Coralie Raphael, écrivaine – Interview

Aujourd’hui, je ne vous parle pas d’un livre, mais d’un écrivain. Coralie Raphael a publié un recueil de nouvelles Ceux qui s’aiment et un livre jeunesse Le jardin secret de Marie.
Bien sûr, je les ai lus.

Liseuse sur nappe rouge avec feuilles de lierre. En lecture sur la liseuse, Le jardin secret de Marie

Ceux qui s’aiment est à savourer au coin du feu avec une tasse de chocolat. Le Jardin secret de Marie est à partager en famille, surtout si vous avez des ados ou des pré-ados chez vous. Ou alors pour une lecture régressive, façon mistral gagnant.

La plume de Coralie Raphael est délicate et les couvertures de ses livres sont merveilleusement illustrées.

Ce n’est pas tout. Coralie Raphaël tient aussi un blog, rempli de conseils pertinents pour ceux qui veulent se lancer dans l’aventure de l’écriture.

Beaucoup de raisons d’essayer d’en savoir plus.

Au sommaire

Interview

Peux-tu te présenter ?

J’ai 33 ans et je travaille depuis plus de 10 ans dans la gestion d’entreprise. J’ai toujours beaucoup lu et beaucoup écrit et c’est quand j’ai accueilli mon premier enfant que j’ai voulu m’autoéditer pour ne pas m’enfermer dans le rôle de maman et devenir ce que j’ai toujours voulu être. C’est comme ça qu’est né Ceux qui s’aiment.

Tu as d’abord publié un recueil de nouvelles, puis un livre jeunesse : Le jardin secret de Marie. Pourquoi la littérature jeunesse ?

Je suis estampillée auteur jeunesse mais je me méfie du qualificatif qui paraît souvent réducteur. Pour être honnête, quand j’écrivais Le Jardin secret de Marie, je ne pensais pas l’histoire spécifiquement pour la jeunesse. J’écrivais une histoire pour adulte dans ma tête, pas pour le jeune public. Dans ce livre, certaines choses sont comprises seulement des enfants, d’autres seulement des adultes, pour lesquelles les enfants n’ont pas les références, mais qui ne sont pas (je crois) un frein à la lecture et au fait d’apprécier le livre.

L’histoire se passe au XIXe siècle dans un pays indéfini. Pourquoi cette époque ?

Je vis l’autoédition comme une expérience. Avec Ceux qui s’aiment, je voulais d’abord voir si j’étais capable de finaliser un petit projet. D’où ce très court recueil de nouvelles. Avec Le Jardin secret de Marie, je voulais écrire un roman mais pas me lancer dans un projet titanesque. Il me fallait une intrigue simple, peu de personnages. Je voulais explorer l’intime et partir de cet énoncé que je trouvais intéressant : les conséquences d’un drame, arrivé plusieurs années plus tôt, sur les membres d’une famille.

Et la famille, c’est une valeur victorienne fondamentale. Enfin, placer l’intrigue dans l’époque victorienne m’évitait d’ancrer mon texte dans le quotidien réaliste du XXe siècle — je ne m’en sentais pas capable — tout en permettant à mes personnages d’évoluer dans une époque moderne et mine de rien aux inquiétudes semblables à celles de notre époque.

D’où t’est venue l’idée de l’étrange personnage de ton histoire ?

Je l’ai vu en rêve, il y a des années. Et dans ce roman, il m’a aidée à réaliser deux choses auxquelles je tenais. D’abord, j’avais envie d’une rencontre et d’une histoire d’amour contrariées entre deux personnages différents. Et surtout, je voulais que le roman démarre sur quelque chose qui peut paraître assez léger pour s’enfoncer dans une histoire plus sombre. Sauge, derrière son insouciance et sa jovialité, porte toute la gravité de l’histoire sur ses épaules (qu’il n’a plus).

Qu’aimes-tu lire ?

J’aime lire et relire Jane Eyre parce que c’est le premier livre qui m’a marquée. Adolescente, ce roman m’avait fait éprouver quelque chose que je n’avais jamais éprouvé. J’avais été dépaysée et avais vraiment eu l’impression de voyager aux côtés de l’héroïne. Les personnages sont tous très, très forts et Jane particulièrement, va jusqu’au bout d’elle-même.
Sinon mon livre de chevet du moment c’est Babylon. C’est un roman japonais que je n’aurais sûrement jamais lu si je n’avais pas vu il y a quelques semaines son adaptation en anime. Cette série avait bien commencé puis a fini par lamentablement se casser la figure et je veux savoir s’il faut tenir les scénaristes de la série ou l’auteur du roman, Mado Nozaki, pour responsable. Sous un semblant de critique de la société et de réflexion philosophique, cette série est une des plus stupides que j’ai pu voir ces dernières années.
Je lis aussi beaucoup de manga. J’aime les manga (et les romans d’ailleurs aussi) qui racontent des moments intimes de la vie. Ces petits moments qui parfois sont racontés avec une telle justesse qu’on a des émotions.
Bien évidemment, je lis aussi en français, sans élitisme. Je lis Flaubert, Maupassant et Proust mais aussi Guillaume Musso, Amélie Nothomb, Marcel Pagnol, Penelope Bagieu…

Quelles sont tes influences ?

Je tire mon inspiration du livre et de l’écran. Après avoir reçu de mes parents, qui m’emmenaient toutes les semaines à la bibliothèque, le goût du livre, je me suis forgée à l’adolescence une culture plus populaire grâce aux séries d’animation japonaise et aux jeux vidéo.
L’action m’intéresse assez peu. Ce qui m’intéresse, ce sont les bouleversements intimes et surtout la zone trouble dans laquelle vont se situer les personnages, qui ne sont pas manichéens, qui ont leur part sombre. On porte tous en nous cette complexité, le meilleur comme le pire.
Dans Le Jardin secret de Marie, on retrouve un peu d’Alice dans Marie, un peu de Frankenstein dans son grand-père Georges et le titre est un clin d’œil assumé au Jardin secret de Frances Hodgson Burnett.

Comment a été reçu ton livre ?

Le Jardin secret de Marie n’a pas connu de problème de réception pour la simple et bonne raison que ceux qui ont beaucoup donné leur avis sont les chroniqueurs qui ont reçu le livre en service presse et qui, j’ai l’impression, n’osent pas dire qu’ils n’aiment pas de peur de ne plus recevoir de livres. Sauf que ce genre de chroniques n’a aucun intérêt ni pour le lecteur ni pour l’auteur. Aucun auteur ne peut se vanter de faire l’unanimité et des critiques négatives donnent de la crédibilité au livre et à son auteur, je trouve. J’ai particulièrement apprécié l’honnêteté d’Esther du blog Ma voix au chapitre et celle d’Ama du blog Ama books addict qui n’a pas du tout aimé et qui a osé le dire. C’est quelque chose de vraiment important pour moi.

As-tu d’autres projets en cours ?

J’ai trois projets en cours :
• Mon recueil de nouvelles, Ceux qui s’aiment, devrait prochainement ressortir dans un nouveau format. J’ai testé pour l’occasion la plateforme Books on Demand.
• J’ai eu la chance d’avoir les conseils d’une éditrice sur Le Jardin secret de Marie. J’ai donc décidé d’en réécrire certaines parties.
• Et enfin, j’écris un deuxième roman jeunesse qui se passera cette fois de nos jours, à Montpellier.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui hésite à se lancer dans la publication de son roman ?

Je suis encore débutante alors c’est difficile de donner un conseil mais… Je dirais qu’il faut trouver sa voix, dans tous les sens du terme et d’essayer de faire quelque chose qui n’a pas forcément été fait auparavant. C’est paradoxal parce qu’il faut à la fois beaucoup lire pour voir ce que les autres font, avoir une culture romanesque et trouver quelque chose qui vous soit propre. Il faut trouver son talent, pas forcément ce que vous faites mieux que les autres, mais ce que vous faites de façon différente. Je crois que c’est le seul conseil véritable qu’on peut donner.

Pour aller plus loin

Pour suivre l’actualité de Coralie Raphaël, retrouvez-là sur Twitter ou Instagram.

Ou visitez son site coralieraphael.com

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Catherine Perrin
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