Le Restaurant des recettes oubliées de Hisashi Kashiwai : une healing fiction qui ne m’a pas convaincue

En arrière-plan, un bol japonais et des baguettes. Au premier plan, la couverture du livre de Hisashi Kashiwai, Le restaurant des recettes oubliées

L’essentiel sur Le Restaurant des recettes oubliées de Hisashi Kashiwai

Quel est le genre de ce livre ?

Healing fiction / cozy japonais culinaire

Quels sont les thèmes principaux ?
  • Nouveaux départs
  • Cuisine japonaise
  • Deuils
Quel est le niveau de lecture ?

Assez facile : phrases simples, mais vocabulaire culinaire japonais

Quel est le nombre de pages ?

281

Pour qui est‑ce fait ?
  • Pour les lecteurs en quête d’une parenthèse légère entre deux lectures denses
  • Pour les amateurs de littérature japonaise réconfortante qui découvrent le genre
  • Pour les curieux de cuisine japonaise qui apprécient les longues descriptions culinaires
À qui ne pas le recommander ?
  • Aux lecteurs qui recherchent une évolution psychologique des personnages d’un chapitre à l’autre
  • À ceux qui ont déjà lu plusieurs healing fictions japonaises et risquent de ressentir la structure comme un procédé
  • Aux lecteurs peu familiers de la cuisine japonaise qui espèrent que les descriptions de plats leur parlent sans effort

Le Restaurant des recettes oubliées de Hisashi Kashiwai promet une lecture réconfortante, mais sa mécanique répétitive étouffe les histoires racontées. Bien que ce roman coche tous les codes de la « healing fiction » (lieu refuge, rituel, douceur et même chat), je n’ai pas ressenti l’intensité que j’aime trouver dans ces livres.

Le point de départ de l’histoire

À Kyoto, Hideji Kuboyama a du mal à trouver le restaurant qu’il cherche. Et pour cause, pas d’enseigne, et le commerce semble fermé. Il y est pourtant accueilli chaleureusement par Nagare et sa fille Koishi qui lui servent un délicieux repas. Mais Hideji est venu pour une raison bien précise : il veut retrouver le goût du nabeyaki udon que lui préparait sa défunte épouse. Koishi est chargée de lui poser les questions dont les réponses permettront à Nagare d’enquêter. Rendez-vous est pris dans deux semaines.

Une mécanique qui finit par étouffer les histoires

J’étais évidemment curieuse de savoir ce qui allait se passer deux semaines plus tard. Eh bien, Nagare, un fin limier, a réussi à reproduire le plat. Mais, est-ce la nostalgie qui pousse Hideji à vouloir goûter de nouveau à ce nabeyaki udon ? La raison est plus complexe, nous sommes dans une histoire de nouveau départ.

Toutes les histoires, 6 au total, sont construites selon la même structure en deux chapitres. Dans le premier, un personnage découvre (avec peine) le restaurant, déguste un délicieux repas, parle du plat qu’il recherche et pourquoi. Enfin, il prend rendez-vous pour l’étape suivante. Dans le deuxième chapitre, Nagare lui sert la spécialité souhaitée et toute l’histoire du personnage est révélée. Il n’a plus qu’à quitter le restaurant, riche d’une nouvelle compréhension, après avoir croisé le chat Roupillon.

J’ai aimé les histoires. Mais la même scène qui se reproduit 6 fois (plat servi, révélation, sortie) avec des personnages différents m’a paru les étouffer. La structure prend une place équivalente dans les 6 récits, du premier au dernier, et ça devient répétitif. Et ce n’est pas la seule chose qui revient à chaque récit.

En plus de la structure commune à toutes les histoires, Nagare détaille tous les plats de façon détaillée. Comme je connais peu la cuisine japonaise, les repas ne m’évoquaient rien. Les longs discours de Nagare sur ses préparations, que je ne saurais pas reproduire, ont aussi fini par me lasser.

Et ce n’est pas tout, le chat Roupillon entre, sort, reçoit une caresse ou pas, mais n’a aucune influence sur quoi que ce soit, bien qu’il soit aussi présent à toutes les histoires.

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Kyoto, un décor esquissé plus que vécu

Le récit se déroule de nos jours à Kyoto et lors de saisons différentes. Mais les descriptions sont succinctes : temples et cerisiers en fleurs.

C’est la loi du genre, mais les descriptions envoutantes ne sont pas remplacées par l’intensité de moments vécus par des personnages dans lesquels on se reconnaît (même si on est bourguignonne ou auvergnate).

Des personnages qui ne bougent jamais

Il est difficile de se reconnaître dans des personnages qui manquent d’épaisseur. Au bout de la troisième histoire, j’aurais aimé voir une évolution chez Nagare et Koishi. Leurs réactions sont exactement les mêmes dans les six histoires. Koishi se désespère du peu d’informations qu’elle obtient, Nagare annonce qu’il part enquêter sans rien révéler.

Nagare

Ancien policier, il a pris sa retraite et ouvert ce restaurant. Il a perdu sa femme il y a cinq ans et lui est toujours très attaché.

Koishi

La fille de Nagare a une trentaine d’années. Elle est célibataire. Son rôle se borne à questionner les clients sur le plat qu’il recherche et elle ne prend jamais d’épaisseur. Même la relation avec le chat est succincte. Koishi et le chat auraient pu être mieux exploités.

La plume de l’auteur

Les phrases sont simples. Le vocabulaire est courant, à l’exception des noms de plats japonais qui nécessitent un lexique. Il se lit d’une traite.

Incipit :

« À Kyoto, Hideji Kuboyama, dos au temple bouddhique Higashi Hongan-jo, releva machinalement le col de son trench-coat. Les feuilles mortes tourbillonnaient dans le vent froid. »

Citation :

« — Reste dehors ! s’écria Koishi en barrant la route à un chat tigré, la patte sur le seuil.
— Le pauvre, il est trempé par la pluie. Comment s’appelle-t-il ? demanda Asuka, accroupie.
— Roupillon, parce qu’il dort tout le temps ! répondit Koishi. »

Avis et notes

J’ai lu Le Restaurant des recettes oubliées en une soirée. Mais, même si c’est le genre de livre parfait entre deux livres sérieux ou sombres, je ne pense pas aller plus loin dans la série parce que je préfère des intrigues et des personnages plus complexes.

Univers narratif3.0/5
Personnages3.5/5
Intrigue3.0/5
Écriture3.5/5
Moyenne3.3/5
Consultez ma grille de notation détaillée pour mieux comprendre mes choix

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Vous arrive-t-il de préférer les livres réconfortants aux intrigues complexes, ou est-ce l’inverse qui vous attire en ce moment ? Dites-le-moi en commentaires.

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Pour une healing fiction plus dense : deux autres pistes

Pour découvrir une littérature japonaise réconfortante plus complexe, je vous recommande deux livres d’autrices que j’aime tout particulièrement.

La papeterie Tsubaki
Ito OGAWA

En arrière-plan, un temple japonais, au premier plan, la couverture du livre d'Ito Ogawa, La papeterie Tsubaki
Méditation sur les petites joies du quotidien

Au prochain arrêt
Hiro Arikawa

Un train en arrière-plan et au premier plan, la couverture d'Hiro Arikawa, Au prochain arrêt
Hasards, rencontres fortuites…

Info-livre : Le Restaurant des recettes oubliées de Hisashi Kashiwai

Couverture du livre de  Hisashi Kashiwai, Le restaurant des recettes oubliées

Éditeur : J’ai lu
ISBN : 978-2-290-39341-3
Date de parution : 03/04/2024

Photo de Catherine Perrin

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littéraire

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