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Une pension en Italie de Philippe Besson

Avertissement : ne lisez pas cet article si vous ne voulez pas savoir ce qui s’est passé en Italie avant de lire le livre.
L’essentiel sur Une pension en Italie de Philippe Besson
Quel est le genre de ce livre ?
Autofiction/roman autobiographique
Quels sont les thèmes principaux ?
Quel est le niveau de lecture ?
Moyen : écriture fluide, mais narration morcelée
Quel est le nombre de pages ?
240
Pour qui est‑ce fait ?
- Pour les lecteurs déjà fans de Philippe Besson
- Pour les amateurs d’autofictions et de romans familiaux
À qui ne pas le recommander ?
- Aux lecteurs qui attendent une intrigue construite et des personnages secondaires développés
- À ceux qui cherchent un roman historique rigoureux sur l’homosexualité dans les années 1960
Philippe Besson enquête sur son propre grand-père, entre imagination et réalité. Dans Une pension en Italie, Paul, son grand-père, est magnifiquement incarné, dommage qu’il n’en soit pas de même pour Gaby et Suzanne, respectivement grand-mère et mère du narrateur. J’ai aussi trouvé que le contexte historique était juste effleuré alors qu’il aurait dû avoir plus d’importance dans la psychologie des personnages.
Livre numérique reçu des Éditions Julliard via NetGalley
De quoi parle Une pension en Italie ?
Philippe savait qu’il y avait un secret dans sa famille, sur son grand-père, Paul, jamais revenu de vacances en Italie en 1964. Deux ou trois ans, après la mort de sa grand-mère, il obtient de sa mère qu’elle lui dise le peu qu’elle en sait. Il accepte, lui aussi, de garder le silence, mais décide d’enquêter de son côté.
Ce que j’ai pensé du roman
La sensibilité de Philippe Besson n’est plus à démontrer, mais j’ai trouvé son empathie sélective, uniquement centrée sur son grand-père. Lorsque sa mère, quelques mois avant sa mort, lui murmure ; « cette histoire est la tienne autant que la mienne », il en déduit qu’elle l’autorise à l’écrire et même qu’elle le lui demande. Je n’ai pu m’empêcher de penser qu’il a compris ce qui l’arrangeait. D’autant plus que cette phrase est ambigüe, et elle le devient encore plus quand on avance dans la lecture. Elle aurait pu signifier : « après tout, tu as vécu la même histoire », mais Besson ne s’y arrête pas, et ce silence m’a laissée sur ma faim.
Il n’a pas creusé cette phrase, non plus qu’une autre, pourtant poignante : « Ils avaient attendu si longtemps que quelqu’un vienne. » Il y a une souffrance dans cette phrase et elle reste inexploitée.
Cette quête de l’auteur est donc un peu obsessionnelle. Malgré cela, j’ai trouvé le dénouement bouleversant et j’ai retrouvé la sensibilité que j’avais aimée dans « Arrête avec tes mensonges ».
Où acheter ?
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En Italie dans les années 1960
Vacances en Toscane
La mère de Paul était italienne, pays auquel il est attaché. En effet, il est professeur d’italien et connaît tout ou presque de la Toscane. Il y est chez lui, et ce n’est pas un hasard si c’est en Italie qu’il s’accepte tel qu’il est.
Ajoutez à ça, pour votre plaisir de lecteur, les paysages toscans, la douceur de vivre et le charme d’une pension des années 1960.
Le peu de cas du statut juridique de l’homosexualité dans les années 1960
Philippe Besson regarde l’histoire de son grand-père d’un point de vue contemporain, et ce n’est évidemment pas un reproche de ma part. Mais nous étions en 1964 et la situation des homosexuels était loin d’être simple.
Italie
En Italie, l’homosexualité était dépénalisée depuis 1899, mais la pression sociale et religieuse était présente. Les homosexuels étaient persécutés, parfois tués. Philippe Besson met en scène cette persécution. Mais, quand Sandro raconte son effroyable histoire à Paul, celui-ci ne fait pas le lien avec ce qu’il a vu en France ; il se demande si sa femme est aussi perspicace que la mère de Sandro, elle qui avait compris que son fils aimait les hommes. Et pourtant…
France
En 1964, l’homosexualité pouvait être punie de prison. Selon la chaîne LCP, plus de 10 000 personnes ont été condamnées pour homosexualité entre 1942 (rétablissement de la loi sous le régime de Vichy) et 1982 (dépénalisation) ; 90 % d’entre elles ont fait de la prison ferme. Là encore, cette situation est mise en scène, mais plus que sur le risque, Besson insiste sur la honte, la perversité ressentie par la majorité des contemporains.
La mise au ban des homosexuels de ces années-là démontre le courage de Paul et Sandro, mais ils ne sont pas les seuls à le subir. Que dire de la famille de Paul ?
Les figures du roman
Paul
Certes, Paul est parfaitement incarné. Mais quand Philippe Besson écrit « je vois l’histoire dont je suis l’héritier », j’ai plutôt l’impression qu’il s’est projeté dans l’histoire de son grand-père pour en faire une sorte de frère en homosexualité. Parce que, si tout est loin d’être réglé, la situation des homosexuels dans les années 1960 était encore bien plus effroyable.
Gaby
Gaby, l’épouse de Paul et grand-mère de l’auteur, une femme douce, selon lui, a interdit à ses filles de parler de ce qui s’est passé en Italie. Mais à la lumière du statut juridique de l’homosexualité de cette époque, aurait-elle pu agir autrement ? En effet, dans les années 1960, être séparée était une honte. Que dire alors d’être séparée d’un homme qui risque la prison pour son orientation sexuelle ? J’ai tendance à penser qu’elle a aussi terriblement souffert et qu’elle aurait mérité que le narrateur s’attarde davantage sur sa vie.
Gaby aussi détient un secret, vite expédiée. Dommage, il aurait pu être développé en miroir.
Suzanne
La fille de Paul et mère de l’auteur a vécu les évènements, à 18 ans, de plein fouet. A-t-elle découvert l’homosexualité de son père grâce à l’enquête de Philippe ou le savait-elle auparavant ? Ce n’est pas très clair.
Philippe Besson utilise ses souvenirs de façon astucieuse, Suzanne ne comprenant pas ce que le lecteur comprend parfaitement. Mais il expédie un peu vite ses sentiments : « Ma mère, elle, n’a pas voulu ou pas osé et elle a réussi à passer à autre chose. » Vraiment ? Mais qu’est-ce qu’il en sait ?
La plume de l’auteur
Fluide…
Incipit :
Longtemps dans ma famille, cette histoire a été tue.
Ça ne vous rappelle rien ?
… et sans aspérités, parfois convenues.
Citation :
Dès leur retour, en fin d’après-midi, Gaby s’empresse de raconter leur expédition, tandis que Suzanne et Colette, épuisées, ont filé dans leur chambre : « Le long de la route — tu aurais adoré —, il y avait des collines avec des tournesols à perte de vue, ça faisait comme des vagues jaunes. »
Mon avis en résumé
J’ai hésité à lire ce livre, sans doute parce que j’ai de plus en plus de mal à être surprise par Philippe Besson. Mais il se lit vite, rappelle qu’il faut rester vigilant et a un très joli dénouement.
Mes notes
| Univers narratif | 5.0/5 |
| Personnages | 3.0/5 |
| Intrigue | 3.0/5 |
| Écriture | 3.5/5 |
| Moyenne | 3.6/5 |
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Info-livre : Une pension en Italie de Philippe Besson

Éditeur : Julliard
ISBN : 978-2-260-05678-2
Date de parution : 08/01/2026

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