🎁 Offert : Mon carnet de lecture 10 livres coups de poing - J'en profite
Promotions en cours chez mes partenaires - Je vais voir
🎁 Offert : Mon carnet de lecture 10 livres coups de poing - J'en profite
Promotions en cours chez mes partenaires - Je vais voir
🎁 Offert : Mon carnet de lecture 10 livres coups de poing - J'en profite
Promotions en cours chez mes partenaires - Je vais voir
En ouvrant Là-bas, sans bruit, tombe un pétale de Ch’oe Yun, je me suis plongée au cœur d’une voix singulière de la littérature coréenne. Ce recueil, composé de trois textes intenses, m’a déroutée autant qu’il m’a captivée. Je vous raconte ici mon expérience de lecture, entre fascination, silence et zones d’ombre.

Le père du narrateur est arrivé de Chine depuis une semaine et vit chez lui. Il appréhende le week-end qu’il va passer à côté de cet inconnu qui a quitté sa famille il y a des décennies.
C’est la nouvelle qui m’a donné le plus de mal. Bien sûr, j’ai fini par comprendre que son père avait quitté la Corée du Sud pour la Corée du Nord, qu’il avait ensuite fui avec sa nouvelle famille en Chine (mais en abandonnant un fils). Mais comment appréhender une telle vie sans repères historiques ?
Le narrateur, qui connaît ce contexte historique, est partagé entre rancune et curiosité. J’ai été partagée entre frustration et curiosité (qu’est-il arrivé au fils aîné, victime de cette histoire ?).
Mais si vous allez au bout de l’histoire, alors vous comprendrez. Le comportement s’éclaire et rappelle des hommes de pays bien différents qui ont suivi le même chemin (Prisonnier du rêve écarlate d’Andreï Makine).
L’émotion et la curiosité ont donc pris le dessus sur la perplexité (quels sont les sentiments du père, voit-il sa vie comme broyée par l’histoire ?) et j’ai continué ma lecture.
Note : Les liens d’achat vers ce livre sont des liens affiliés. Si vous passez par eux pour effectuer un achat, je reçois une petite commission sans surcoût pour vous. Votre soutien aide à maintenir ce blog. Merci.
| Format | Vendeur | Lien d’achat |
|---|---|---|
| Occasion | Recyclivre | 👉 [Acheter Occasion] |
| Poche neuf | Eyrolles | 🛒 [Voir sur Eyrolles] |
Une très jeune fille, 15 ans tout au plus, vêtu d’une robe pourpre très sale, suit un homme qui la recueille et la maltraite. Qui est-elle ? Que lui est-il arrivé ?
Peut-être déjà entraîné par la première nouvelle, j’ai suivi l’histoire sans difficulté bien qu’elle soit construite sous forme de puzzle. L’autrice introduit de la poésie dans les scènes les plus horribles (scène de viol), ne consacre qu’un court paragraphe à ce qui explique que la jeune fille ait sombré dans la folie.
« Nous avons alors expliqué ce qui nous avait amenés à partir à la recherche de la fille, depuis le mois de mai, à la suite des évènements de Kwangju. Kim a hoché la tête, puis a dit qu’il avait deviné de quoi il s’agissait et qu’il n’avait pas besoin d’explications. »
Et peut-être, est-ce ça justement que j’ai aimé, que la lecture sur une page sombre de la Corée ne soit pas facile, qu’elle exige de l’attention. Mais une fois encore, j’ai été frustrée de ne pas savoir ce qui était arrivé au frère de la jeune fille, même si je m’en doute.
En revanche, pour la jeune fille, il n’y a pas de doute, Ch’oe Yun nous raconte une vie broyée par l’histoire et c’est terrifiant.
Un article de journal annonce que le corps d’une Coréenne a été retrouvé à Central Park. Cette femme, immigrante illégale, est morte de faim. Son nom ? Kang Hawon, celui de la narratrice, mais ce n’est pas elle. Elle se remémore alors des évènements vieux de vingt ans.
Cette histoire est racontée de façon beaucoup plus traditionnelle, avec un début, un milieu et une fin, même s’il y a de nombreux allers et retours.
Malgré cela, la frustration est toujours présente, cette fois-ci parce que je n’ai aucune idée de ce que pense la jeune femme : est-ce qu’elle s’est fait avoir ou a-t-elle agi en pleine conscience ? A-t-elle subi cette histoire ou en a-t-elle été partie prenante ? Ce qui est certain, c’est qu’elle est une des figures les plus réservées qu’on puisse rencontrer dans une fiction.
