigurdardottir

Éditeur : Babel
ISBN : 978-2-330-21583-5
Date de parution : 07/01/2026

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