Le jardin arc-en-ciel — Ito Ogawa

Le jardin arc-en-ciel d’Ito Ogawa est rempli de délicatesse, de douceur, et même de bons sentiments. Est-ce pour cela qu’il m’a touchée ? Aussi, mais surtout parce qu’il décrit, derrière toute cette sensibilité, une réalité plus sombre qui ne cesse de frapper à la porte de cette attachante famille.

Un arc-en-ciel en arrière-plan et la couverture du livre d'Ito Ogawa, Le jardin arc-en-ciel, au premier plan
« là où les étoiles sont belles »

Comment débute le livre ?

A six ans, Sôsuke est séparé de sa mère par la foule d’un quai de gare. Il réalise soudain qu’il tient une jeune fille par la main et qu’elle pleure. Quand sa mère l’appelle, il la rejoint, mais garde le souvenir de la sensation.

Izumi prend le train avec son fils, Sôsuke. Elle aperçoit une jeune fille sur le quai qui contemple sa paume puis qui tourne son regard vers le wagon dans lequel elle se trouve. Izumi est obsédée par la jeune fille, se met à la chercher, parce qu’elle a compris ce qu’elle s’apprête à faire.

Qu’en ai-je pensé ?

J’ai aimé ce début, une rencontre de hasard heureux. J’imaginais que cela allait continuer par une jolie histoire d’amitié, mais ce n’est pas le cas. Izumi et Chiyoko, la lycéenne du quai, vont créer la famille Takashima, patronyme issu de leurs deux noms. Une famille qui vit « là où les étoiles sont belles » et qui a une ligne de conduite :

« Ne jamais mentir à soi-même.
Rire à gorge déployée une fois par jour.
Fêter nos joies et nos chagrins ensemble.
Ne surtout pas se forcer.
Quand ça va mal, hisser le drapeau blanc. »

Est-ce qu’ils vont la respecter ? Est-ce que cela leur permettra de franchir les obstacles ?

Comme souvent, dans la littérature japonaise, l’intrigue est plate. Mais ce n’est pas là que réside l’intérêt du roman, il réside plutôt dans la délicatesse de l’écriture et dans le message de tolérance.

Bien sûr, c’est un livre bourré de bons sentiments, mais ils ne suffisent pas à résoudre les problèmes. En revanche, ils laissent quelquefois de l’espoir : les choses peuvent s’arranger… ou pas parce qu’il y des choses que personne ne peut vaincre.

Envie de le lire ?

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Quels sont les thèmes ?

Où et quand ?

Au Japon, mais en ce qui concerne l’époque, il y a peu de repères temporels, sans doute à la fin du siècle dernier.

Comment est-ce écrit ?

Les quatre personnages principaux sont chacun à leur tour le narrateur. Le lecteur voit la famille par leurs yeux, ceux des enfants révèlent des côtés plus sombres.

Izumi
Au début du récit, elle survit dans un appartement en désordre, malgré le soleil de sa vie, Sôsuke.

Sôsuke
Son trait de caractère principal est une extrême gentillesse, il est très attentif aux autres. Trop beau pour être vrai ? Oui, et non, oui parce qu’il est vraiment gentil, non parce que personne ne le comprend réellement, à l’exception de sa sœur, tout à la fin.

Chiyoko
Elle est encore mineure au début du livre, moins de 20 ans (c’est en avril 2018 qu’au Japon, la majorité a été fixée à 18 ans).

Takara
Elle est la petite dernière et elle aura un choc quand elle comprendra qu’elle n’est pas née de ses deux mamans.

Comment est-ce écrit ?

Incipit :

« J’avais six ans.
Elle, elle était plantée sur le quai. Avec chaque train qui passait, le ruban rouge de son uniforme dansait dans le vent, il faisait comme un petit bon souple. On était en été. Je m’en souviens très bien, parce que c’était la veille de mon anniversaire. »

Citation :

« — Mais si on ne dit pas qu’il existe des gens comme nous, rien ne changera jamais. On est noyées dans la majorité. Pour se faire entendre, il faut parler fort. »

Le contexte : l’homosexualité au Japon

Les relations homosexuelles, très codifiées, existaient chez la noblesse et la classe militaire à l’époque Heian (794 – 1185). De plus, le shintoïsme et le bouddhisme ne se sont jamais opposés aux relations homosexuelles. En 1873, probablement sous l’influence de l’Occident, les pratiques homosexuelles ont été criminalisées.

Aujourd’hui, le Japon n’a toujours pas légalisé le mariage entre deux personnes de même sexe. Les gays et les lesbiennes craignent d’être marginalisés. 

Les problèmes auxquels se heurtent Izumi et Chiyoko restent donc d’actualité.

Le drapeau arc-en-ciel

Depuis 1978, le drapeau arc-en-ciel est celui de la communauté LGBT (lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre). Son origine est mal connue. Il a d’abord eu huit couleurs, puis six, mais le nombre de couleurs peut varier.

Drapeau arc-en-ciel

Mon avis en résumé

Ce que j’ai aimé

  • Douceur et délicatesse, mais sans naïveté
  • Message de tolérance
  • Les quatre narrateurs

Mes notes

Ce livre m’a beaucoup touchée, mais il se peut que son intrigue plate vous déplaise.

Univers narratif5,0/5
Personnages4,0/5
Intrigue3,0/5
Écriture4,0/5
Moyenne4,0/5
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Lecture assez facile

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Info-livre : Le jardin arc-en-ciel par Ito Ogawa

Couverture du livre d'Ito Ogawa, Le jardin arc-en-ciel

Editeur : Picquier poche
ISBN : 978-2-8097-1359-6
Pages : 360
Date de parution : 23/08/2018

Photo de Catherine Perrin

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