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J’ai lu Salomé d’Agathe Chenevez, un roman sur le harcèlement psychologique et les violences invisibles, porté par une mise en abyme théâtrale audacieuse. Clara, jeune comédienne pleine d’enthousiasme, se heurte à la cruauté glaçante de sa cousine Salomé. Ce roman m’a dérangée, interpellée, parfois agacée — et c’est justement pour ça que je vous en parle. Si vous aimez les textes qui bousculent et questionnent en profondeur, vous êtes au bon endroit.
Service Presse
Clara est ravie, elle rêve depuis toujours d’être comédienne et sa cousine, Salomé, lui propose un stage dans la troupe Jean-Louis Barrault, du nom de l’acteur que la jeune fille admire. La compagnie prépare une pièce : L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel.
La comédienne qui doit jouer Violaine annonce qu’elle est enceinte. La troupe se tourne alors vers Clara qui a l’âge et le physique. Clara se précipite vers Salomé, qui interprète Mara, pour lui apprendre cette merveilleuse nouvelle, mais l’accueil est glacial. Et dans les premiers compliments de Salomé, Clara entend de la condescendance, ce qu’elle se reproche.
Elle a bien tort, ce sont deux alertes qu’elle est trop jeune, trop naïve pour voir.
Il n’y a rien de plus difficile à décrire la persécution psychologique et Agathe Chenevez a parfaitement dépeint pourquoi : le harceleur vient chercher en nous des faiblesses que nous sommes les seuls à ressentir. L’entourage ne comprend donc pas la réaction souvent disproportionnée à ce qui ne semble être que des remarques en passant. En revanche, la façon onirique dont Clara va fouiller dans son esprit et comprendre ses failles m’a laissée perplexe. J’aurais préféré quelque chose de plus ancré dans le réel.
L’autrice décrit parfaitement le vide abyssal de Salomé, obligée de le remplir en « volant » les autres, de leurs mots, de leurs talents et de leurs succès. Et bien sûr, sans éveiller de soupçons.
Et c’est ce qui m’a le plus glacée, et peut-être ce qu’il y a de pire : les gens que Clara aime se détournent d’elle. Comment est-ce possible de se détourner de sa propre fille ? Il y a là aussi un dysfonctionnement familial qui aurait pu être davantage développé.
Certes, Clara ne perd pas absolument tous ses soutiens, mais ceux qui restent sont mous, et plus que mous. À ce sujet, Salomé commet un acte clairement répréhensible. Ils ont vu et « t’inquiète, on a compris » est censé suffire à Clara (ou à n’importe quelle victime) ? Ils n’auraient pas pu se bouger un peu ?
Clara, la narratrice, met constamment en parallèle la pièce de Claudel, L’annonce faite à Marie et sa propre histoire. Elle décrit suffisamment l’œuvre pour que je puisse comprendre. Bonne nouvelle : vous n’aurez pas à la lire, il me reste de la lecture du Soulier de satin un souvenir… laborieux. Comment les deux récits se renvoient-ils l’un à l’autre ?
Clara et Salomé sont cousines, mais elles n’ont pas d’enfances partagées, elles n’ont pas grandi ensemble. Violaine et Mara sont sœurs. Le personnage de Mara peut être mis en parallèle avec Salomé parce qu’elles ont le même vide à combler ; c’est plus compliqué pour Violaine, en effet, elle aspire à la sainteté. Clara tente cependant de s’en inspirer, en puisant dans ses valeurs pour ne pas haïr Salomé et en refusant de jouer son jeu. Elle essaie en outre de la sauver, comme Violaine le fait avec le bébé de Mara. Avec succès ? Si vous connaissez un peu ce qu’est un pervers narcissique, ou la pièce de Claudel, vous avez la réponse.
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Le roman se déroule dans un endroit fermé, celui d’une troupe de théâtre et tout tourne autour de la pièce. Le monde pourrait s’écrouler que les comédiens continueraient de répéter. Cet environnement devrait pourtant être, comme l’espérait Clara, un lieu de créativité et d’émancipation. Et quand elle rentre chez elle, on ne lui parle que de ses mauvaises relations avec Salomé. Enfermement et impossibilité de fuir symbolisent bien le ressenti d’une personne harcelée.
Pascal
Le directeur de théâtre doit produire cette pièce, alors les états d’âme des acteurs… Il est peut-être une future victime, mais on n’en saura pas plus. Il ne voit sincèrement pas ce qui se passe.
Adeline
La sœur de Clara est un personnage, bien que peu développé, plus important qu’il n’y paraît. J’aurais aimé que l’auteur en parle davantage (tout comme la mère de Clara). Elle est trop jeune et trop naïve pour comprendre, malgré son affection pour sa sœur.
Pietro
Le metteur en scène est apprécié par Clara. Mais je me demande bien pourquoi. En effet, il est un des rares à comprendre, et pourtant reste passif. À aucun moment, il ne la défend. Il représente les personnes qui ont peur de dénoncer, par peur des représailles. Par conséquent, il ne fait que renforcer le pouvoir de Salomé.
J’ai détesté l’écriture. Paul Claudel ne faisait pas dans la légèreté. Ajoutez des scènes oniriques, des personnages qui parlent comme des livres et les interminables monologues de Clara sur son ressenti ou sur ses pensées, on obtient un style lourd. Peut-être y verrez-vous une plume poétique et travaillée, mais je suis passée à côté.
Incipit :
« C’est le sursaut d’une femme à qui l’on a tenté de prendre ce qu’elle avait en elle de plus fort, d’inextinguible. »
Citation :
« Assise dans mon lit, je pleure, lumières éteintes. Tout mon corps revit chaque fois qu’il s’est trouvé dans la même douleur à essorer. Incomprise. Pour ne pas faire de bruits, j’étouffe les sanglots dans mon oreiller. De quand datent les dernières fois où j’ai pleuré ainsi ? Où j’ai eu si mal ? Le nez dans un mouchoir, je laisse monter les souvenirs de mes chagrins passés. »
Je le vois bien figurer dans des listes de prix et même être lauréat parce qu’il me semble remplir beaucoup de conditions : le thème traité avec justesse, le parallèle pertinent avec une pièce de Claudel et une écriture très littéraire, que j’ai cependant trouvée lourde.
À lire si vous aimez les textes qui fouillent la psychologie et les zones grises. À éviter si vous cherchez une lecture fluide et légère.
| Univers narratif | 5.0/5 |
| Personnages | 3.5/5 |
| Intrigue | 4.0/5 |
| Écriture | 3.0/5 |
| Moyenne | 3.9/5 |
Lecture facile
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Éditeur : La Martinière
ISBN : 979-10-401-1819-0
Pages : 208
Date de parution : 29/08/2025

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