Anchise de Maryline Desbiolles, ou le paradoxe d’un livre inoubliable qui m’a ennuyée

En arrière-plan, trois maisons. Au premier plan, la couverture du livre de poche de Maryline Desbiolles, Anchise

L’essentiel sur Anchise de Maryline Desbiolles

Quel est le genre de ce livre ?

Roman de la proximité/Prose poétique

Quels sont les thèmes principaux ?
  • Ruralité
  • Deuil
  • Vie détruite
Quel est le niveau de lecture ?

Très exigeant : prose poétique, narration non linéaire

Quel est le nombre de pages ?

128

Pour qui est‑ce fait ?
  • Pour ceux qui aiment la langue avant tout
  • Pour ceux qui aiment les romans de l’ordinaire et du territoire
  • Pour ceux qui aiment les personnages taiseux
À qui ne pas le recommander ?
  • À ceux qui ont besoin d’une intrigue pour rester engagés dans une lecture
  • À ceux qui lisent vite ou dans les transports
  • À ceux qui cherchent à réfléchir plus qu’à ressentir
Quelle distinction ?

Prix Femina 1999

Je viens de terminer le livre de Maryline Desbiolles, Anchise, et mon avis est paradoxal. En effet, je n’oublierais pas Anchise et les autres personnages, ils m’ont marquée. Mais ils m’ont marquée grâce à l’écriture de l’autrice, mais pas à cause de leur profondeur psychologique. Le style est donc sublime, mais j’ai fini par me lasser à cause de l’intrigue minimaliste.

Sommaire

Ce qui se passe dans Anchise

À la fin d’un mois d’août où il n’y a pas eu le plus petit incendie, une voiture blanche roule sur la route. Il est parfois difficile de la voir parce que le soleil est aveuglant. Le véhicule s’arrête en plein soleil, un homme en sort…

Mon expérience de lecture : quatre étapes

Je suis passée par plusieurs étapes en lisant ce roman.

Premier chapitre : le coup de foudre

Le premier chapitre est captivant, il est écrit dans une prose poétique et il surprend. Ensuite, la description de la sortie de Nice, avec les espaces commerciaux et industriels, a évoqué une foule de souvenirs. Enfin, je les voyais, ces trois maisons au bord de la route, je suis passée devant tellement souvent, me demandant chaque fois qui étaient les gens et comment ils vivaient.

Quand la beauté devient un obstacle

Certes, l’écriture est magnifique, mais elle prend le pas sur tout. Les descriptions poétiques n’en finissent pas. Et, ça et là, des informations sur Anchise et ses voisins. Ma lecture était lente, un peu laborieuse. Et j’ai posé le livre.

Ce que j’avais sous-estimé sans le savoir

Et c’est alors que j’ai réalisé à quel point j’étais marquée par les personnages. Sans doute à cause de la lenteur de l’écriture qui laisse une empreinte profonde. Je n’oublierai pas Anchise et ses voisins, Sasso, la Thomas. J’ai donc repris mon livre avec plus de motivation.

Page 100 : je n’en pouvais plus

Hélas ! Ma motivation s’est perdue en chemin. L’écriture a commencé à me lasser, comme si finalement, j’en savais assez. Et, arrivée à la page 100, je n’en pouvais plus. Et c’est une expérience étrange de lire un livre dont j’étais consciente de la beauté, mais qui ne me correspondait en rien. En effet, la seule élégance d’un texte ne me suffit pas, j’aime qu’on me raconte une histoire qui m’apprenne quelque chose ou me fasse réfléchir, ou alors me laisser emporter par le récit.

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Anchise, Sasso, la Thomas : des personnages qui restent

Anchise

Son nom complet est Eugène Anchise, mais tout le monde l’a oublié, on ne l’appelle qu’Anchise. Mais quel peut bien être le rapport entre Eugène Anchise et le vieil homme que son fils, Énée, a sauvé des flammes de Troie en le portant sur son dos ? La réécriture du mythe à l’envers ? Possible. Eugène n’a pas eu d’enfants qui auraient pu le préserver de lui-même, et il choisit le feu.

Mais surtout, Anchise, en grec, signifie proche (source Behind the Name). Et en effet, il y a cette proximité physique avec ses voisins et sa proximité spirituelle avec sa jeune femme décédée.

C’est donc un livre où découvrir des plis et des replis. Mais je n’ai pas tout compris immédiatement. Et me voilà directement renvoyée en seconde où un professeur essayait de nous convaincre du génie d’un auteur en nous expliquant tout ce que nous n’avions pas vu dans la lecture obligatoire. Une approche très littéraire, loin du plaisir de la lecture.

Sasso

C’est un méchant, l’autrice le dit elle-même et décrit des scènes qui ne laissent aucun doute à ce sujet. Ce n’est pas lui dont la proximité va aider Anchise.

Mais je crains que ce soit sa seule caractéristique, j’ai regretté ce manque de profondeur, et c’est la même chose pour les autres personnages, Anchise, compris.

Une langue exceptionnelle, entre direct et poétique

Il est temps maintenant que je vous parle du style exceptionnel de Maryline Desbiolles. Il est prenant, parfois direct :

Incipit :

« Il n’y avait pas eu le moindre incendie de tout l’été. Pas le plus petit feu de broussailles. Ce n’était pas faute de soleil. Le temps avait été chaud et sec comme il se doit. Et peut-être même plus chaud et sec que les étés précédents »

Souvent poétique :

Citation :

« Le salut de l’impure campagne est peut-être dans ces plantes qui crachent depuis les gravats, les débris, depuis le mélange, l’entassement, le rebut, le bâclé, le fouillis. Le salut est peut-être dans ces plantes qui savent les vertus de la dispersion, dans ses plantes qui se dissipent qui se dilapident. »

Mais ces phrases peuvent saturer le lecteur et c’est ce qui m’est arrivé.

Mon verdict

Un livre magnifique, mais qui ne me correspond pas

Univers narratif5.0/5
Personnages4.0/5
Intrigue2.0/5
Écriture5.0/5
Moyenne4.0/5
Consultez ma grille de notation détaillée pour mieux comprendre mes choix

À vous de jouer : Partagez votre avis !

Est-ce que la beauté du style suffit pour vous à faire un bon roman, ou avez-vous besoin qu’il se passe quelque chose ? Dites-le-moi en commentaires.

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Si vous aimez la prose poétique exigeante

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Info-livre : Anchise de Maryline Desbiolles

Couverture du livre de Maryline Desbiolles, Anchise

Éditeur : Points
ISBN : 978-2-7578-8813-1
Date de parution : 07/01/2021

Photo de Catherine Perrin

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littéraire

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