La fin du voyage d’Arnaldur Indridason : mon avis sur ce chef-d’œuvre historique

En arrière-plan une carte de l'Islande, un cahier et une plume. Au premier plan, la couverture du livre d'Arnaldur Indridason, La fin du voyage

Sommaire

Arnaldur Indridason délaisse ses célèbres enquêteurs pour signer « La fin du voyage », un roman historique crépusculaire qui nous plonge dans l’intimité de Jónas Hallgrímsson, le poète national islandais. À travers une narration exigeante et une plume d’une grande finesse, l’auteur nous transporte entre le Copenhague de 1845 et les paysages âpres d’une Islande sous domination danoise.

Service Presse — Livre numérique offert par les éditions Métailié via NetGalley

L’essentiel sur La fin du voyage d’Arnaldur Indridason

Quel est le genre de ce livre ?

Roman historique islandais/biographie romancée

Quels sont les thèmes principaux ?
  • Les derniers jours du poète Jónas Hallgrímsson
  • Poésie
  • La vie en Islande au XIXe siècle
  • Disparition mystérieuse
Quel est le niveau de lecture ?

Exigeant : écriture non linéaire, histoire méconnue de l’Islande

Quel est le nombre de pages ?

251

Pour qui est‑ce fait ?
  • Les amoureux de l’Islande et de son histoire.
  • Les lecteurs qui aiment la poésie et la mélancolie.
  • Les fans d’Indridason qui veulent découvrir une autre facette.
À qui ne pas le recommander ?
  • Aux lecteurs qui cherchent un thriller nerveux à « suspense » constant.
  • À ceux qui sont allergiques aux récits non linéaires (flashbacks).

L’intrigue : entre quête poétique et disparition mystérieuse

Une chute malencontreuse

À Copenhague, tard dans la nuit, en rentrant du bar où il a trop bu, Jónas est tombé dans l’escalier et s’est fait une fracture ouverte. Parce qu’il ne veut pas déranger ses voisins, il se traîne dans sa chambre misérable pour y attendre le jour. Malgré la souffrance, il est préoccupé : a-t-il bien fait de publier le poème où il évoque son amour brisé avec Thóra, en avait-il le droit ? La jeune femme n’en sera-t-elle pas blessée ?

Le mystère de Keli : un fil rouge captivant

En Islande, des années auparavant, alors qu’il revenait de l’école de Bessastadir et qu’il venait de se séparer de Thóra et de son père, il était tombé sur trois hommes, un ouvrier et les frères de Keli, partis à sa recherche. Une disparition qui va marquer son été. Le mystère n’est pas éclairci et des bruits commencent à se répandre.

Un voyage mélancolique au cœur de l’Islande du XIXe siècle

Vous connaissiez Arnaldur Indridason, auteur de polars noirs, avec les personnages d’Erlandur ou de Konrad. Il est aussi un romancier historique (Le roi et l’horloger). Et si vous aimez l’Islande, vous ne pouvez passer à côté de ces livres.

Il décrit la vie quotidienne

La vie était rude et les habitants étaient probablement peu sensibles à la beauté des paysages. Difficile quand on est préoccupé par la quantité de nourriture : permettra-t-elle de faire la jonction jusqu’aux prochaines récoltes ? Parce qu’ils ne peuvent pas nourrir tous leurs enfants, certains sont placés dans d’autres fermes où ils sont nourris en échange de menus travaux.

Et c’était le cas pour Keli, ses parents l’ont placé chez une famille voisine. De même que Jónas Hallgrímsson à l’âge de neuf ans, après la mort de son père.

Il parle de l’Islande sous domination danoise

Si les paysans islandais de La fin du voyage semblent peu préoccupés par la domination danoise, il n’en est pas de même pour les intellectuels. C’est ironique pourtant, faute d’universités, ils doivent faire leurs études au Danemark et Jónas y vit au moment de sa chute. En effet, c’est tout le paradoxe de cette génération : forger l’identité nationale islandaise depuis le cœur même de la puissance coloniale, Copenhague.

Il évoque l’hôpital

Il y parle scalpels, vitesse d’opération pour une amputation (sans anesthésie bien sûr) et, malgré la gentillesse d’une infirmière, j’ai trouvé ça terrifiant. En tout cas bien plus terrifiant qu’Holly de Stephen King que je viens d’abandonner parce que je ne croyais ni aux affreux ni à l’enquêtrice.

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La solitude du poète face à son destin

Qui était le véritable Jónas Hallgrímsson, le héros du livre ?

Jónas Hallgrímsson

Né en 1807 à Hraun dans l’Öxnadalur, il était poète, naturaliste, et a tenté d’éveiller le nationalisme des Islandais. C’est sa vie romancée, et plus particulièrement ses derniers jours, après sa chute dans l’escalier, qu’Arnaldur Indridason imagine.

La fin du voyage

Le titre du livre est aussi le titre du plus célèbre poème de Jónas Hallgrímsson, Ferðalok. Il l’a dédié, comme dans le livre, à son amour perdu, Þóra Gunnarsdóttir. Source : Université du Wisconsin (en anglais)

Grâce au traducteur, Éric Boury, vous en aurez un superbe aperçu :

« Les étendues des cieux
séparent les corps célestes,
la crête le versant de l’a-pic,
l’éternité elle-même,
ne saurait désunir,
deux cœurs jadis épris. »

La plume d’Arnaldur Indridason

Elle est classique…

Incipit :

« Les premiers feux du jour apparaissaient enfin à la lucarne. La ville s’éveillait. Le bringuebalement d’une charrette résonnait dans la rue Sankt Peterstræde, elle venait sans doute livrer la bière dans les tavernes ».

… et comme toujours élégiaque et crépusculaire.

Citation :

« Le soleil avait décliné dans le ciel avant de disparaître derrière l’Aiguille de lave de Hraundrangi, plongeant la campagne environnante dans l’ombre. Jónas avait dévalé le versant de Bakkasel, il avait dit adieu à la jeune fille qu’il aimait, à son père et à ceux qui les accompagnaient, et s’était retrouvé seul avec sa tristesse. »

Éric Boury, que vous connaissez bien pour ses traductions d’Auður Ava Ólafsdóttir, réussit une nouvelle fois à retranscrire toutes les dimensions de la langue islandaise.

Mon avis en résumé

Ce que j’ai aimé

  • Une biographie romancée du poète Jónas Hallgrímsson
  • La description de la vie quotidienne en Islande et de son âpreté
  • L’écriture de l’auteur et la superbe traduction d’Éric Boury

Mes notes

Univers narratif5.0/5
Personnages5.0/5
Intrigue4.0/5
Écriture5.0/5
Moyenne4.8/5
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Un des meilleurs livres parus en 2026.

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Pour vous, si vous aimez l’Islande

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Dans les années 1960

Info-livre : La fin du voyage par Arnaldur Indridason

Littérature islandaise

Couverture du livre d'Arnaldur Indridason, La fin du voyage

Éditeur : Métailié noir histoire
ISBN : 979-10-226-1505-1
Date de parution : 06/02/2026

Photo de Catherine Perrin

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littéraire

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