« L’homme sous l’orage » de Gaëlle Nohant

En arrière-plan, des soldats et au premier plan, la couverture du livre de Gaëlle Nohant, L'homme sous l'orage
Une impression de déjà-lu 

Découvrez ma critique du roman L’homme sous l’orage de Gaëlle Nohant : si la plume de Gaëlle Nohant m’a séduite, le manque de profondeur des thèmes m’a laissé sur ma faim.

Sommaire

Les thèmes clés abordés dans « L’homme sous l’orage »

  • Première Guerre mondiale
  • Les femmes qui ont pris la relève des hommes
  • Désertion en temps de guerre
  • Histoire d’amour
  • Relations mère-fille

L’intrigue de L’homme sous l’orage : Rosalie et le déserteur

Rosalie s’ennuie en jouant à la crapette avec sa mère et la dame de compagnie quand on sonne à la porte. Elle se glisse pour écouter la conversation entre sa mère et l’inconnu qui est chassé sans ménagement. Elle comprend que l’homme est un déserteur, mais qu’il a été un familier de sa mère.

Plus tard, dans la nuit, elle voit l’inconnu dormant, recroquevillé sur le sol. Que va-t-elle faire ? Le cacher, bien sûr.

Mon avis : Pourquoi le roman manque-t-il de profondeur ?

Voilà un début qui est prometteur. Hélas, ensuite, il ne se passe pas grand-chose dans le livre et il manque dans l’ensemble de profondeur. Je me suis donc ennuyée, avec une impression de déjà-lu : les hôpitaux à l’arrière et les souffrances des soldats, les femmes qui prennent la relève des hommes ou encore le sort affreux réservé aux déserteurs.

Tous ces thèmes sont survolés (je vous propose à la fin de l’article des romans qui abordent avec plus de précision ces sujets). J’aurais aimé que l’autrice creuse davantage le sort des femmes après la guerre. En effet, elles ont été renvoyées à leur cuisine, leur broderie et leurs bonnes œuvres. C’est ce qui arrive à Isaure, mais c’est un très court passage, comme si ce n’était pas si important, en fin de compte.

J’ai enfin atteint la dernière partie où Gaëlle Nohant nous fait partager les émotions des personnages face aux deuils inévitables de la guerre. Émotions bienvenues alors que les trop fameux bruits de bottes se rapprochent. Mais les interrogations de Rosalie arrivent bien tard dans le livre ; se pose la question de la crédibilité de l’histoire.

En y réfléchissant plus avant, pourquoi est-ce que cette histoire n’aurait pas pu se passer ? Il me manque pourtant une raison de croire qu’une jeune fille de bonne famille, dont le père et le frère sont au front, puisse héberger un déserteur chassé par sa mère.

En revanche, je n’ai pas vraiment cru au dénouement réconfortant, certes, mais qui m’a paru irréaliste. N’hésitez pas à me dire en commentaires si vous vous attendiez à une telle fin.

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1917 près de Perpignan : l’époque et le lieu du récit

La famille de Rosalie possède des vignes et c’est Isaure qui reprend, avec autorité, l’exploitation viticole pendant que son mari est au front.

Les personnages de « L’homme sous l’orage »

Une des raisons de mon avis mitigé sur ce roman est le peu de profondeur des personnages principaux.

Profondeur des personnages : Rosalie et Théodore

Théodore
J’ai attendu longtemps l’explication de l’acte de désertion de Théodore, qui m’a paru trop proche de nos valeurs contemporaines. En effet, cette quête de sens et le refus de l’absurdité sont des préoccupations très actuelles. Pour un soldat de la Première Guerre mondiale, il aurait été plus probable et crédible qu’il ait fui l’horreur et la boucherie des combats, et ce, malgré la puissance de la propagande et la pression sociale qui glorifiaient le fait de « donner sa vie pour la Patrie ».

Rosalie
Concernant Rosalie, le choix d’héberger un déserteur manque cruellement de motivation. Il est difficile de croire qu’une jeune fille de bonne famille, soumise à une pression sociale écrasante (son père et son frère sont au front), puisse prendre un risque aussi monumental pour elle et pour sa famille. L’autrice invoque une mère distante, mais cette explication psychologique est trop légère pour justifier une rébellion aussi radicale. Ce manque de motivation profonde chez l’héroïne m’a tenue à distance de son histoire.

Des personnages secondaires plus étoffés : Marthe et Isaure

Marthe
En réalité, la bonne s’appelle Marceline, mais les patrons appelaient bien leurs employés comme ils le souhaitaient. Le garçon qu’elle aimait est mort bien avant le début de l’histoire. Elle veut sortir de sa condition, à n’importe quel prix, rien d’étonnant, alors, si elle affiche indifférence et dureté.

Isaure
La vie d’Isaure est certainement la plus détaillée, même si les évènements ne sont qu’effleurés. J’aurais aimé que ce soit elle le principal personnage du livre.

Le style de Gaëlle Nohant : une plume fluide qui suscite l’émotion

J’aime particulièrement l’écriture fluide de Gaëlle Nohant.

Incipit :

« À toi de jouer, Rosalie, lui dit sa mère.
Elle lève la tête, scrute les ténèbres. Deux jours qu’il pleut sans discontinuer. Et pour toute distraction, une partie de crapette. Elle grelotte, malgré le feu que la bonne vient de ranimer dans l’âtre. »

Et sa capacité à susciter l’émotion

Citation :

« … On est sacrément fier de lui, il a été cité deux fois à l’ordre de l’armée.
Dites-le-lui, répond Isaure. Ils ont besoin de l’entendre. Je ne l’ai pas assez dit au mien.
Où se bat-il votre garçon ?
Dans l’Aisne murmure-t-elle, il a été tué il y a quelques jours. »

En résumé : mon bilan de lecture et la note finale

Malgré la capacité de Gaëlle Nohant à susciter l’émotion, je n’ai pas retrouvé ce qui m’avait plu dans Le bureau d’éclaircissement des destins et dans une moindre mesure dans La part des flammes. C’est un livre plutôt fade, sans énergie et qui ne m’a pas apporté grand-chose.

Univers narratif3.0/5
Personnages3.0/5
Intrigue3.0/5
Écriture4.0/5
Moyenne3.3/5
Découvrez mon système de notation complet ici

Lecture assez facile

Et vous ?

Partagez votre avis sur « L’homme sous l’orage » en commentaires.

Quels autres romans lire sur la Première Guerre mondiale et la désertion ?

Comme promis, si vous avez trouvé que certains thèmes (l’horreur des tranchées, le sort des déserteurs, ou l’émancipation des femmes) étaient survolés dans L’homme sous l’orage, voici une sélection de romans qui abordent ces sujets avec plus de précision et de profondeur.

L’horreur des tranchées

Le feu
Henri Barbusse

A l'arrière-plan, des soldats et un char, au premier plan, la couverture du livre d'Henri Barbusse, Le feu
Témoignages et réalisme

La désertion et la justice militaire

Un long dimanche de fiançailles — Sébastien Japrisot

En arrière-plan, un casque de soldat et au premier plan, la couverture du livre de Sébastien Japrisot, Un long dimanche de fiançailles
Actes révolte

Les femmes et l’arrière

Les sans-gloire
Laure Gombault

A l'arrière-plan, des femmes labourent un champ (1917) et au premier plan, la couverture du livre de Laure Gombault, Les sans-gloire
Les femmes et l’arrière

Info-livre : L’homme sous l’orage de Gaëlle Nohant

Couverture du livre de Gaëlle Nohant, L'homme sous l'orage

Éditeur : Iconoclaste (l’)
ISBN : 978-2-37880-504-3
Pages : 352
Date de parution : 21/08/2025

Photo de Catherine Perrin

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