Les belles promesses de Pierre Lemaitre : une fin de saga décevante ?

En arrière-plan, une route à double voie passe au-dessous d'un pont. Au premier plan, la couverture du livre de Pierre Lemaitre, Les belles promesses.

L’essentiel sur Les belles promesses de Pierre Lemaitre

Quel est le genre de ce livre ?

Fresque sociale

Quels sont les thèmes principaux ?
  • Agriculture dans les années 1960
  • Construction du périphérique à Paris
Quel est le niveau de lecture ?

Facile : style fluide, un peu long

Quel est le nombre de pages ?

502

Pour qui est‑ce fait ?
  • Les lecteurs des 3 premiers volumes
À qui ne pas le recommander ?
  • À ceux qui prendraient la saga en route
Faut-il avoir lu les trois premiers tomes avant de lire « Les belles promesses » ?

Oui. En effet, ce dernier livre de la tétralogie Les années glorieuses clôt des trajectoires individuelles, qui sont commencées dès Le Grand Monde.

Quels sont les romans précédents ?

Les belles promesses de Pierre Lemaitre clôt la saga de la famille Pelletier sur une note décevante. Ce quatrième tome, situé dans la France des années 1960, peine à retrouver le mordant et l’ironie qui faisaient le sel des volumes précédents. Entre intrigues répétitives et personnages affadis, le roman s’essouffle aux portes du périphérique parisien. Pourquoi ce final manque-t-il autant de relief ? Voici mon avis sur ce livre que j’attendais avec impatience.

Sommaire

Quand Jean Pelletier devient un héros malgré lui

Alors que Jean, dit Bouboule, se rend à la réception pour un prix littéraire remis à son frère François, il passe devant un immeuble en flammes. Il entend des cris déchirants, et n’écoutant que son courage, sauve un bébé.

De son côté, François rumine. Il s’est réveillé en sursaut en pleine nuit, prenant conscience des étranges coïncidences qui entourent Jean, l’hypersensible.

Très loin de là, un jeune garçon rencontre un sanglier.

Une fresque sociale qui s’étire en vain

En dépit de la scène du sauvetage, aussi visuelle que bouleversante, les trois histoires principales s’étirent, s’étirent… et j’ai attendu en vain un enjeu dramatique.

  • Geneviève exploite l’héroïsme de son mari avec un journal de caniveau. Les intrigues sont répétitives et la tension ne monte jamais.
  • J’attendais la réponse à cette question : comment vont-ils apprendre que… et comment vont-ils réagir ? En lieu et place, on a François qui doute (il vient d’où ce doute brutal ?), enquête, ne doute plus, re-doute, re-enquête et re-ne-doute-plus. Pas ce que j’espérais, donc.
  • Le lien entre Manuel, le jeune garçon au sanglier et la famille Pelletier ne se fait qu’à la fin. J’ai malheureusement eu du mal à m’intéresser à la famille Ramos, une histoire aussi navrante que banale, sur fond de personnages naïfs et d’une Fédération agricole du genre requin, comme les grandes surfaces de nos jours. Le sanglier ? Une sous-intrigue inutile parce qu’elle tourne court. Si son rôle était de rendre Manuel attachant, de mon côté, c’est raté.

Et l’odieuse Geneviève alors ? On peut au moins compter sur elle pour nous hérisser les poils du bras ? Pas vraiment. Ses manigances sont molles, elle finit par s’en prendre au chat, seul moment, où j’ai craint quelque chose.

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Les lieux et l’époque du récit

Le récit se déroule lors de la construction du périphérique de Paris (1960-1973). Le patron des patrons, Baptiste Trajan-Perrin (dont les initiales sont un jeu de mots un peu lourd) a compris qu’il pourrait gagner beaucoup d’argent. Il convainc Bouboule de s’associer avec lui parce que « il l’aime bien ». Ses combines font le désespoir de Bouboule et l’admiration de Geneviève. Dans le genre, on a vu pire depuis. C’était un sujet intéressant, mais tellement moins creusé que le scandale des piastres (Le Grand Monde) ou la construction d’un barrage (Le silence et la colère).

Que sont devenus Jean et François Pelletier ?

Forcément, je m’étais attachée à Louis et Angèle. Mais leurs enfants et leurs petits-enfants sont beaucoup plus fades.

Bien sûr, Jean a une énorme faille que le lecteur connaît depuis le premier tome. Si j’ai trouvé son personnage crédible dans les tomes précédents, son évolution en sauveteur héroïque attentif aux autres m’a laissée perplexe.

Une plume fluide, mais amputée de son sarcasme habituel

Mais où est la plume si reconnaissable de Pierre Lemaitre ? Ses sarcasmes et son ironie ? Sa noirceur ? Et d’où ça sort cette phrase incompréhensible (p 468) : « il ne l’adorait pas, mais il l’aimait ? »

Le style est fluide, et le livre se lit vite…

Incipit :

« Du bas de la rue Lamarck, Jean s’arrêta et, levant la tête, regarda avec anxiété les deux volées du redoutable escalier qui monte en pente raide jusqu’à la rue Caulaincourt. »

… mais sans ces aspérités que je savourais.

Citation : p58

« On connaissait bien François Pelletier ici , il n’était pas rare qu’il y vienne faire une coupure dans sa journée d’écriture ; jusqu’à onze heures le matin, d’autorité, le garçon lui apportait un café, à partir de midi une bière et passé dix-huit heures un Martini. »

Mon avis en résumé

Une série qui s’est essoufflée. Ça arrive, dommage, mais les auteurs ne sont pas non plus des machines.

Ce que j’ai aimé

  • Les belles promesses clôt la saga de la famille Pelletier (une annonce irrésistible, même si c’est une déception).

Ce que j’ai regretté (mais peut-être pas vous)

  • Je n’ai pas retrouvé le style picaresque de Pierre Lemaitre

Mes notes

Univers narratif4.0/5
Personnages3.0/5
Intrigue3.0/5
Écriture3.0/5
Moyenne3.3/5
Consultez ma grille de notation détaillée pour mieux comprendre mes choix

À vous de jouer : Partagez votre avis !

Ce dernier tome vous a-t-il paru à la hauteur de la saga des Pelletier… ou avez-vous, vous aussi, senti un essoufflement ? Dites-le en commentaires.

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Info-livre : Les belles promesses de Pierre Lemaitre

Couverture du livre de Pierre Lemaitre, Les belles promesses

Éditeur : Calmann-Lévy
ISBN : 978-2-7021-9147-7
Date de parution : 06/01/2026

Photo de Catherine Perrin

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littéraire

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