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Le septième siffleur de Colin Niel : trois vies, un seul fil discret

L’essentiel sur Le septième siffleur de Colin Niel
Quel est le genre de ce livre ?
Roman sur l’écologie et la chasse
Quels sont les thèmes principaux ?
- Préservation de la nature
- Réensauvagement
- Chasse traditionnelle
- Maroc
- Réserve écologique
Quel est le niveau de lecture ?
Exigeant : écriture dense et trois histoires entremêlées
Quel est le nombre de pages ?
368
Pour qui est‑ce fait ?
- Les lecteurs de romans choraux qui aiment voir plusieurs destins se répondre sans jamais se croiser
- Les curieux d’un roman qui creuse la tension entre chasse et préservation animale sans manichéisme
- Les lecteurs sensibles aux portraits humains fouillés, prêts à être bousculés dans leurs a priori
À qui ne pas le recommander ?
- Aux lecteurs qui cherchent un roman au rythme rapide dès les premières pages
- Aux lecteurs qui préfèrent une intrigue unique et linéaire plutôt qu’une construction à plusieurs voix parallèles
- Aux lecteurs qui attendent une prise de position tranchée sur la chasse
Le septième siffleur de Colin Niel regroupe trois histoires sans qu’aucune ne prenne le pas sur l’autre. Bien que les personnages et les lieux soient très éloignés, elles sont réunies par un fil discret. Ce roman immersif et plein d’émotions, refuse le clivage chasse/écologie ; la relation entre un chasseur et son fils a désarmé la chroniqueuse anti-chasse que je suis.
Note : Ce livre m’a été envoyé dans le cadre des Bookclubs Kube (lien affilié), mais mon avis reste, comme toujours, totalement indépendant.
Sommaire
Le point de départ de l’histoire
Fiona, Tormod et leur fils Spencer sont en train de récupérer une brebis qui a chuté dans un ravin. Fiona la tenait par la patte, quand elle est tombée en arrière à cause d’une grouse qui a surgi au-dessus d’elle. Tormod est obligé de descendre dans le ravin. Tous les trois vivent dans une ferme importante, mais depuis peu, les relations familiales se sont tendues. Tormod travaille dur et devient de plus en plus silencieux, Spencer est malade.
C’est dans ce cadre que Fiona rencontre Bonnie pour la deuxième fois. Elle était déjà venue à la ferme. Elle voulait convaincre Tormod de réensauvager une partie de ses terres pour favoriser l’habitat d’oiseaux migrateurs. Bien que des subventions soient accordées, Tormod a refusé.
C’est la première des trois histoires de ce roman choral, plus loin dans le livre, commence une deuxième histoire et, encore plus loin, une troisième histoire.
Mon avis sur Le septième siffleur
La construction du roman
Trois récits dans le même roman, Colin Niel évite avec bonheur l’écueil courant dans ce genre de construction : une histoire beaucoup plus captivante que les autres. Je m’ennuie alors en les lisant, attendant que la première reprenne. C’est loin d’être le cas, ici, toutes les intrigues sont passionnantes, sans doute parce qu’elles sont toutes denses, avec drames, joie et rebondissements. J’en oubliais presque les situations inconfortables ou problématiques dans lesquelles Colin Niel avait laissé les personnages des récits précédents. Trois histoires toutes aussi captivantes les unes que les autres, porteuses d’émotions et pourtant tellement différentes.
Le lien entre les trois histoires : les limicoles
Quel peut bien être le lien entre l’épouse d’un fermier écossais, un sauvaginier (chasseur de gibier d’eau) picard et un jeune Marocain qui rêve d’émigrer en Espagne ? Eh bien, ce sont les limicoles, petits échassiers aussi appelés gibier d’eau. Certains veulent les préserver de l’extinction, d’autres aspirent à les chasser, d’autres enfin s’en moquent complètement.
Chasse et écologie : Colin Niel refuse de trancher
Le septième siffleur est dans la même veine qu’Entre fauves. Colin Niel ne juge ni les uns ni les autres. Autant le dire tout de suite, je suis anti-chasse et personne n’arrivera à me convaincre que tuer peut être un loisir ou un sport. Si le chasseur avait été un horrible personnage, il y a de fortes chances que le livre ait volé à travers la pièce. Mais Willy n’est pas qu’un chasseur, il est aussi un père aimant (son fils est anti-chasse) et un homme avec ses problèmes. À défaut de me réconcilier avec la chasse, Colin Niel me persuade qu’ils ne sont pas (tous) des monstres.
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Les lieux et l’époque du récit
Les récits se déroulent de nos jours à trois endroits différents de la planète. Fiona et Tormod demeurent en Écosse. Willy chasse dans la baie de Somme et Hamza vit près de Merja Zerga, une réserve écologique marocaine. Si vous ne connaissez pas ces régions, nul besoin de consulter Wikipédia, Colin Niel vous y emmène par ses descriptions.
Des personnages qui échappent à la caricature
Colin Niel réussit le tour de force de créer de nombreux personnages profonds en 330 pages, une autre raison de la densité du roman. Aucun d’eux n’est une caricature et ils vous feront vivre des émotions intenses.
Fiona
Après 14 ans de mariage, elle est toujours surprise que Tormod se soit intéressé à elle et l’ait épousée. Elle manque de confiance en elle, se traite souvent d’idiote. L’histoire commence quand la ferme est en grande difficulté et que Spencer vient d’avoir la confirmation de sa maladie. Tout ça, on le comprend petit à petit, ce qui rend le début du livre un peu long. Je me suis demandé où l’auteur m’emmenait. Rassurez-vous, les choses changent et deviennent passionnantes.
Willy
De quoi vous agacer au début de son histoire, si, comme moi, vous êtes anti-chasse. Mais Willy a un petit garçon, Kylian, et celui-ci est anti-chasse. Et Willy aurait tellement voulu lui transmettre cette passion de la chasse.
Hamza
C’est la plus jolie histoire du roman. Il déteste son père, ne rêve que d’une chose, aller vivre en Espagne. En attendant, il donne, de mauvais gré, un coup de main à son père et fume un peu trop de joints.
La plume de l’auteur
Elle est belle, soutenue, imagée
Incipit :
« Sur la lande, chaque bourrasque était un petit assaut pour humains et bétail »
Elle comporte de nombreuses descriptions qui vous immergent dans l’histoire :
Citation :
« Willy voyait les autres huttes flottantes, qui par dizaines dépassaient du sol en collines miniatures, et qu’il aurait pu toutes nommer du nom de leur concessionnaire. Il voyait les mares artificielles ouvertes devant chacune d’elles, comme les taches d’un léopard qui aurait pu s’habituer au climat de Picardie, ce qui n’était pas gagné à son avis. »
Mes notes
| Univers narratif | 5.0/5 |
| Personnages | 5.0/5 |
| Intrigue | 5.0/5 |
| Écriture | 5.0/5 |
| Moyenne | 5.0/5 |
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Héritages
Anna Hope

Info-livre : Le septième siffleur de Colin Niel

Éditeur : Seuil
ISBN : 978-2-02-162496-0
Date de parution : 21/08/2026

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