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Elizabeth va très bien de Julien Dufresne-Lamy : portrait d’une mère que personne n’a su voir

L’essentiel sur Elizabeth va très bien de Julien Dufresne-Lamy
Quel est le genre de ce livre ?
Quels sont les thèmes principaux ?
- Isolement
- Relations mère-fils
- Troubles mentaux (bipolarité)
- Deuil maternel
- Femmes invisibles
Quel est le niveau de lecture ?
Moyen : narration non chronologique
Quel est le nombre de pages ?
288
Pour qui est‑ce fait ?
- Les lecteurs attirés par l’autofiction et les récits de deuil
- Les lecteurs de Dufresne-Lamy qui veulent suivre son œuvre
- Les lecteurs sensibles à la question de l’invisibilité des femmes malades
À qui ne pas le recommander ?
- Les lecteurs qui attendent une vraie enquête avec résolution — la dimension policière est une fausse piste
- Les lecteurs peu à l’aise avec les récits fragmentés et les ellipses assumées
- Ceux qui ont déjà une certaine lassitude vis-à-vis des autofictions sur la parentalité
Un fils apprend la mort de sa mère, une femme isolée dans le Sud de la France. Elizabeth va très bien de Julien Dufrene-Lamy donne quelques clés, mais ne permet pas de comprendre comment elle en est arrivée là. Hélas, ce livre ne dépasse jamais le particulier pour toucher l’universel.
Service Presse numérique reçu des Éditions de JC Lattès via NetGalley
Par un message Instagram
Julien apprend la mort de sa mère par un message Instagram. Il coince aussi bien sur le contenu que sur le pseudo improbable de la personne qui l’a envoyé. Il aurait voulu que ce soit encore un mensonge de sa mère, une action fantasque, mais ce n’est pas le cas.
Il bloque aussi sur le mot que l’infirmier a laissé sur son cahier, quelques heures avant la mort de sa mère : Elizabeth va très bien. Il va alors enquêter.
Mon avis sur Elizabeth va très bien
Bien que je n’aie eu aucune difficulté à lire ce livre (roman ? récit ? témoignage ?) j’avoue être passée en grande partie à côté parce qu’il m’a manqué des éléments. Pourquoi Julien ne voyait-il plus sa mère ? De qui venait la rupture ? Peut-être de sa mère, qui n’avait pas apprécié qu’il écrive sur elle sous l’angle de l’alcoolisme ? Peut-être de lui ? Une phrase, une seule, quand, à 18 ans, il quitte la maison familiale laisse supposer du soulagement :
« Et alors devant la vitre du train, devant le paysage semé derrière moi, j’ai prononcé très fort : au revoir la maison ! Au revoir les arcades ! Au revoir La Rochelle ! Au revoir les plages ! Au revoir Niagara, Blondie, Madonna ! Au revoir le petit chien ! Au revoir, maman, au revoir maman ! »
La bipolarité est une maladie terrible, aussi bien pour les malades que pour leur entourage. Bien sûr, le narrateur s’y attarde, mais plus avec des anecdotes qui concernent son père que lui-même. Son père a été violent, et il a fini par quitter sa femme et divorcer. Mais j’aurais aimé comprendre pourquoi Elizabeth s’est retrouvée isolée, pourquoi elle vivait avec si peu d’argent alors que l’auteur laisse entendre qu’elle avait reçu un héritage.
En revanche, j’ai bien compris que Julien cherchait la mère chérie de son enfance, sans que ses souvenirs atteignent l’universalité comme a pu le faire Marcel Pagnol ; même si on ne vivait pas dans le Sud de la France et si on n’avait pas de père chasseur. Il y a également une enquête sur la mort suspecte de cette dernière, à cause de la note laissée par l’infirmier et des appels téléphoniques qu’elle a passés à sa tutrice sans que celle-ci réponde. Mais dès le début, je n’en ai pas attendu grand-chose : trop d’inconnus, trop de fils coupés.
Bref, ce qui me reste de ce livre, c’est l’immense isolement d’une femme malade à qui plus personne ne s’intéressait, mais sans qu’on sache ce qui l’a fait basculer vers cette solitude ; ce qui m’aurait davantage touchée que cette pseudo-enquête.
Où acheter ?
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De La Rochelle à Nice
Le livre se déroule entre La Rochelle, Paris, des années 1980 à nos jours. Il aurait pu se passer ailleurs, à moins que l’auteur ait voulu insister sur ce qu’il y avait de personnel dans ce livre.
Elizabeth et Julien
Le protagoniste s’appelle Julien, est né à La Rochelle, comme l’auteur. Avant que sa mère meure, il a voyagé et appris une langue (j’ai pensé à Spectacle de Julien Dufresne-Lamy, qui se déroule en Corée du Sud ?) Le deuil l’éprouve durement, physiquement aussi, avec l’apparition de psoriasis.
Sa mère s’appelle Elizabeth Dufresne, et des photos dans le livre témoignent de sa beauté. Elle était intelligente, aimait lire sur la plage et danser, tellement fantasque aussi que son fils n’a pas tout de suite cru à sa mort, un tour à sa façon plutôt. Elle n’avait que 58 ans.
Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ?
La plume de Julien Dufresne-Lamy
J’ai dû relire la première phrase pour la comprendre :
Incipit :
« Sur la page zéro, je tape ce titre, et la magie : un livre existe. Je le prononce à voix haute. Elizabeth va très bien. »
Mais l’auteur suit ses pensées, passe d’un sujet à l’autre, sans qu’il soit vraiment creusé. Et il emploie beaucoup de mots rares, lantiponner (hésiter), nasarder (donner une tape légère sur le nez) ou encore hiémale (qui appartient à l’hiver). Mais pourquoi ? Je n’en ai pas compris l’utilité.
En revanche, quelques belles phrases m’ont marquée.
Citation :
« Alors on écrit la nuque cassée, les yeux en arrière et les mains en équilibre pour ne pas tomber à côté de la vérité. »
Mon avis en résumé
La quatrième de couverture parle de femme effacée, j’ai davantage ressenti l’isolement, probablement dû à la maladie et pas forcément parce qu’Elizabeth était une femme.
Les auteurs adorent parler de leurs relations avec leurs parents, et j’en ai chroniqué beaucoup sur ce blog. C’est peut-être un exercice qui revêt une évidence pour un auteur. Mais le lecteur rentre dans une intimité pas toujours porteuse de sens pour lui.
Mes notes
| Univers narratif | 3.0/5 |
| Personnages | 3.0/5 |
| Intrigue | 3.0/5 |
| Écriture | 3.0/5 |
| Moyenne | 3.0/5 |
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Alors c’est bien
Clémentine Mélois

Info-livre : Elizabeth va très bien de Julien Dufresne-Lamy

Éditeur : JC Lattès
ISBN : 978-2-7096-7625-0
Date de parution : 07/01/2026

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