Une unique lueur de Fred Vargas : un Adamsberg classique, porté par Nerval et Bacall

En arrière-plan, un portrait de Gérard de Nerval et au premier plan, la couverture du livre de Fred Vargas, Une unique lueur
4,1/5 note globale
Univers 5,0/5
Personnages 3,5/5
Intrigue 3,5/5
Écriture 4,5/5

L’essentiel sur Une unique lueur de Fred Vargas

Quel est le genre de ce livre ?

Polar littéraire et culturel / Polar de série

Quels sont les thèmes principaux ?
  • Enquête policière
  • Poème de Gérard de Nerval, El Desdichado
  • Lauren Bacall et Humphrey Bogart
Quel est le niveau de lecture ?

Assez facile : narration linéaire

Quel est le nombre de pages ?

522

Pour qui est‑ce fait ?
  • Les lecteurs fidèles de la série qui avaient été déçus par Sur la dalle
  • Les amateurs de polars qui aiment que l’intrigue policière s’entrelace avec des références culturelles
  • Les lecteurs qui apprécient une écriture lente et digressive, épousant au plus près le cheminement mental du personnage principal, plus que l’action pure.
À qui ne pas le recommander ?
  • Aux lecteurs qui découvrent Vargas et cherchent d’abord l’atmosphère fantastique caractéristique de ses précédents romans
  • Aux amateurs de polars à suspense tendu, avec une résolution rigoureuse
  • Aux lecteurs sensibles aux personnages secondaires bien dessinés

Une unique lueur de Fred Vargas, la onzième enquête du commissaire Adamsberg, abandonne les ouvertures fantastiques habituelles de l’autrice pour une énigme beaucoup plus classique. Et ce sont deux ressorts liés au meurtrier, un poème de Nerval et le couple Bacall/Bogart qui m’ont tenue en haleine.

Sommaire

Un meurtre en pied-de-poule, au sortir d’un dîner

En rentrant chez lui après un dîner chez Veyrenc et sa nouvelle compagne, Jean-Baptiste Adamsberg, tombe sur un attroupement, une très belle jeune femme est allongée sur le dos, morte. Elle porte une veste en lainage pied-de-poule, une jupe noire et un rouge à lèvres très rouge. Adamsberg comprend vite qu’elle a été assassinée. Arrivée du médecin légiste et de l’équipe technique, l’enquête commence.

Nerval et Hollywood au secours d’une intrigue trop sage

Comme vous pouvez le constater, l’enquête commence de façon on ne peut plus classique. Cette fois-ci, Vargas n’ancre pas son intrigue dans un début qui semble fantastique, pas d’arbre qui apparaît dans la nuit (Debout les morts), pas d’araignée tueuse (Quand sort la recluse), pas de découvertes de chaussures avec des pieds dedans (Un lieu incertain). Et s’il était question de fantômes dans son précédent roman, Sur la dalle, il est loin d’être une réussite. Bien sûr, j’ai regretté cette atmosphère très particulière, propre à l’autrice, mais il est remplacé par d’autres éléments qui m’ont plu.

D’abord, l’enquête nous entraîne sur les traces de Gérard de Nerval et de son célèbre poème, El Desdichado, qui commence par :

Je suis le Ténébreux, — le Veuf, — l’Inconsolé,
Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule étoile est morte, — et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

En effet, le meurtrier semble suivre le poème. Ensuite, nous voilà partis à Los Angeles, sur les traces du couple mythique, Lauren Bacall et Humphrey Bogart. J’ai vraiment aimé l’exploitation de ces deux éléments. À défaut d’une intrigue captivante, ils tiennent en haleine.

Enfin, Fred Vargas laisse beaucoup de places aux raisonnements du commissaire Adamsberg au fil de l’enquête, ce qui est très plaisant. Mais la résolution du mystère repose sur sa mémoire, ce que j’ai trouvé tout de même un peu facile ; comme si l’autrice en avait assez de cette énigme interminable et qu’il fallait découvrir quelque chose pour la conclure.

