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Le gardien de Téhéran de Stéphanie Perez : plonger dans la révolution iranienne

Peut-on accéder à l’art sans formation adéquate ? Je pense que oui, et j’ai été heureuse d’en voir la démonstration dans le roman de Stéphanie Perez, Le gardien de Téhéran. C’est une démonstration et non une opinion parce que Cyrus a réellement existé. Même si je n’ai pas pu noter ce roman selon mes critères habituels, Le gardien de Téhéran est un livre essentiel en ce moment.
L’essentiel sur Le gardien de Téhéran de Stéphanie Perez
Quel est le genre de ce livre ?
Exofiction/Roman historique
Quels sont les thèmes principaux ?
- Histoire de l’Iran
- Art et religion
Quel est le niveau de lecture ?
Moyen : écriture fluide et immersive, mais narration non linéaire
Quel est le nombre de pages ?
240
Pour qui est‑ce fait ?
- Pour les lecteurs curieux de l’histoire de l’Iran du XXe siècle, en particulier de la révolution de 1979
- Pour ceux qui aiment les romans basés sur des faits réels (exofiction)
- Pour les lecteurs sensibles aux questions d’accès à l’art et de transmission culturelle
À qui ne pas le recommander ?
- Aux lecteurs qui ont besoin de savoir précisément où s’arrête le réel et où commence la fiction
- Aux lecteurs qui attendent des notes de bas de page ou un appareil documentaire explicite
Les lieux et l’époque du récit
Le roman commence en mars 1979. Le Shah d’Iran, Reza Pahlavi, a quitté le pays le 16 janvier 1979, officiellement pour soigner un cancer. L’ayatollah Khomeini est revenu en Iran le 1er février après 14 ans d’exil. L’histoire se déroule donc en pleine révolution iranienne, avant la proclamation de l’État islamique le 1er avril 1979.
Les figures du roman ayant existé
Farah Pahlavi (Farah Diba)
Née en 1938, elle est la troisième épouse du Shah d’Iran qui est monté sur le trône en 1941. Elle s’est intéressée à la culture iranienne, au travail social, aux sports et aux arts. Elle est aussi connue pour avoir promu l’émancipation des femmes.
Sous son inspiration, de nombreux musées ont été ouverts à Téhéran, dont le musée d’art contemporain où se déroule l’histoire.



Kamran Diba
Né en 1937, il est le cousin de l’impératrice et l’architecte du musée de Téhéran, dont de nombreuses photos figurent sur son site. Il en a été également le premier directeur.
L’ayatollah Khomeini
Né en 1900, il s’est très vite opposé au Shah et a été contraint à l’exil en 1964. Après quatorze ans en Irak, il rejoint la France où il se construit une réputation de saint homme. Il propage ses idées par le biais de conférences, mais aussi de cassettes envoyées en Iran. Après sa prise de pouvoir, il a fait exécuter des milliers de dissidents politiques. Les libertés individuelles, en particulier celles des femmes, ont été confisquées.
Le point de départ de l’histoire
En mars 1979, Cyrus Farzadi est seul dans le musée d’art contemporain de Téhéran. Il sait que les hommes armés de Khomeini ne vont pas tarder à arriver. Pour combattre son angoisse, il se souvient, des fastes du couronnement du Shah qui a couronné lui-même son épouse, l’impératrice Farah Pahlavi ; un geste fort en faveur de l’égalité entre hommes et femmes. Sa mère et lui avaient regardé la cérémonie en compagnie d’une famille voisine.
Ce que j’ai pensé du roman, Le gardien de Téhéran
Sauvetage d’œuvres inestimables
Qui est Cyrus ? Que fait-il dans un musée ? Quel musée ? Pourquoi est-il seul ? C’est une entrée un peu difficile dans le roman parce que nous n’avons encore aucun contexte.
Malgré cela, j’ai lu Le gardien de Téhéran d’une traite. Ce roman est basé sur une histoire vraie, un gardien a sauvé des œuvres inestimables de la folie destructrice des islamistes. L’histoire de Cyrus, engagé comme chauffeur, qui trouve sa raison de vivre dans les toiles exposées au musée est touchante. Un jeune homme issu des quartiers pauvres de la ville puise l’apaisement dans les œuvres d’art. Et pourquoi pas ? L’art est fait pour ça, pour que chaque personne découvre quelque chose qui résonne en elle, ou pas. Pas besoin d’avoir fait des études d’art poussées. N’en déplaise à certains, les journalistes français venus à la cérémonie d’ouverture du musée d’art contemporain, par exemple. Ils montrent, en effet, un mépris insupportable envers les Iraniens, incapables, selon eux, d’apprécier les œuvres présentées.
Quoi qu’il en soit, grâce à Cyrus, un jeune homme issu de quartiers pauvres, les islamistes ont fini par comprendre la valeur financière de ce trésor. Aujourd’hui encore, les œuvres sont toujours au musée, mais cachées, invisibles.
La révolution iranienne en arrière-plan
Si l’histoire de Cyrus m’a touchée, j’ai aussi été fascinée par le récit de cette insurrection et de ses origines. Stéphanie Perez montre parfaitement le fossé qui se creuse entre le peuple iranien et les souverains, la richesse du pétrole accaparée par quelques-uns et la violence de la police secrète du Shah, la SAVAK. Elle évoque ensuite la confiscation de la révolution par les religieux. Grâce à Stéphanie Perez et son passé de grand reporter, j’ai vécu le soulèvement de l’intérieur.
Ce roman est une entrée parfaite dans l’histoire de l’Iran du XXe siècle, celle qui résonne encore aujourd’hui, parce que le contexte est réel, même si le récit comporte une forme d’imaginaire.
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La plume de Stéphanie Perez
L’écriture de l’autrice est vivante et immersive
Incipit :
« Dehors, en ce froid matin de 1979, Téhéran se recouvre peu à peu de noir. Plus rien ne peut arrêter la vague révolutionnaire chargée d’écume de colère qui submerge la capitale iranienne ».
Citation :
« Personne n’imagine alors qu’adviendra une époque où il sera interdit d’en parler, où les souvenirs seront enfuis sous les tapis persans. »
À propos du couronnement du Shah, quand Cyrus fait appel à ses souvenirs
Mon avis en résumé
Une écriture précise et enveloppante pour nous plonger dans l’histoire compliquée de l’Iran, que Stéphanie Perez rend pourtant compréhensible. Un récit basé sur une histoire vraie m’empêche d’utiliser mes critères habituels de notation. En effet, ni l’intrigue ni les personnages ne sont issus de l’imagination de l’autrice, ils sont réels et je ne peux pas noter la réalité, du moins en tant que caractéristique littéraire.
Mais je pense que c’est un livre utile et plaisant que je vous recommande vivement. Ma note subjective : 5/5.
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Véronique Olmi

Info-livre : Le gardien de Téhéran de Stéphanie Perez

Éditeur : Pocket
ISBN : 978-2-266-34099-1
Date de parution : 29/08/2024

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