Après la Deuxième Guerre mondiale, le Japon est forcé de renoncer à ses colonies, dont la Corée fait partie. Les Américains occupent le sud du pays et les Soviétiques le nord. À cause de la guerre froide, les négociations ne parviennent pas à établir un état indépendant unique. En 1948, la Corée du Sud proclame son indépendance et devient République de Corée ; la Corée du Nord réplique en devenant République populaire démocratique de Corée.
En 1950, les Nord-Coréens envahissent la Corée du Sud. Des prisonniers de la guerre de Corée choisissent de rester dans le Nord et d’autres personnes d’origine sud-coréenne rejoignent le pays. C’est ce contexte de mouvements de population que la nouvelle Il surveille son père utilise.
En faisant mes recherches, je suis tombée sur un diaporama passionnant avec des parallèles photographiques, Pourquoi y a-t-il deux Corées ?
Après l’assassinat du président Park Chung Hee (1979), l’instabilité politique règne en Corée. Un coup d’État porte alors le général Chun Doo Hwan au pouvoir qui instaure la loi martiale.
La nouvelle Avec cette neige grise et sale fait écho à cette période sombre de l’histoire sud-coréenne : le début des années 1980, marquées par la dictature militaire.
Le 18 mai 1980, des étudiants se sont réunis devant l’université nationale de Chonnam pour protester contre sa fermeture, déclenchant l’arrivée de troupes militaires et de policiers. Ils matraquent participants et passants. Et c’est l’escalade qui fait des milliers de morts.
De son écriture surréaliste, Ch’oe Yun décrit le massacre dans Là-bas, sans bruit, tombe un pétale.
L’écriture de Ch’oe Yun est à la fois surréaliste et poétique. Je crois qu’elle m’a donné envie de continuer de lire, mot après mot, ligne après ligne.
Parfois, j’ai été attrapé par une image insolite comme celui du rire rouge.
Citations :
« Il lui rapporta tantôt une paire de chaussures, tantôt des vêtements, tantôt un peigne, la seule récompense à laquelle il eut droit fut un rire, un rire qu’on ne peut qualifier autrement que de rouge, un rire qui le faisait frissonner un long moment. »
D’autres fois, l’écriture m’a paru énigmatique, comme la réponse du père à son fils sur l’effondrement des régimes communistes.
« — Amusant ? Disons que je trouve qu’il est tout à fait intéressant d’être le témoin d’un phénomène sans précédent. Il est normal que les nations changent de vêtements quand leur corps prend de l’ampleur. »
Un livre chiné, sans en avoir jamais entendu parler, juste parce qu’il s’agissait de littérature coréenne que j’essaie d’apprivoiser. Finalement, j’ai adoré, malgré les difficultés et la déstabilisation (dues à la différence culturelle et non à la qualité de l’œuvre).
En effet, Ch’oe Yun travaille l’ellipse et le non-dit. C’est ce qui frustre le lecteur occidental, mais c’est aussi la beauté de son écriture.
À cause de cela, il se peut que vous ne soyez pas aussi enthousiaste que moi. Avez-vous déjà lu de la littérature coréenne ? Quels livres ?
| Univers narratif | 5,0/5 |
| Personnages | 5,0/5 |
| Intrigue | 5,0/5 |
| Écriture | 5,0/5 |
| Moyenne | 5,0/5 |
Lecture exigeante
Partagez votre avis sur Là-bas, sans bruit, tombe un pétale en commentaires.
| Format | Vendeur | Lien d’achat |
|---|---|---|
| Occasion | Recyclivre | 👉 [Acheter Occasion] |
| Poche neuf | Eyrolles | 🛒 [Voir sur Eyrolles] |



Éditeur : Actes Sud
ISBN : 2-7427-3107-5
Pages : 212
Date de parution : 07/11/2000

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littéraire
Je donne mon avis, bien sûr, mais surtout des repères pour vous aider à savoir si un livre est fait pour vous.
Un mot, une image, un lien… rejoignez-moi là où on parle lecture :
Envie d’encore plus de lecture ? Rejoignez les 700 abonnés de la newsletter gratuite Dequoilire et recevez votre carnet de lecture : 10 livres coup de poing.
Jusqu'au 03/02/2026
Livres d'occasions : profitez des réductions chez mon partenaire RecycLivre
Jusqu''à 20% de réduction
Sur tout le site (s'applique directement au panier)
Box livre : Kube offre 2 mois sur leurs abonnements annuels avec RESOLUTION26