Mais comme je ne me suis jamais ennuyée, que le roman m’a captivée, je dirais que c’est un excellent divertissement.

Où acheter Une unique lueur de Fred Vargas ?

Note : Les liens d’achat vers ce livre sont des liens affiliés. Si vous passez par eux pour effectuer un achat, je reçois une petite commission sans surcoût pour vous. Votre soutien aide à maintenir ce blog. Merci.

Acheter d’occasion
Recyclivre
Gd Format
Eyrolles
Numérique
Eyrolles

Voir le comparatif de mes partenaires

Des personnages secondaires poussés jusqu’à la caricature

De même que les raisonnements du commissaire sont plus poussés que dans les autres romans, les caractères des autres personnages le sont également, au point d’en devenir caricaturaux. Cette fois-ci, j’ai moins aimé parce que l’équipe du commissaire Adamsberg commence à ressembler à une joyeuse troupe de bras cassés ou tout au moins d’originaux. Danglard, qui sait tout sur tout, Voisenet, qui chérit tellement les poissons qu’il passe à la poissonnerie tous les matins et en rapporte l’odeur et Mercadet, qui dort tout le temps, ne m’ont pas convaincue.

Seul, Sébastien de Charlus, renoue un peu avec les anciens romans, à la fois par son étrangeté et sa croyance en une légende fantastique. Il est l’un des rares personnages extérieurs à l’équipe d’Adamsberg. Ayant éliminé les personnages connus, j’avais peu de choix de suspects, d’ailleurs. Et c’est ce qui rend l’intrigue assez peu captivante.

Une écriture aussi sinueuse que les pensées d’Adamsberg

Comme les pensées du capitaine Adamsberg, l’écriture entreprend de nombreux méandres.

Incipit :

« Non, ce n’était pas un moustique tigre. De cela, il était certain.
À défaut de pouvoir enregistrer les règles extravagantes de la langue française, le commissaire Adamsberg savait pouvoir compter sur sa mémoire sensorielle et, en ce qui concernait cette bestiole, sur ses souvenirs visuels et auditifs. »

Elle ralentit donc parfois la lecture :

Citation :

« Adamsberg avait passé la journée à tourner autour de la table de la cuisine, à interrompre maintes fois ses cercles pour allonger la liste de mots amorcée la veille au soir, à sortir et marcher, rentrer et tourner encore, ses mains passant et repassant dans ses cheveux. »

À vous de jouer : Partagez votre avis !

Avez-vous, vous aussi, été déçu·e par Sur la dalle — et ce retour au classicisme dans Une unique lueur vous donne-t-il envie de renouer avec Adamsberg ? Dites-le en commentaires.

Acheter d’occasion
Recyclivre
Gd Format
Eyrolles
Numérique
Eyrolles

Voir le comparatif de mes partenaires

D’autres romans policiers pour se distraire et de facture assez classique

Une si lente agonie
Elizabeth George

Un mineur en arrière-plan et la couverture du livre d'Elizabeth George, Une si lente agonie au premier plan.
Thriller psychologique

La valse des tulipes
Ibon Martin

En arrière-plan, une locomotive et au premier plan, la couverture du livre d'La valse des tulipes — Ibon Martin, La valse des tulipes
Une valeur sûre

Info-livre : Une unique lueur de Fred Vargas

Couverture du livre de Fred Vargasn Une unique lueur

Éditeur : Flammarion
ISBN : 978-2-08-016071-3
Date de parution : 08/04/2026

Photo de Catherine Perrin

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littéraire

Je donne mon avis, bien sûr, mais surtout des repères pour vous aider à savoir si un livre est fait pour vous.
Un mot, une image, un lien… rejoignez-moi là où on parle lecture :

Envie d’encore plus de lecture ? Rejoignez les 700+ abonnés de la newsletter gratuite Dequoilire et recevez votre carnet de lecture : 10 livres coup de poing (disponible en PDF et en version Notion à intégrer dans votre espace).

Vos données ne seront jamais partagées

En savoir plus sur l’utilisation des données

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *