Bénie soit Sixtine — Maylis Adhémar

J’ai été attirée par le sujet, une jeune femme élevée dans une tradition catholique extrémiste, l’histoire de son émancipation.
Je n’ai pas tout à fait trouvé ce que j’attendais dans Bénie soit Sixtine.

En arrière plan, deux mariés et au premier plan la couverture du livre de Maylis Adhémar, Bénie soit Sixtine

Service Presse

L’univers narratif

Les catholiques traditionalistes (que les non-traditionalistes appellent intégristes) refusent le concile Vatican II. Ils sont parfois royalistes, souvent proches de l’extrême droite. Le roman se situe au moment des oppositions contre le mariage pour tous.
Les codes, qu’ils soient vestimentaires ou que ce soit ceux de la place de la femme dans la société, sont respectés.

Les personnages

#Sixtine

Sixtine ne pense pas, ne se pose pas de questions, elle accepte son sort qui pourtant ne la rend pas très heureuse. Il faudra un évènement qui la touche de près pour qu’elle réagisse. Toujours sans se poser de questions, comme si elle voulait rester fidèle à son mari, quoi qu’il ait fait.

#Pierre-Louis

Un jeune homme bien sous tous rapports, c’est du moins ce dont Sixtine essaie de se convaincre presque tout au long du livre.

#La mère de Sixtine

Elle est l’objet d’une intrigue secondaire. Son parcours, inverse de celui de sa fille, met en relief celui de Sixtine.

#Les autres personnages

Comme on peut s’y attendre, ils sont tous psychorigides et antipathiques, en particulier, sa belle-sœur Elizabeth qui va fouiller dans l’arbre généalogique de Sixtine, persuadé que le fils de Sixtine et Pierre-Louis n’attend que de savoir d’où il vient.

L’intrigue

Sixtine ne s’est jamais vraiment révoltée. Elle suit le seul chemin permis aux femmes de son milieu : se marier, avoir beaucoup d’enfants.
Elle épouse un homme qui n’est jamais là, parce qu’il travaille, mais pas seulement. Très impliqué dans la communauté des Frères et Sœurs de la Croix, Pierre-Louis va jusqu’à cacher chez lui une matraque de CRS. Il la prend chaque fois qu’il sort. Sixtine s’interroge à peine. Il est vrai que : « Pour défendre le tombeau du Christ, les croisés ont bien levé une armée ».
Elle attend un enfant. Sa grossesse se passe mal, elle doit offrir sa souffrance au Seigneur.
La suite aurait été plus crédible si elle s’était posé plus de questions, mais j’ai aimé que Sixtine ne tourne pas le dos à sa foi.

Le style

Incipit :

« Ils se pressent. Qui atteindra en premier les quatrième et cinquième rangs ? Qui pourra s’afficher juste derrière les rangées d’honneur, où trônent parents si fiers, grands-parents bien droits, cousins très chics et neveux à bouille d’ange ? »

Citation :

« Mes enfants, sur vos épaules repose une lourde tâche, celle d’être des époux catholiques dans un monde païen, celle d’être parents de nouveaux petits croisés qui devront grandir au milieu de ce peuple renégat. Pierre-Louis et Sixtine, tous les enfants que Dieu vous donnera seront une grâce et une bénédiction. Comme disait notre fondateur, le frère André, en ces temps de décadence et d’apostasie, cela devient même un devoir. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • Le thème
  • L’intrigue secondaire (l’histoire de Muriel, la mère de Sixtine)

Ce que vous regretterez (ou pas) :

  • Le manque de crédibilité de l’évolution de Sixtine

Mes notes

Univers narratif4,5/5
Personnages3,0/5
Intrigue3,0/5
Style4,0/5
Moyenne3,6/5

Info-livre : Bénie soit Sixtine par Maylis Adhémar

Couverture du livre de Maylis Adhémar, Bénie soit SixtineEditeur : Julliard
ISBN : 978-2-260-05454-2
Pages : 295
Date de parution : 20/08/2020


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Catherine Perrin
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