Dans le fossé — Sladjana Nina Perković

En arrière-plan, un cadre avec un ruban de deuil, portrait de femme et au premier plan, la couverture du livre de sladjana Nina Perkovic, Dans le fossé
Les enterrements ne se font pas dans la demi-mesure en Bosnie-Herzégovine 

Un roman absurde sur la famille, ça vous tente ? Moi, j’ai embarqué dans Dans le fossé de Sladjana Nina Perković, un road trip d’enterrement en Bosnie-Herzégovine, où l’humour noir côtoie les non-dits familiaux. Si vous aimez les histoires déjantées, les personnages hauts en couleur et les récits qui déroutent autant qu’ils amusent, suivez-moi dans ce drôle de cortège.

Sommaire

Comment débute le livre ?

La narratrice n’aime qu’une seule chose : rester sous la couette et regarder une série policière (Derrick, si possible) à la télévision, du moins quand sa mère la laisse tranquille. Et justement, la voilà qui débarque, pile au moment où le célèbre inspecteur découvre le coupable. La jeune fille a beau essayer de se tortiller dans tous les sens, le nom du criminel lui échappe.

Ne pensez pas que sa mère a débarqué juste pour l’embêter, non, elle lui annonce que sa tante Stana s’est étouffée avec un morceau de poulet et que l’enterrement a lieu demain. Elle fouille dans les placards de sa fille pour trouver une tenue appropriée à des funérailles.

Et voilà notre héroïne embarquée dans la Golf déglinguée du cousin Stojan (pas mal déglingué lui aussi), en route pour le village familial. Avec un peu de chance, elle reviendra à temps pour la rediffusion de l’épisode raté. Mais les protagonistes qui ont de la chance ne captivent pas le lecteur. Alors…

Qu’en ai-je pensé ?

J’ai aimé la première partie et j’ai éclaté de rire à certains passages. En effet, les enterrements ne se font pas dans la demi-mesure en Bosnie-Herzégovine : pleureuses, manifestations exacerbées de chagrin, repas bien arrosés, de quoi laisser toute liberté à l’autrice pour nous faire rire noir.

En revanche, j’ai commencé à m’ennuyer dans la deuxième partie. Alors que la comédie burlesque battait son plein, un évènement comico-tragique (entendez ni comique ni tragique) fait basculer le livre dans la satire sociale ; histoire de nous entraîner dans les hôpitaux et les commissariats de police (dans leurs toilettes aussi).

La satire sociale se veut amusante, mais elle m’a laissée de côté. Les médecins aussi débordés qu’épuisés et les bureaux enfumés de commissaire de police n’ont plus rien d’attractif en littérature, trop peu surprenants.

Puis, changement de nouveau, et je me suis retrouvée dans des chapitres où je n’ai pas très bien su s’ils étaient oniriques, fantastiques ou purement fantasmés. En effet, la narratrice, rêve, se réveille, mais non, elle est toujours endormie, et quand elle se réveille pour de bon, c’est pour voir quelque chose d’effrayant. Elle se réfugie dans la cuisine, un couteau à la main et… s’endort. La suite sombre dans le fantastique. Et pour finir, l’autrice nous plante là, avec une découverte qui aurait mérité quelques explications. Elle dort ? Elle est éveillée ?

Envie de le lire ?

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Quels sont les thèmes ?

  • Bosnie
  • Road trip familial
  • Humour noir
  • Relations familiales
  • Traditions funéraires
  • Relations mère fille

Où et quand ?

Le roman se déroule en Bosnie après la guerre de l’ex-Yougoslavie qui reste en arrière-plan.

Qui sont les personnages ?

Ils sont caricaturaux, mais c’est un peu la loi du genre. La tante Mileva se mêle de tout jusqu’au bout, de même, la Popesse reste insaisissable et le veuf reste inconsolé. J’aurais pourtant aimé que de l’inattendu surgisse à leur propos, mais ça n’a jamais été le cas.

La mère de la narratrice
Elle est brouillée avec tout le monde (pour des raisons aussi essentielles que des reproches sur l’assaisonnement de la salade). Elle voudrait néanmoins bien savoir ce qui va se dire à l’enterrement parce qu’il y a un enjeu financier, mais trop peu exploité.

Mimi
La cousine de la narratrice est à son opposé ; ravissante, vêtue avec goût, elle réussit sa vie professionnelle. J’aurais aimé que cette opposition soit mieux exploitée.

Comment est-ce écrit ?

L’écriture a la légèreté des romans humoristiques et le livre se lit rapidement.

Incipit :

« Si j’étais, par le plus grand des hasards, née aux États-Unis, je leur ferais à tous un doigt d’honneur, j’enfourcherais ma moto, et je m’élancerais vers le soleil couchant, sur une route s’étirant en une infinie ligne droite. »

Citation :

« … j’attrapai la ceinture de sécurité, ce qui acheva de vexer le cousin Stojan.
— Qu’est-ce qu’il y a ? Tu crois que je ne sais pas conduire ? tonna-t-il en levant le nez, avant de balayer le problème du revers de la main. De toute façon, tu ne peux pas t’attacher, cette connerie de ceinture est bloquée depuis un siècle. »

Mon avis en résumé

Un premier contact avec la littérature bosnienne qui a attisé ma curiosité grâce à la découverte d’une vie quotidienne, même déjantée.

Ce que j’ai aimé

  • L’humour noir
  • La vie en Bosnie

Ce que j’ai regretté (mais peut-être pas vous)

  • J’aurais aimé que le livre continue sur le ton de la première partie

Mes notes

Univers narratif4.0/5
Personnages3.0/5
Intrigue3.0/5
Écriture4.0/5
Humour3.5/5
Moyenne3.5/5
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Lecture facile

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Info-livre : Dans le fossé par Sladjana Nina Perković

Couverture du livre de Sladjana Nina Perković, Dans le fossé

Éditeur : Za poche
ISBN : 979-10-387-0329-2
Pages : 256
Date de parution : 09/01/2025

Photo de Catherine Perrin

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littéraire

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