Le peintre d’éventail d’Hubert Haddad : un roman initiatique entre contemplation et catastrophe

En arrière-plan, un éventail et au premier plan, la couverture du livre d'Hubert Haddad, Le peintre d'éventail

L’essentiel sur Le peintre d’éventail d’Hubert Haddad

Quel est le genre de ce livre ?

Roman initiatique/Fiction du désastre

Quels sont les thèmes principaux ?
  • Peinture sur éventail
  • Rédemption
  • Catastrophe naturelle et industrielle
  • Jardin
  • Transmission
Quel est le niveau de lecture ?

Exigeant : écriture soutenue, changements de narrateur

Quel est le nombre de pages ?

180

Pour qui est‑ce fait ?
  • Pour ceux qui sont sensibles à une écriture exigeante et poétique
  • Pour ceux qui aiment la culture japonaise
  • Pour ceux qui aiment le thème « art et littérature »
À qui ne pas le recommander ?
  • À ceux qui ont besoin d’une fin claire et résolue
  • À ceux qui sont allergiques aux styles denses qui ralentissent la lecture

Le peintre d’éventail est un roman japonais signé par un écrivain, français, Hubert Haddad. Vous serez immergée dans la culture japonaise (haïkus, jardin zen, peinture sur éventail), mais avec un regard occidental qui place l’intériorité au centre de l’histoire. Un auteur japonais aurait peut-être privilégié le silence et la pudeur.

Sommaire

Comment débute Le peintre d’éventail

Hi-Han, un jeune professeur d’université, découvre la photo de celui qui a été son maître, en bien mauvais état, sur une photographie d’un magazine à sensation. Il lui faut sept heures de voyage, dont deux de marche, pour atteindre l’ermitage où se terre Matabei. Il en repart le lendemain avec deux grandes valises.

L’histoire de Matabei commence, d’abord racontée par lui-même, puis par d’autres narrateurs.

Un roman en deux temps : zen et dévastateur

C’est un roman japonais écrit par un Français et ce peut être une belle ouverture vers la culture de ce pays. En effet, vous pourrez lire de nombreux haïkus (brefs poèmes japonais), imaginer des éventails peints et des lavis (peinture à une seule couleur) ou encore vous promener dans un jardin japonais.

Mais vous éprouverez aussi tout un panel d’émotions, et plongerez profondément dans la vie des personnages principaux, ce qui n’a rien, sauf exception, de japonais. Par exemple, lorsque Matabei contemple le jardin, il ne songe jamais à profiter du moment présent, ou à méditer, non, il ne cesse de se poser des questions sur ce qu’il doit faire pour entretenir le jardin. Cela pourrait vous déstabiliser si vous êtes amateur de littérature japonaise.

Les premières pages sont lentes, j’ai fait connaissance avec une galerie de personnages, mais j’en ai appris peu sur leur histoire. Certes, Matabei ne s’intéresse pas à eux, mais j’ai quand même été frustrée.

Ensuite, une catastrophe survient et le livre change de registre. Quelques précieux indices permettent de comprendre de quel sinistre il s’agit. Le récit du périple de Matabei, il a eu la vie sauve, est poignant.

À partir de ce moment, le livre contient beaucoup plus d’émotions. Je ne suis malheureusement pas certaine d’avoir compris la fin du livre : est-ce que Hi-Han fantasme, ou est-ce un retournement de situation ? Dans ce dernier cas, il m’a manqué des informations pour que ma première impression ne soit pas un fantasme. Après relecture, j’hésite entre les deux interprétations, même si je garde une préférence pour la première. Ce manque de compréhension m’a un peu gâché la fin de l’histoire.

Où acheter ?

Note : Les liens d’achat vers ce livre sont des liens affiliés. Si vous passez par eux pour effectuer un achat, je reçois une petite commission sans surcoût pour vous. Votre soutien aide à maintenir ce blog. Merci.

Acheter d’occasion
Recyclivre
Poche neuf
Eyrolles
Numérique
Eyrolles

Voir le comparatif de mes partenaires

Où et quand se déroule Le peintre d’éventail ?

