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Les Bouchères — Sophie Demange

Les Bouchères de Sophie Demange est un roman féministe aussi sanglant que percutant. Entre humour noir, satire et vengeance, l’autrice inverse les rôles avec une audace dérangeante. Je vous raconte pourquoi ce premier roman m’a autant surprise que fait réfléchir.
Sommaire
Thématiques abordées
- Roman féministe
- Vengeance
- Humour noir
Le point de départ de l’histoire
Anne est en train de peaufiner ses travers de porc quand elle sent une présence familière se glisser dans son dos.
Stacey est à son travail quand elle reçoit un appel. Anne, dont elle n’a pas eu de nouvelles depuis trois ans, lui propose de venir travailler avec elle. En effet, elle a repris la boucherie de son père, mort un an auparavant.
Ce que j’ai pensé du roman
Ce n’est pas un roman pour tout le monde parce qu’il y a des scènes sanglantes. D’un autre côté, que s’attendre d’un livre qui s’appelle Les Bouchères, la viande, le sang, c’est leurs quotidiens.
J’ai dévoré ce roman en une soirée et il me marquera sans doute plus que je ne le pensais, à priori. Sophie Demange a expliqué à plusieurs reprises qu’elle travaillait dans le social, que son quotidien à elle, c’était les femmes et les enfants maltraités. Alors, elle s’est défoulée et ça en fait un livre coup de poing, avec une question forte : que feriez-vous, messieurs, si nous nous comportions vraiment comme des hommes ?
Le fait qu’Anne, Stacey ou Michelle soient aussi brutales que des hommes interroge. C’est clairement une satire, une provocation. Oui, mais la même histoire avec des personnages masculins, ça serait quoi ? Quelque chose comme une horreur absolue ? En effet, la provocation que j’ai ressentie n’est pas due à l’intrigue ni à l’écriture, mais aux personnages féminins. Ce renversement dérange parce qu’il révèle à quel point nous sommes habitués à voir la violence du côté masculin. Ici, c’est comme si le roman nous forçait à regarder l’envers du miroir.
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Les lieux et l’époque du récit
Le roman se déroule de nos jours, à Rouen, dans une boucherie tenue par des jeunes femmes. La boucherie de Rouen m’a laissée perplexe. Des couleurs vives ? Pourquoi pas ? Des fleurs ? Je crois que, dans la vie, ça me ferait fuir.
Les figures du roman
C’est le point fort du livre, parce qu’elles sont attachantes, malgré leur comportement du mauvais côté masculin.
Anne
De l’extérieur, elle avait une vie de rêve. En réalité…
Elle a hérité d’un métier d’homme et a adopté les codes qui vont avec, pas tous heureusement. Tout au fond d’elle, une petite fille est toujours présente.
Les problèmes qu’elle rencontre sont-ils un avertissement ? Se comporter comme des hommes ne serait pas la solution ultime ?
Stacey
Elle a été enlevée à sa mère par les services sociaux, a connu une foultitude de galères. Et c’est à cause d’une plaisanterie qu’elle a trouvé sa voie : bouchère. Mais elle n’en adopte pas tous les codes pour autant.
Michèle
Pas commode non plus, elle mettra plus de temps que les autres à se dévoiler.
Nour
Bien que végétarien, ce journaliste s’intéresse à la boucherie atypique qui vient d’ouvrir. Il est un peu too much à mon goût.
La plume de l’auteur
L’écriture est simple, sans fioritures. En revanche, on entre dès les premières phrases.
Incipit :
« C’était une soirée de début d’été. L’heure où les clients rentrent chez eux préparer la côte de bœuf ou faire griller les brochettes ou les saucisses au barbecue. On profite davantage de la vie en été. »
J’ai lu ce roman rapidement. Et de toute façon, comment commettre un livre coup de poing, qui se passe dans une boucherie, avec un style très littéraire ?
Citation :
« Les filles étaient sur le porc. Six heures du matin, le jour se levait à peine, un cochon tout juste livré de 110 kilogrammes, une belle bête.
Anne s’occupait de scier la tête puis de la désosser, pendant que Stacey s’attelait à la découpe primaire, séparer le jambon, la poitrine et l’épaule. »
Mon avis en résumé
Ce livre qui inverse les rôles est parfait pour se défouler. Mais il questionne aussi les places que nous laissons aux femmes en 2025. Je ne l’aurais probablement pas acheté s’il n’avait pas remporté le prix du premier roman du Chambon-sur-Lignon, je suis pourtant contente de l’avoir lu. En effet, il tranche — au sens propre comme au figuré — et rappelle que la littérature peut encore bousculer nos certitudes.
Mes notes
| Univers narratif | 3.5/5 |
| Personnages | 4.0/5 |
| Intrigue | 3.0/5 |
| Écriture | 3.0/5 |
| Moyenne | 3.4/5 |
Lecture facile
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Info-livre : Les Bouchères par Sophie Demange

Éditeur : Iconoclaste (l’)
ISBN : 978-2-37880-479-4
Pages : 320
Date de parution : 23/01/2025

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