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Choses que je croyais perdues de Clémentine Mélois : quand les objets racontent une rupture

4,5/5
note globale
Univers
5,0/5
Personnages
4,0/5
Intrigue
4,0/5
Écriture
5,0/5
L’essentiel sur Choses que je croyais perdues de Clémentine Mélois
Quel est le genre de ce livre ?
Récit intime par les objets
Quels sont les thèmes principaux ?
- Rupture amoureuse
- Objets et souvenirs
Quel est le niveau de lecture ?
Assez facile : écriture fluide, mais dispositif narratif singulier
Quel est le nombre de pages ?
176
Pour qui est‑ce fait ?
- Pour les lecteurs qui cherchent un texte qui met des mots sur une rupture ou un déménagement sans misérabilisme.
- Pour les amateurs de romans courts et denses
- Pour ceux qui aiment les récits construits autour d’objets du quotidien et de la mémoire sensorielle, plutôt que sur l’intrigue pure.
À qui ne pas le recommander ?
- Aux lecteurs qui cherchent une intrigue forte avec du suspense ou des rebondissements
- À ceux qui veulent des personnages fouillés psychologiquement
- Aux lecteurs allergiques à l’autodérision ou à l’humour en creux sur des sujets tristes
Choses que je croyais perdues raconte une rupture à travers objets et souvenirs, avec des personnages qui s’effacent pour permettre au lecteur de se projeter. Grâce à son écriture, Clémentine Mélois maintient l’équilibre entre gravité et légèreté. Un de mes livres préférés du moment (2026).
Sommaire
Un verre à moutarde cassé, et tout commence
La narratrice avoue qu’elle a cassé un verre. Un verre à moutarde Musclor, qu’il acheté deux euros à un vide-grenier. Et cela l’avait attendrie, la jeune femme, ce souvenir d’enfance. Mais c’était à un moment où tout allait entre eux, du moins le croit-elle. Elle n’en paraît pas si sûre que ça.
Des objets qui racontent bien plus qu’une rupture
Le roman de cette rentrée littéraire 2026 commence par ce très court chapitre, quelques lignes seulement, et pourtant, le ton est donné. Émilie nous raconte sa rupture amoureuse, et un peu sa vie à travers les objets. Et cela rend l’histoire très concrète, le verre est un verre à moutarde avec le personnage de Musclor et son tigre vert. Je l’ai vu, ce verre, parce que, dans ma vie aussi, il y a eu des verres à moutarde décorés de figures, ou d’autres verres qui n’existent plus que dans ma mémoire.
Et aussi des cartons, bien refermés avec un gros dévideur, des verres avec des chiffres dans le fond (j’en ai toujours, mes petits-enfants adorent) et des petites choses sans valeur marchande qui trônent sur ma bibliothèque. Grâce à ses propres objets-souvenirs, Clémentine Mélois va bien au-delà d’une histoire de rupture, elle parle de moi.
Et lorsque c’est trop dur, ce déménagement qui redécouvre les objets et fait remonter les souvenirs, Émilie s’adresse à Sandra, la meilleure amie qui lui remet les pieds sur terre avec des conseils pleins de bon sens.
« Selon ce qu’elle nomme son principe de relativité générale, si l’on envie quelqu’un, il faut se demander si l’on serait d’accord pour reprendre tous les éléments de sa vie, sans exception »
D’abord, Émilie s’imagine en duchesse anglaise, dans un château, vivant façon Downtown Abbey. Oui, mais il lui faudrait inaugurer des stades ou manger du gigot à la menthe. Une fois qu’elle s’est exercée sur le rôle de l’aristocrate, elle pense à autre chose, de plus personnelle, qui la rassérène.
Les conseils de Sandra donnent une très légère couleur développement personnel au livre, mais sans injonction à aller mieux. D’ailleurs, une des suggestions de Sandra est tellement nulle, vue et revue, qu’il ne fonctionne pas avec Émilie ni avec personne, sinon ça se saurait.
J’ai retrouvé certaines scènes qui évoquent les feel-good : celles de la préparation d’Émilie avant le premier déjeuner chez les parents de son amoureux, ainsi que celle du repas. Ce n’en est pas un, c’est un mélange de sérieux (le chagrin) et d’autodérision (Émilie dans un magasin de vêtements).

Provenance : Cet exemplaire provient de ma bibliothèque personnelle
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Un roman sans lieu, fait d’objets et de souvenirs
Souvent, l’univers narratif est un lieu et une époque, mais pas ici. Ici, il est fait d’objets et de souvenirs, un endroit où tout le monde s’est trouvé à un moment ou à un autre.
Émilie, Tristan et Sandra, esquissés plutôt que dessinés
Dans ce roman de rupture amoureuse, les personnages sont moins importants que la façon de raconter l’histoire. Ils disparaissent derrière des anecdotes, des souvenirs qui parleront à beaucoup. Par conséquent, j’ai pu me projeter dans leurs histoires et c’est ce que j’ai aimé dans le livre.
Émilie
Émilie a une trentaine d’années, elle a été serveuse dans des bars quand elle était jeune. Quand elle rencontre Tristan, elle est professeure de gravure dans un atelier municipale. Son principal trait de caractère est le manque de confiance en elle.
Tristan
Il est grand, beau, a quelque chose de Mr Darcy dans la série de télévision Orgueil et préjugés. De quoi craquer ! Au fur et à mesure que se développe leur relation, il devient un peu moins séduisant. Quand Émilie, qui sent que tout ne va pas bien, elle demande à ce qu’ils en parlent. Et son amoureux explique que peut-être, n’est-elle pas assez féminine, est-elle trop petite, avec deux kilos en trop. Non, mais quel mufle !
Une écriture légère pour un sujet lourd
Toute la légèreté du livre vient de l’écriture de Clémentine Mélois. Qui d’autre raconte une rupture en commençant par :
Incipit :
« Je voulais te dire : sans le faire exprès, j’ai cassé le verre à moutarde Musclor que tu aimais bien. »
Et puis j’ai adoré ses métaphores :
Citation :
« Ça faisait trois jours que je n’étais pas sortie, j’étais en pyjama mental et mon cerveau devait manquer de sucre. »
Un roman qui fait du bien
Choses que je croyais perdues raconte la vie telle qu’elle est, avec beaucoup d’élégance. Même si l’héroïne, trop peu sûre d’elle, n’a pas épousé un beau jeune homme, riche et plein d’attentions, ce roman drôle et mélancolique m’a fait du bien.
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Info-livre : Choses que je croyais perdues de Clémentine Mélois

Éditeur : Gallimard
ISBN : 978-2-07-316285-4
Date de parution : 20/08/2026

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