En arrière-plan, un professeur menace un élève d'une baguette et au premier plan, la couverture du livre de  Gong Ji-young, Les enfants du silence
Inspiré de l’affaire Gwangju Inhwa

Si vous êtes sensible aux dénonciations d’évènements monstrueux, lisez Les enfants du silence de Gong Ji-young. Les actes touchent des enfants handicapés. Le roman est inspiré de faits qui se sont produits à l’école de Gwangju Inhwa, au Sud de Séoul (Corée du Sud).

Avertissement de contenu : viols d’enfants, violence.

Sommaire

Comment débute le livre ?

Kang Inho quitte Séoul pour la ville de Mujin. En effet, il a été recruté pour un poste d’enseignant dans une école privée pour handicapés, l’école Ja ae. Son arrivée dans un brouillard à couper au couteau n’augure rien de bon, pas plus que l’accueil du directeur ou de ses collègues. Il ne tarde pas à comprendre que l’éducation n’est pas la priorité, ce serait plutôt une garderie. Oui, mais très vite, il apprend la mort du petit frère d’un de ses élèves. Et il y a aussi, viols, tortures…

Qu’en ai-je pensé ?

Les faits sont épouvantables, mais l’auteur parvient à tenir l’émotion à distance. Merci à elle parce que les émotions laissent la place à la réflexion, à l’indignation et à l’envie d’en savoir plus. En revanche, une question plane tout au long du livre : quels choix faire face aux conséquences d’une telle dénonciation qui nous renvoient aux sorts des lanceurs d’alerte ?

« Le roman coup de poing qui a changé la loi coréenne sur la répression des violences sexuelles sur les mineurs handicapés ».

J’aurais aimé qu’il y ait plus d’information sur l’affaire qui a inspiré Gong Ji-young. Je suis donc allée les chercher.

L’affaire Gwangju Inhwa

Comme dans le roman, c’est un nouvel enseignant, arrivé à l’école Gwangju Inhwa en 2005 qui dénonce d’abord les faits. Le premier procès est une parodie de procès, mais l’histoire attire l’attention d’une petite chaine de télévision. Gong Ji-young publie son livre en 2009. Un film en est tiré en 2011 Silenced en anglais, Dogani en coréen. C’est le scandale.

L’école a fermé ses portes en 2011. Depuis, il n’y a plus de prescription en Corée du Sud pour les abus sexuels sur des enfants de moins de 13 ans et sur les femmes en situation de handicap. Les criminels encourent la prison à vie.

Source : Youcrime L’école Inhwa de Gwangju : La terrible histoire qui a inspiré le film Silenced

Capture d'écran d'une vidéo de la chaine Youcrime, L’école Inhwa de Gwangju : La terrible histoire qui a inspiré le film Silenced
Cliquez sur l’image pour regarder la vidéo complète

En conclusion, c’est un livre qui a fait bouger les lignes et qui ne peut donc être noté comme une œuvre littéraire habituelle.

Quels sont les thèmes ?

Envie de le lire ?

Les boutons visibles dans l’article sont des liens affiliés. Si vous cliquez dessus pour acheter un livre, je touche une petite commission — sans coût supplémentaire pour vous. Cela m’aide à faire vivre ce blog tout en vous proposant des lectures choisies avec soin. Merci pour votre soutien !

Voir le comparatif de mes partenaires

Où et quand ?

En Corée du Sud, sans doute après la crise de 2008. L’école est parfaitement décrite. L’autrice a situé l’établissement pour handicapés dans une ville imaginaire, Mujin. Il s’agit d’une référence à un livre de Kim Seunggok, dont je n’ai jamais entendu parler. Mais cette histoire aurait pu se dérouler n’importe où et nous n’avons pas vraiment de leçons à donner (Danse avec tes chaines).

Qui sont les personnages ?

Ils ne sont pas vraiment caractérisés, Gong Ji-young s’est plutôt concentrée sur les faits et le message qu’elle souhaitait faire passer.

Kang Inho
Marié, il a une petite fille Saemi. Très vite, sa femme s’indigne qu’il fasse passer les enfants de l’école Ja ae, avant sa propre famille. Il se révèle aussi être le maillon faible de l’équipe qui prend la défense des enfants.

Seo Yu-jin
Elle a fait les mêmes études qu’Inho. Elle lui a trouvé un appartement à Mujin. En tant que directrice du Centre pour les droits humains à Mujin, c’est elle qui conduit la défense des enfants.

Les autres enseignants de l’école Ja-ae
Ils sont des monstres. Mais ils sont aussi des membres respectés de leur communauté, ce qui va leur prodiguer une grande force pour se défendre. C’est ce qui donne de la tension au récit.

Comment est-ce écrit ?

Franchement pas top, phrases alambiquées et erreur dans les pronoms. Mais encore une fois, ce n’est pas de ce point de vue qu’il faut juger le livre.

Incipit :

« Alors que Kang Inho quitte Séoul, sa voiture chargée de quelques cartons de déménagement, la brume de mer commence à envahir la ville de Mujin. Issu de l’océan, ce gigantesque animal blanc avançant à grandes enjambées foule le continent de ses pieds couverts de poils minuscules et humides. »

Citation :

« Inho ressentirait presque la peine qui doit être le lot quotidien des sourds tant sa poitrine le lance. »

Mon avis en résumé

Ce que j’ai aimé

  • Le thème

Ce que j’ai regretté, mais peut-être pas vous

  • Le manque de référence sur l’affaire qui est à l’origine du roman (préface ou postface).
  • L’écriture

Ma note

Parce que c’est un livre qui a changé les choses : 5/5

À vous de jouer : Partagez votre avis !

Vous l’avez lu ? Donnez-moi votre avis en commentaires. Pensez à activer la cloche qui se situe avant le bouton Publier le commentaire pour recevoir un mail avec les réponses à votre commentaire.

Voir le comparatif de mes partenaires

D’autre livre sur les enfants maltraités par les institutions

Nickel Boys
Colson Whitehead

En arrière plan, une carte postale représentant la Dozier School, au premier plan, la couverture du livre de Colson Whitehead, Nickel Boys
En arrière-plan, la Dozier School for boys (carte postale)

La révolte des filles perdues
Dorothée Janin

Un arbre généalogique en arrière-plan, la couverture du livre de Dorothée Janin, La révolte des filles perdues au premier plan.
1947, une période méconnue

Info-livre : Les enfants du silence par Gong Ji-young

Couverture du livre de Gong Ji-young, Les enfants du silence

Editeur : Picquier poche
ISBN : 978-2-8097-1634-4
Pages : 352
Date de parution : 12/05/2023

Photo de Catherine Perrin

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littéraire

Je donne mon avis, bien sûr, mais surtout des repères pour vous aider à savoir si un livre est fait pour vous.
Un mot, une image, un lien… rejoignez-moi là où on parle lecture :

Envie d’encore plus de lecture ? Rejoignez les 700 abonnés de la newsletter gratuite Dequoilire et recevez votre carnet de lecture : 10 livres coup de poing.

En savoir plus sur l’utilisation des données

S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires