Finistère — Anne Berest (Rentrée littéraire 2025)

En arrière-plan, un arbre généalogique et au premier plan, la couverture du livre d'Anne Berest, Finistère
Pourquoi, mais pourquoi les auteurs contemporains prennent-ils leurs lecteurs pour des thérapeutes ?

Avec Finistère, Anne Berest signe un roman de filiation profondément intime. Trop peut-être ? Entre souvenirs familiaux et questionnements sur la transmission, j’ai eu du mal à me sentir concernée. Je vous raconte pourquoi cette lecture, pourtant bien écrite, ne m’a pas vraiment touchée.

Thématiques abordées

Le point de départ de l’histoire

La narratrice se souvient du voyage qu’elle et sa famille entreprenaient de Paris à Brest, dans un train corail. Après le terminus, ils se rendaient à pied chez ses grands-parents, Papi et Mamie, les parents de son père. Après la mort de Papi, en 1994, c’est Lélia, la mère de la narratrice qui récupère quatre cahiers d’écolier dans lesquels il a consigné des épisodes de sa vie.

Bien plus tard, l’autrice récupère ses cahiers qui lui permettent d’évoquer quatre générations de la famille Berest, un roman sur sa lignée temporelle paternelle.

Ce que j’ai pensé du roman

Pourquoi, mais pourquoi les auteurs contemporains prennent-ils leurs lecteurs pour des thérapeutes ? Des thérapeutes silencieux, qui souvent n’en demandaient pas tant. Évidemment, j’ai ressenti la sincérité d’Anne Berest, mais cela en fait-il pour autant un roman qui peut m’intéresser ?

En effet, les thèmes de filiation et de transmission sont des thèmes très personnels, voire intimes qui peinent à atteindre une universalité qui pourrait me concerner.

De plus, la narratrice évoque les difficultés de communication avec son père, ce qui a trouvé un écho en moi, mais ne m’a néanmoins pas touchée. Probablement parce que chaque situation est unique, et ne peut pas vraiment se transposer. Encore un thème très intime.

Bien sûr, Anne Berest arrive à des conclusions intéressantes :

« En devenant mère, à mon tour, j’ai fait l’apprentissage d’une éducation discutable, bien que consciencieuse, d’une assistance inévitablement défaillante, malgré les meilleures intentions du monde. Et chaque geste, chaque mot — qu’il soit voulu ou omis laisse sur les enfants l’empreinte d’une relation sans cesse imparfaite, et, de ce fait infiniment cruelle, insuffisante. »

Mais ses remarques sont beaucoup moins pertinentes et marquantes que dans La carte postale. Il est vrai qu’elle y avait exploré le thème des descendants d’une famille disparue dans les camps de concentration, un thème que j’ai peu vu dans d’autres livres.

Envie de le lire ?

Les boutons visibles dans l’article sont des liens affiliés. Si vous cliquez dessus pour acheter un livre, je touche une petite commission — sans coût supplémentaire pour vous. Cela m’aide à faire vivre ce blog tout en vous proposant des lectures choisies avec soin. Merci pour votre soutien !

Les lieux et l’époque du récit

Si le fond ne m’a pas convaincue, ai-je trouvé dans le contexte historique de quoi me passionner ?

Le récit de cette saga familiale se déroule en Bretagne et à Paris de 1909 à 2024. Il évoque la paysannerie bretonne du début du siècle dernier, mais c’est surtout pour parler des actions de l’arrière-grand-père et vous risquez de rester sur votre faim.

Anne Berest évoque les années 1970 ainsi que les luttes politiques violentes, côté trotskiste cette fois-ci (Jeunesse Communiste Révolutionnaire). Pour ce qui est des « maos » (Gauche Prolétarienne), lisez Le livre de Kells où vous retrouverez un traumatisme identique, la mort de Pierre Overney. Mais il s’agit de positions aussi hermétiques que passées de mode, et même la narratrice reste perplexe devant les explications de son père !

Dans l’ensemble, j’aurais aimé qu’Anne Berest ancre davantage son récit dans l’histoire du pays, puisque c’est sur plus d’un siècle que s’étend sa saga familiale du roman.

Ce n’est sans doute pas le propos de Finistère parce que les épisodes historiques éclairent surtout le rapport père-fille. Et j’en reviens à mon premier point, les auteurs pensent-ils, parfois, qu’ils ont des lecteurs et que l’introspection ne fait pas forcément un bon roman.

Les figures du roman

Comme le nom du roman, Finistère, ne l’évoque pas, j’ai trouvé les parents de l’autrice et Anne elle-même, terriblement loin de ce que je suis. Et c’est peut-être ce côté gauchiste privilégié parisien qui m’a aussi tenue à distance.

Quant aux grands-parents et aux arrières-grands-parents, ils sont finalement très peu décrits.

La plume de l’auteur

L’écriture d’Anne Berest est magique, aussi fluide qu’addictive.

Incipit :

« Chaque été, nous quittions notre banlieue pour la Bretagne, le pays de mon père, celui où il était né, ainsi que son père et le père de son père avant lui. »

Mon avis en résumé

Ce que j’ai aimé

  • L’écriture d’Anne Berest

Ce que j’ai regretté (mais peut-être pas vous)

  • Un livre personnel qui ne m’a pas touchée

Mes notes

Je ne peux pas utiliser mes critères habituels, puisqu’il s’agit d’une histoire réelle. Finistère est un livre agréable, mais sans plus : 3.0/3.

Lecture assez facile

À vous de jouer : Partagez votre avis !

Pensez-vous qu’un récit intime peut toucher le lecteur même quand il ne partage rien avec l’auteur ? Dites-le-moi en commentaires.

Histoires de famille

Si vous aimez néanmoins plonger dans des histoires de famille, ces deux livres pourraient vous plaire :

Cœur
Thibault de Montaigu

Un cheval en arrière-plan et au premier plan, la couverture du livre de Thibaut de Montaigu, Cœur
Livre très personnel

Ann d’Angleterre
Julia Deck

En arrière-plan, une carte d'Angleterre et au premier plan, la couverture du livre de Julia Deck, Ann d'Angleterre
Entre le combat pour que sa mère soit soignée et la vie d’Ann

Info-livre : Finistère par Anne Berest

Couverture du livre d'Anne Berest, Finistère

Éditeur : Albin Michel
ISBN : 978-2-226-48718-6
Pages : 432
Date de parution : 20/08/2025

Photo de Catherine Perrin

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littéraire

Je donne mon avis, bien sûr, mais surtout des repères pour vous aider à savoir si un livre est fait pour vous.
Un mot, une image, un lien… rejoignez-moi là où on parle lecture :

Envie d’encore plus de lecture ? Rejoignez les 700 abonnés de la newsletter gratuite Dequoilire et recevez votre carnet de lecture : 10 livres coup de poing.

En savoir plus sur l’utilisation des données

S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires