Un coup de cƓur pour ce livre de Robert McLiam Wilson, Eureka Street qui Ă©voque le conflit irlandais. Tout ce que j’aime est dans ce roman, un univers narratif bien dĂ©crit et des personnages approfondis. De plus, humour et lĂ©gĂšretĂ© rĂ©pondent aux drames et au cynisme.

Une bombe en arriĂšre-plan et au premier plan, la couverture du livre de  Robert McLiam Wilson , Eureka Street
Il faut pourtant continuer de vivre.

Que se passe-t-il ?

Juste avant que le processus de paix ne commence en Irlande du Nord, une bande de copains trentenaires, des catholiques et des protestants, se rĂ©signent Ă  leur quotidien. Des bombes Ă©clatent pourtant. Et Robert McLiam Wilson dĂ©peint une saisissante scĂšne d’attentat.

Il faut pourtant continuer de vivre, mĂȘme si un proche est en Ă©tat de choc pour avoir vu des images qu’on ne devrait jamais voir. Des gens ordinaires, pas impliquĂ©s dans la guerre, doivent toutefois la subir. Une fois le processus de paix enclenchĂ©, les personnages resteront aussi sceptiques, voire cyniques, qu’avant.

Des sigles apparaissent sur les murs, je n’en connais aucun (hormis l’IRA). Un mystĂ©rieux sigle surgit, OTG. Que veut-il dire ? ReprĂ©sente-t-il un espoir ? Personne n’y croit vraiment, mais tout le monde est intriguĂ©.

Qu’ai-je pensĂ© d’Eureka Street ?

Nous sommes loin du romantisme d’une guerre juste, loin aussi de ce que diffusent les tĂ©lĂ©visions Ă©trangĂšres :

« Un touriste français, qui s’était trouvĂ© plus prĂšs de Castle Street que de la bombe proprement dite, mais qui avait malgrĂ© tout eu une trouille bleue, se demandait mĂȘme Ă  part lui pourquoi ceux qui dĂ©siraient voir les Britanniques laisser les Irlandais en paix s’étaient ainsi manifestĂ©s en tuant des Irlandais. Mais c’était un Français. »

Eureka Street ne donne aucun sens Ă  cette guerre. Y a-t-il seulement un sens Ă  une guerre ? L’auteur dĂ©molit les uns et les autres, le monde des affaires, les AmĂ©ricains qui ne s’intĂ©ressent pas Ă  ce qui se passe ailleurs et surtout les politiciens de tout bord. Ce qui pourrait ĂȘtre dĂ©sespĂ©rant si Robert McLiam Wilson n’ajoutait des notes de lĂ©gĂšretĂ© et d’humour.

Envie de le lire ?

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Quels sont les thùmes ?

OĂč et quand ?

Eureka Street se dĂ©roule en Irlande du Nord dans les annĂ©es 1990, pendant la guerre civile. Beaucoup de scĂšnes se dĂ©roulent dans des bars oĂč la bande d’amis Ă©cluse des biĂšres et refont le monde Ă  leur façon.

Qui sont les personnages ?

Ils sont surprenants, incroyablement attachants, et pourtant


Jake Jackson
Il est catholique et tout juste sĂ©parĂ© de Sarah, une journaliste anglaise qui n’en pouvait plus d’assister Ă  la violence pour rĂ©diger des articles. La grande affaire de Jake, c’est l’amour. HĂ©las, il a beaucoup de mal Ă  sĂ©duire.

Lorsqu’on fait sa connaissance, il accomplit un travail qui ne lui convient pas : reprendre des objets achetĂ©s et pas entiĂšrement payĂ©s. Une occasion pour l’auteur de dĂ©crire la misĂšre de certains quartiers. Comme avec les femmes, il peine Ă  conserver un emploi, malgrĂ©, ou Ă  cause de ses diplĂŽmes.

Ses relations avec son chat sont ambiguës et drÎles. Finalement, les deux se ressemblent un peu trop.

Chuckie Lurgan
Il est protestant. Laid et adipeux, Chuckie a des talents pour l’escroquerie qui l’étonnent lui-mĂȘme. Sa grande affaire Ă  lui c’est d’abord la cĂ©lĂ©britĂ©, puis la richesse, qui vont plus ou moins ensemble dans sa tĂȘte. Il a assistĂ© Ă  une messe pour croiser le pape et lui serrer la main. C’est dire.

TrĂšs vite, il rencontre et sĂ©duit une jolie AmĂ©ricaine, Max. Ça va durer cette histoire ?

Aoirghe
Il fallait bien quelqu’un d’impliquĂ© dans ce conflit et c’est elle. Chuckie s’en fiche, il n’a d’yeux que pour Max, mais Jake ne peut pas la supporter, elle est Ă  l’opposĂ© de tout ce Ă  quoi il croit.

Comment est-ce Ă©crit ?

Incipit :

« Toutes les histoires sont des histoires d’amour
C’était un vendredi en fin de soirĂ©e, il y a six mois, six mois que Sarah Ă©tait partie. Dans un bar, je bavardais avec une serveuse nommĂ©e Marie. Elle avait les cheveux courts, un cul trĂšs rebondi et les yeux d’une enfance malheureuse. Je la connaissais depuis trois heures et j’avais dĂ©jĂ  un blues Ă  fendre l’ñme. »

Citation :

« Il avait eu deux options, deux plans pour trouver les sommes initiales si indispensables pour se lancer dans la carriĂšre capitalistique :
Le premier plan avait consisté à demander cet argent à Long
Le second plan avait consistĂ© Ă  chercher un autre plan. »

Mon avis en résumé

Ce que j’ai aimĂ© :

  • Les personnages
  • Le contraste entre humour, lĂ©gĂšretĂ© d’un cĂŽtĂ© et le cynisme de l’autre
  • La vie quotidienne pendant le conflit

Mes notes

Univers narratif5.0/5
Personnages5.0/5
Intrigue5.0/5
Écriture5.0/5
Moyenne5.0/5
Plus de détails sur le systÚme de notation

Lecture exigeante

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Info-livre : Eureka Street par Robert McLiam Wilson

Littérature irlandaise

Couverture du livre de Robert McLiam Wilson, Eureka Street

Editeur : Babel
ISBN : 978-2-330-16849-0
Pages : 496
Date de parution : 14/09/2022

Photo de Catherine Perrin

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littĂ©raire

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