L’amie prodigieuse – Elena Ferrante

Faites-vous partie des personnes qui ont abandonné cette lecture ? Ou de ceux qui n’ont jamais eu envie de le lire ? Un auteur inconnu jusque-là et quatre tomes aux titres peu engageants. Moi, ça a débuté comme ça : • Pas envie de le lire • Commencé, pas envie de continuer • Abandonné mais envie de comprendre son succès J’ai persévéré.

Faites-vous partie des personnes qui ont abandonné la lecture de L’amie prodigieuse ?
Ou de ceux qui n’ont jamais eu envie de le lire ?

Liseuse et marque pages

Un auteur inconnu jusque-là et quatre tomes aux titres peu engageants.

Moi, ça a débuté comme ça :
• Pas envie de le lire
• Commencé, pas envie de continuer
• Abandonné mais envie de comprendre son succès

J’ai persévéré.

Pourquoi finalement je n’ai plus lâché L’amie prodigieuse

Parce qu’il se passe à Naples, quelques années après la Deuxième Guerre mondiale ?

Pas seulement

Les personnages sont fascinants

Lenù, la narratrice, est une petite fille brillante, la meilleure de la classe, jusqu’au jour où elle doit se mesurer à Lila, encore plus brillante. Lila pousse Lenù à penser plus fort, plus loin. Des décennies plus tard, Lenù reste envoûtée :

“Néanmoins, quels que soient les sujets que nous abordions au cours de ces promenades, son corps même dégageait un je-ne-sais-quoi qui m’enveloppait, stimulait mon cerveau et m’aidait à réfléchir – comme c’était le cas depuis toujours.”

Après la fin de l’école primaire, Lenù entre au collège, encouragée par son institutrice, alors que Lila doit aller travailler, avec son père et son frère, laissant son amie orpheline de leurs discussions et de leurs jeux. C’est le sort réservé à presque tous les enfants du quartier parce que leurs familles sont pauvres.

Des familles pauvres donc. Sauf celles qui ont fait du marché noir pendant la guerre, ou pire encore.

L’intrigue est pleine de rebondissements

Dans le quartier de Naples où Lenù et Lila sont nées, les filles espèrent épouser un homme qui s’occupera d’elles. Les coups ? Ça fait partie de leurs vies.

Les garçons doivent choisir, travailler pour les camorristes, ou pour un salaire de misère, ou se révolter.

Lila et Lenù ne veulent pas de cette vie. Elles veulent devenir riches et célèbres.

Lila fascine son entourage, mène une vie chaotique. Elle réussit, gâche tout, à cause d’un homme, recommence.

Lenù enchaîne les succès : études supérieures, beau mariage, publication de romans. Et gâche tout, à cause d’un homme, retourne vivre dans son quartier. Où ses amis restent ses amis quoi qu’ils fassent (et ils en font pas mal).

“Pasquale était notre Pasquale. Nous l’aimions toutes les deux, quoi qu’il ait fait et quoi qu’il fasse.”

Tout ce petit monde se débrouille comme il peut : les garçons disparaissent, réapparaissent, nouent des alliances, les rompent. Les filles se brouillent, se réconcilient. Et toujours la même attente du lecteur : est-ce que Lila et Lenù vont s’en sortir ?

Ce qui m’a manqué

L’univers narratif est inexistant

J’aurai aimé en savoir plus. Dans les appartements, il y a des tables, des chaises et des lits. Les repas sont composés d’entrées, de plats et de desserts. Il y a des noms de rue à consonance italienne :

« Un jour, il m’apprit qu’il avait loué l’appartement de la Via Tasso et que tout était prêt pour nous accueillir, les filles et moi. »

Mais on ne sait pas à quoi la rue ressemble.

L’auteur laisse tomber des noms connus : Brigade Rouge, Ulrike Meinhof, Aldo Moro sans penser que le lecteur a pu oublier, ou tout simplement n’a pas connu cette époque.

Une exception cependant : Lila trouve du travail dans une usine de salaisons. La peinture de la production et des conditions de travail est décrite de telle façon que je me suis révoltée bien avant Lila.

Certains personnages sont interchangeables

Carmen, Ada ou Gigliola vivent les mêmes choses, réagissent de la même façon. Qui est la fille de qui déjà ? Mais elle n’était pas avec un autre garçon ?

Il en va de même pour les garçons. Mais eux, ont plus de choix. Alors ils prennent des routes différentes qui ne laissent plus de doute sur qui a fait quoi.

Et que dire des deux frère camorristes, qu’on voit rarement l’un sans l’autre, qui portent tous les deux un prénom qui commencent par M, et qui tombent tour à tour amoureux de Lila ?

Conclusion

Il n’y a pas de livre parfait. Il m’a été difficile d’y entrer et j’ai été parfois un peu perdue.

Néanmoins, ses qualités éclipsent les défauts.

Donnez-lui une chance. Vous ne le regretterez pas.

Mes notes pour L’amie prodigieuse

Univers narratif3,0/5
Personnages4,0/5
Intrigue5,0/5
Style4,0/5
Moyenne4,0/5
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Catherine Perrin
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3 commentaires

  1. bonjour, comme vous j ai acheté le premier tome car l amitié de ces deux petites filles m intriguait. l une plus intelligente (brute) que l autre.
    Mais ce que je ressentais (et c est ce qui m a fait acheter les 4 livres) que Lenu était platoniquement amoureuse et admirative de Lila. Lila sentait qu elle avait de l emprise sur Lénu. Et Lenu pour continuer à interesser Lila , sentait que ce n était qu en devenant quelqu un d instruite, qui continuerait à garder l attention de Lila.
    Lila (de son caractère) n avait pas à fournir d effort , elle était solaire. on voulait tout lui donner.Lénu devait faire ses preuves dans la vie, et à force d acharnement elle a réussi
    à monter l échelle sociale en se mariant avec le fils d une famille italienne notable.Mais elle l a fait à nouveau pour éblouir son amie Lila. Lila d après moi avait une personnalité de perverse narcissique et c est pourquoi elle arrivait à manipuler tout le monde autour d elle.Evidemment ce qui était le plus intéressant était de savoir, qui des deux petites filles allaient réussir le mieux dans la vie. Par moment je trouvais certains passages trop longs. Mais à d autres, la mayonnaise reprenait et c était reparti pour un nouveau livre. Le premier livre je ne l ai pas tellement aimée, mais comme le succès était tel qu il fallait attendre pour le 3eme et 4 eme tome, le lecteur était quand même curieux de connaître la fin de l histoire.Et je dois dire que le 4eme livre ne m a pas décue.

    • Comme vous, je me suis interrogée sur la personnalité de Lila et j’ai pensé à une personnalité perverse narcissique. Il me semble que si Lenù est influencée par Lila, elle garde ses propres objectifs. Tour à tour elle s’éloigne et se rapproche et observe Lila, sans approuver toujours sa façon de se conduire.
      C’est ça qu’il y a de fascinant dans ce livre : toutes les interprétations qu’on peut faire sur l’amitié de ces deux femmes, qui aura duré toute une vie.

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