Le peintre d’éventail se déroule dans la région d’Atôra et plus précisément au nord de l’île de Honshu. Vous ne savez pas où c’est ? Moi non plus ! Mais ça n’a aucune importance. Vous le comprendrez en lisant le livre, même si la catastrophe est plutôt un décor qu’autre chose.

Matabei, Hi-Han : une chaîne de transmission

Matabei

Après l’accident qui a coûté la vie à une jeune fille, il se réfugie dans la pension tenue par Dame Hison, une ancienne prostituée. Il semble y trouver un sens à sa vie grâce au jardinier, Osaki, qui est aussi peintre d’éventail. Il devient son disciple.

Xu Hi-Han

À quinze ans, il est arrivé chez Dame Hison, inculte et maladroit. C’est là que Matabei l’a pris sous son aile. Une autre transmission débute.

Les autres personnages

J’aurais aimé en savoir davantage sur Aé-cha, une vieille fille coréenne
excentrique, ou sur monsieur Ho, négociant en thé. Ce dernier est prétexte à montrer la xénophobie japonaise :

« — Vous n’êtes jamais retournée chez vous, en Corée ? disait le négociant, la bouche pleine.
— Chez moi, c’est ici, monsieur Ho, répliquait la maigre personne au visage de porcelaine.
— Excusez-moi d’insister, mademoiselle. Mais votre famille… »

Deux registres, une même exigence

L’écriture est dense et le changement de narrateur m’a parfois perturbée.

Comme dans son roman, Un monstre et un chaos, Hubert Haddad peut utiliser une plume réaliste quand il parle des conséquences de la catastrophe :

Citation :

« Beaucoup dormaient, comme assommés, sous leur couverture isotherme, d’autres considéraient les lieux d’un air étonné, les mains tordues, tandis que les plus apparemment affectés gémissaient, appelaient un enfant ou un compagnon disparu, criant pour qu’on leur vînt en aide. »

Et il utilise une plume plus complexe, plus poétique quand on parle du jardin ou de la peinture sur éventail :

Citation :

« Les trois pinceaux de bambou, par exemple, nous en ferons usage des années encore en espérant savoir peindre un jour les jeux du vent dans la forêt de bambou. »

Mon avis en bref

Univers narratif4.0/5
Personnages3.5/5
Intrigue3.5/5
Écriture5.0/5
Moyenne4.0/5
Consultez ma grille de notation détaillée pour mieux comprendre mes choix

À vous de jouer : Partagez votre avis !

Et vous, avez-vous déjà lu un roman qui bascule aussi radicalement de registre à mi-parcours — et comment avez-vous vécu ce changement de ton ? Dites-le-moi en commentaires.

Acheter d’occasion
Recyclivre
Poche neuf
Eyrolles
Numérique
Eyrolles

Voir le comparatif de mes partenaires

L’art au cœur de la littérature

Si vous aimez ce thème, vous pourriez aussi lire ces romans :

Mon nom est Rouge
Orhan Pamuk

En turc en costume traditionnel en arrière-plan et au premier plan, la couverture du livre d'Orhan Palmuk, Mon nom est Rouge
Les peintres de miniature à Istanbul

Âme brisée
Akira Mizubayashi

Couverture du livre d' Akira Mizubayashi et un violon
Musique

Info-livre : Le peintre d’éventail d’Hubert Haddad

Couverture du livre d'Hubert Haddad, Le peintre d'éventail

Éditeur : Folio
ISBN : 978-2-07-045441-9
Date de parution : 10/04/2014

Photo de Catherine Perrin

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littéraire

Je donne mon avis, bien sûr, mais surtout des repères pour vous aider à savoir si un livre est fait pour vous.
Un mot, une image, un lien… rejoignez-moi là où on parle lecture :

Envie d’encore plus de lecture ? Rejoignez les 800 abonnés de la newsletter gratuite Dequoilire et recevez votre carnet de lecture : 10 livres coup de poing.

En savoir plus sur l’utilisation des données

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *