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Ce qui reste de Bernhard Schlink : une leçon de transmission

L’essentiel sur Ce qui reste de Bernhard Schlink
Quel est le genre de ce livre ?
Roman de la finitude
Quels sont les thèmes principaux ?
- Fin de vie
- Transmission
- Secret
- Lien père et fils
Quel est le niveau de lecture ?
Moyen : le style est fluide, mais le thème peut repousser
Quel est le nombre de pages ?
208
Pour qui est‑ce fait ?
- Pour les admirateurs de Bernhard Schlink
- Ceux qui aiment les romans d’introspection
À qui ne pas le recommander ?
- Aux personnes traversant un deuil récent ou difficile
- À ceux qui cherchent une lecture légère
- Aux lecteurs de Bernhard Schlink qui attendent un sujet historique
Que reste-t-il de nous après notre mort ? C’est le thème du livre de Bernhard Schlink, Ce qui reste. Ce sujet peut repousser, de même que la façon de l’aborder parce que la réaction face à sa propre disparition est aussi intime que personnelle. Néanmoins, le talent de l’auteur est bien là, même s’il délaisse la question de la culpabilité allemande après la Deuxième Guerre mondiale. Lisez-le, si, comme moi, vous appréciez cet auteur.
Livre offert par les éditions Gallimard
Sommaire
Un des incontournables de 2026
Résumé de l’intrigue : six mois pour tout dire
Martin a emprunté l’escalier et pris un taxi. Il est obsédé par cette question : pourquoi a-t-il agi ainsi ? Pourquoi n’a-t-il pas pris l’ascenseur ? Pourquoi n’a-t-il pas rejoint son domicile à pied ? Petit à petit, ces questions laissent la place à d’autres : lui faudra-t-il désormais réfléchir à son emploi du temps ? Est-ce que ça sert à quelque chose ?
Martin vient de sortir d’un cabinet médical. Il n’a plus que 6 mois à vivre.
Mon avis sur Ce qui reste
Un protagoniste de 76 ans
Martin n’a plus que 6 mois à vivre, mais il a 76 ans. C’est un âge où les années que l’on a devant soi ont rétréci. Même si de belles années (on l’espère) se profilent encore, la mort se rapproche. J’ai donc été surprise de l’âge de Martin, mais aussi de sa vie tardive. Il est marié à une femme plus jeune que lui et ensemble, ils ont un petit garçon de six ans, David. Puis, j’ai compris que cette vie tardive permettait à l’auteur d’aborder deux sujets :
- Le bilan d’une vie
- Ce qu’il faut transmettre à sa femme et à son fils.
Martin ne s’attarde pas sur le bilan de sa vie, concluant qu’une vie, c’est une vie. Il est bien davantage préoccupé par ce qu’il doit laisser à son fils.
Ce sujet est beaucoup plus prenant que le premier. En effet, Martin doit, certes, envisager le bien-être d’Ulla et David après sa mort, leur laisser des biens matériels, mais ça ne suffit pas pour un petit garçon de six ans ; David grandira peut-être avec un beau-père, mais pas avec son père. Il y aura pour l’enfant ce qui reste de la vie de son père. Alors, Martin ne doit-il pas y ajouter quelque chose d’immatériel ? C’est en grande partie le sujet du livre.
En effet, Martin explore toutes les possibilités, que ce soit lui raconter une partie de sa vie, passer du temps avec lui ou même lui trouver un beau-père.
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Une structure en trois parties…
La première partie du roman m’a happée, puis j’ai trouvé que le récit commençait à tourner en rond. Par exemple, je n’ai pas vraiment compris en quoi la scène avec l’institutrice était importante, bien que la réaction de Martin soit on ne peut plus pertinente. En effet, cette scène a-t-elle un rapport avec la situation de Martin ? Il ne se serait pas impliqué s’il n’allait pas mourir ? Bref, j’étais un peu perdue.
La deuxième partie donne son élan au livre, Martin a compris que la clé réside dans l’intérêt qu’il porte aux autres. Malheureusement, c’est sur un doute qu’il s’ouvre. Ulla est peut-être infidèle. Ne soyez pas cynique (il s’attendait à quoi ?), c’est plus compliqué que cela n’en a l’air.
Et puis, il y a ce secret qui concerne le père d’Ulla : il l’a abandonnée quand elle était petite fille. Elle ne l’a jamais cherché. Martin doit-il résoudre le mystère avant sa mort ?
Enfin, la troisième partie, qui montre le déclin de Martin, est très émouvante. Et j’ai apprécié le moment où le livre se termine, parce que Martin est allé jusqu’au bout de ce qu’il voulait, un accomplissement. Paradoxalement, c’est dans cette dernière partie que j’ai ressenti l’amour de la vie, ainsi que l’amour, tout simplement.
… et des lieux différents
Le roman se déroule à Berlin, où Martin tourne en rond et où le lecteur étouffe. Ce n’est que quand il s’échappe de la ville qu’il reprend vie (et moi aussi), avec des objectifs clairs sur ce qu’il laissera, même s’il échoue parfois.
Et enfin, Martin passe ses derniers jours, entouré de sa famille, au bord de la mer baltique. À cet endroit, la vie foisonne, ce qui soutient Martin, qui veut être le plus longtemps possible présent pour les siens.
La plume de l’auteur
Le style de Bernard Schlink est sobre…
Incipit :
« Il ne prit pas l’ascenseur, mais l’escalier. Il descendit lentement, une marche après l’autre, un étage après l’autre, nota la blancheur des murs, le vert des chiffres indiquant l’étage à côté de l’ascenseur, le vert des portes. »
… mais il atteint toujours son but.
Citations :
« Je suis heureuse de votre visite de demain. Mais ce que nous ne nous sommes pas donné jusqu’ici, nous ne pouvons plus nous le donner maintenant. » Elle se tourna vers lui et l’embrassa. « Nous avons ce que nous avons. »
« Non, on ne pouvait pas tirer le bilan d’une vie. On faisait une chose, et une autre, et à la fin, ça donnait une vie. Rien de plus. »
Mon avis en résumé
Ce que j’ai aimé
- Le style de l’auteur, parfaitement adapté au thème
- La mort, oui, mais pas sans l’amour de la vie.
Ce que j’ai regretté (mais peut-être pas vous)
- Les réponses du roman n’atteignent pas une portée universelle
Mes notes
| Univers narratif | 4.0/5 |
| Personnages | 4.0/5 |
| Intrigue | 3.5/5 |
| Écriture | 4.5/5 |
| Moyenne | 4.0/5 |
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Info-livre : Ce qui reste de Bernhard Schlink

Traducteur : Bernard Lortholary
Éditeur : Gallimard
ISBN : 978-2-07-306063-1
Date de parution : 05/03/2026

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littéraire
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