Difficile de se passionner pour ce territoire si lointain, dont on n’entend parler que pour des révoltes auxquelles je ne comprenais rien, faute de m’y intéresser, il est vrai. Et puis, après un trajet, long, interminable, l’arrivée à l’aéroport de Tontouta, les cinquante kilomètres pour rejoindre Nouméa, l’océan et les surprises réservées par l’île. Lisez le livre d’Alice Zeniter, Frapper l’épopée, un des meilleurs livres 2024, pour mieux comprendre ce lieu lointain.

Sommaire
Comment débute le livre ?
Après sa rupture avec Thomas, Tass rentre en Nouvelle-Calédonie. C’est loin la Nouvelle-Calédonie, 20 000 kilomètres, et le voyage est sans fin. Son amie Sylviane vient la chercher à l’aéroport de Tontouta et l’emmène boire un verre au bord de l’eau, pour lui faire reprendre contact avec les baies, avec l’océan.
Pendant des années, Tass a résidé entre la métropole et la Nouvelle-Calédonie, Thomas et elle alternaient les visites de l’un à l’autre. Maintenant, Tass vivra définitivement en Nouvelle-Calédonie.
À la rentrée, elle reprend son travail de professeur, dans sa classe deux jumeaux kanaks, Célestin et Pénélope attirent son attention.
De leur côté, trois Kanaks ont créé un mouvement d’empathie violente, il s’agit de faire ressentir aux blancs ce qui se passe quand on est dépossédé.
Envie de le lire ?
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Qu’en ai-je pensé ?
Le roman est l’occasion pour Alice Zeniter de nous parler de la Nouvelle-Calédonie et rien que pour ça, je ne peux que vous encourager à le lire. La Nouvelle-Calédonie n’est pas un endroit où partir en vacances parce que c’est trop loin, beaucoup trop loin. La Nouvelle-Calédonie, une collectivité sui generis, a un statut particulier parmi les territoires ultramarins. En effet, elle est dotée de son propre pouvoir législatif, ce qui ne résout rien si l’on en croit les derniers évènements et ce mot tabou qui revient parfois dans le livre, colonisation.
Grâce à Tass, j’ai pénétré dans la vie d’une Calédonienne, née en Nouvelle-Calédonie, et j’ai appris que le terme « blanc » n’avait pas le même sens là-bas. J’ai regretté qu’il y ait peu de choses sur la culture kanake, mais d’un autre côté, ils n’ont pas de raisons de s’ouvrir à nous (pour comprendre pourquoi lisez Cannibale de Didier Daeninckx). De plus, Alice Zeniter a parfaitement restitué la séparation de fait des deux communautés.
Grâce à Frapper l’épopée, vous comprendrez mieux ce pays dont on n’entend parler que quand les Kanaks se révoltent et sans jamais nous en raconter l’histoire ni prononcer le mot tabou de colonisation.
Quels sont les thèmes ?
- Relations entre Kanaks et Calédoniens
- Activisme kanak
Où et quand ?
A Nouméa et Bourail, Nouvelle-Calédonie, avant les derniers évènements
Qui sont les personnages ?
Tass
Tass, un prénom intrigant, en réalité, elle s’appelle Tassadit. Le fantastique va s’introduire dans le livre et nous faire remonter jusqu’au premier colon de sa famille.
Célestin et Pénélope
Les deux jumeaux kanaks se ressemblent comme deux gouttes d’eau, mais ce qui rend beau le garçon rend laide la fille. Du moins dans les yeux de Tass et ce sont ses premières réactions. Et cela vaut au lecteur quelques superbes pages sur les considérations esthétiques des blancs.
Un Ruisseau, NEP, FiDR
Ces trois Kanaks qui ne vivent pas en tribu sont contraints de frayer avec Tass. Mais ils en feront le minimum.
Comment est-ce écrit ?
La plume d’Alice Zeniter est addictive
Incipit :
« C’est une distance qui ne s’avale pas. D’ailleurs, aucune distance ne s’avale. Il faudrait qu’elle arrête d’utiliser cette expression, elle ne sait pas d’où elle vient, elle ne sait pas à qui elle l’emprunte quand elle pense dans ces termes — peut-elle même prétendre qu’elle pense ? Au mieux, elle fait du patchwork avec des vieux chiffons de mots qui lui traînent dans les coins du crâne. »
Citation :
« Les Kanaks avaient des chefs de guerre, des séminaristes preneurs d’otage et des élus capables d’une poignée de main, des leaders charismatiques et une quantité désespérément élevée de martyrs dans toutes les catégories précédentes et dans d’autres ; les Blancs n’avaient rien. Ils refusaient, bien sûr, de puiser le moindre modèle chez les bagnards, porteurs de chaînes et de chapeaux de paille, alors il ne leur restait pas grand-chose. »
Mon avis en résumé
Ce que j’ai aimé
- La restitution de la séparation des communautés
- L’histoire de l’ancêtre de Tass
- Mieux comprendre les évènements qu’on ne voit que de très loin
Mes notes
| Univers narratif | 5,0/5 |
| Personnages | 3,0/5 |
| Intrigue | 4,0/5 |
| Écriture | 5,0/5 |
| Moyenne | 4,3/5 |
Lecture un peu exigeante
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Info-livre : Frapper l’épopée par Alice Zeniter

Editeur : Flammarion
ISBN : 978-2-08-044058-7
Pages : 345
Date de parution : 14/08/2024

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