Miss Islande — Auður Ava Ólafsdóttir

Lisez Miss Islande pour l’écriture magique d’Auður Ava Ólafsdóttir, même si vous regretterez — peut-être — de ne pas vraiment comprendre les personnages.

En arrière-plan, le Hallgrímskirkja, église luthérienne de Rykjavik et au premier plan, la couverture d'Auður Ava Ólafsdóttir, Miss Islande
Le Hallgrímskirkja, église luthérienne de Rykjavik

Au sommaire

Que se passe-t-il ?

Hekla n’a qu’une idée en tête : écrire, peu de personnes sont au courant. Même à son petit ami, elle ne l’avoue pas toute de suite. Écrire, c’est une chose, être publié dans le milieu très masculin de l’édition islandaise des années 1960 en est une autre. Ne pourrait-elle pas plutôt se présenter au concours de Miss Islande ?

Miss Islande raconte l’histoire de gens qui ne rentrent pas dans les cases. Bien que ce soit Hekla la narratrice, j’ai regretté de ne pas avoir accès à ses pensées, notamment celles qui concernent son petit ami. J’ai été obligée de deviner grâce à ce qui se passait, mais la fin n’en est pas moins énigmatique. Elle est rapide, condensée dans une lettre. À vous de l’interpréter.

Où et quand ?

L’histoire se déroule en 1963 à Reykjavik. L’époque ne tolère pas les homosexuels qu’elle confond avec des pédophiles. Quant aux femmes, elles sont priées de rester à leur place.

À cette époque, une nouvelle île volcanique, Surtsey, est apparue. Vous adorerez vivre cet évènement exceptionnel avec les Islandais.

Qui sont les personnages ?

Hekla
Son père l’a baptisée d’un nom de volcan toujours en activité, mais elle est loin d’avoir un caractère aussi explosif. Elle a quitté sa famille pour travailler à Reykjavik, et écrire.

Ísey
La meilleure amie d’Hekla est plus volcanique que cette dernière. À la fois heureuse et malheureuse, elle est difficile à comprendre. Elle ne pourrait pas vivre sans écrire.

Jón John
Ami d’enfance d’Hekla, il est homosexuel. Il rêve de faire des costumes dans un théâtre, mais il est condamné à faire des campagnes de pêche, un milieu viril où il n’est pas accepté. Comme Hekla, il cherche sa place.

Starkadur
Hekla nomme son petit ami Le bibliothécaire puis Le poète, bien plus souvent que par son prénom, ce qui met une distance entre eux et rend leur relation difficilement compréhensible. Le trouverez-vous exaspérant ? En 2023, il l’est.

Comment est-ce écrit ?

L’écriture de Auður Ava Ólafsdóttir est envoûtante, l’histoire est parsemée de poèmes et de titres originaux. À noter, un passage superbe, la maman de Starkadur ne termine jamais ses phrases, son fils les complète.

Incipit :

« Je suis tombée par hasard sur un nid d’aigle quand j’étais enceinte de toi, à cinq mois de grossesse, un creux de deux mètres, tapissé de roseaux des sables au bord de la falaise, près de la rivière. Deux aiglons dodus s’y blottissaient, j’étais seule, l’aigle tournoyait au-dessus de moi et de son nid, il battait violemment des ailes, dont l’une était déplumée, mais n’attaqua pas. »

Citation :

« Le lendemain, je me présente à l’hôtel Borg en pantalon pour remettre ma démission.
— Le monde n’est pas comme tu voudrais, rétorque le chef de rang. Tu es une femme, il faut bien que tu l’acceptes. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez

  • Un voyage en Islande
  • Le style, merveilleux
  • Le thème

Ce que vous regretterez (ou pas) :

  • Ne pas avoir accès aux pensées d’Hekla

Mes notes

Univers narratif5,0/5
Personnages3,0/5
Intrigue3,5/5
Style5,0/5
Moyenne 4,1/5
En savoir plus sur le barème

Le détail en plus

L’île de Surtsey s’est formée au large de l’Islande entre 1963 et 1967. La vie a commencé à s’installer sur l’île, ce qui est du plus grand intérêt pour les scientifiques. Ils sont les seuls à y avoir accès, l’île est interdite au public.

Info-livre : Miss Islande par Auður Ava Ólafsdóttir

Couverture d'Auður Ava Ólafsdóttir, Miss Islande

Editeur : Za poche
ISBN : 9979-10-387-0109-0
Pages : 224
Date de parution : 13/10/2022

Les femmes dans les années 1960

Les sources
Marie-Hélène Lafon

Une fermière en arrière-plan, et au premier plan, la couverture du livre de Marie-Hélène Lafon, Les sources
Marie-Hélène Lafon s’est-elle aventurée sur un thème dans l’air du temps, mais qu’elle a du mal à maîtriser ?

Mémoire de fille
Annie Ernaux

En arrière-plan, une silhouette de fille, au premier plan, la couverture du livre d'Annie Ernaux, Mémoire de fille
« Ce n’est pas à lui qu’elle se soumet, c’est à une loi indiscutable, universelle, celle d’une sauvagerie masculine… »

Restons en contact : inscrivez-vous à la newsletter

En savoir plus sur l’utilisations des données

Partagez cet article
Catherine Perrin (cath_lit_et_chronique)
Catherine Perrin (cath_lit_et_chronique)

J'adore discuter de mes lectures. N'hésitez pas à me laisser des commentaires ou à me rejoindre sur les réseaux sociaux.
Cath_lit_et_chronique sur les réseaux sociaux

Publications: 500

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Restons en contact

Inscrivez-vous pour recevoir, une fois par mois, un article thématique inédit, des actualités sur les auteurs, et les nouveautés du blog.

Vous pouvez vous désabonner à tout moment en cliquant sur le lien dans le bas de page de nos e-mails.

En savoir plus sur l’utilisation des données