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S’aimer dans la grande ville de Park Sang Young, entre soju, solitude et nuits électriques

L’essentiel sur S’aimer dans la grande ville de Park Sang Young
Quel est le genre de ce livre ?
Littérature sud-coréenne / roman LGBT
Quels sont les thèmes principaux ?
- Homosexualité dans une société conservatrice
- Amitié
- Portrait de la jeunesse à Séoul
Quel est le niveau de lecture ?
Moyen : style fluide, mais une construction en 4 parties
Quel est le nombre de pages ?
260
Pour qui est‑ce fait ?
- Les passionnés de culture coréenne qui veulent voir l’envers du décor des K-dramas
- Les lecteurs qui aiment « lire entre les lignes »
- Ceux qui cherchent une littérature queer moderne
- Les amateurs d’atmosphères urbaines
À qui ne pas le recommander ?
- À ceux que l’omniprésence de l’alcool dérange
- Aux adeptes de récits très structurés et linéaires
- À ceux qui préfèrent l’analyse psychologique explicite (le style français)
Séoul ne dort jamais. Entre les quartiers huppés de Gangnam et les nuits d’Itaewon où l’alcool délie les langues, la capitale sud-coréenne promet liberté et réussite, tout en imposant ses codes et ses silences. Avec S’aimer dans la grande ville, Park Sang Young explore les difficultés de nouer des liens, de trouver l’amour, malgré l’alcool facilitateur.
Sommaire
De quoi parle S’aimer dans la grande ville ?
Young se rend au mariage de sa meilleure amie, Jaehee, l’occasion de retrouver d’anciens camarades et de se souvenir comment a commencé son amitié avec la jeune femme. Il s’agit de la première partie, Jaehee.
Elle est suivie de Un morceau de perche truitée, le goût de l’univers, le récit des amours de Young avec un homme de douze ans son aîné. La troisième partie, S’aimer dans la grande ville s’attarde sur sa rencontre avec Gyuho, et, pour terminer, Vacances à la fin de la saison des pluies, clôt le livre. Une construction qui demande quelques explications.
Pourquoi lire S’aimer dans la grande ville
Pour la construction du récit
Le narrateur des quatre récits est bien le même, il s’appelle Young, sa meilleure amie s’appelle Jaehee, et sa mère a un cancer. J’ai pourtant eu l’impression que c’était un autre homme à chaque chapitre ; le narrateur qui s’occupe de sa mère dans la deuxième partie est-il bien celui qui a rompu avec ses parents dans la première ? Une façon de faire qui a installé une distance entre Young et moi, alors que Park Sang Young voulait exactement l’inverse :
« Young, le narrateur des quatre textes qui forment le livre, est à la fois le même et quatre êtres différents. Il est à la fois moi qui écris ce texte ici et maintenant, quelqu’un de très éloigné de moi, quelqu’un que vous connaissez bien, ou même une part de vous-même trop pesante que vous cherchiez à ignorer. »
Raté donc, en ce qui me concerne. Mais cette distance ressentie m’a obligé à batailler plus dur avec le livre, afin de comprendre le personnage.
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Pour l’émotion, malgré la pudeur
Les auteurs français ont l’habitude d’écrire des pages et des pages sur leur ressenti et leurs émotions. Le lecteur n’en ignore rien. Les écrivains coréens sont à l’opposé. J’ai trouvé assez compliqué, lors de mes débuts dans la littérature coréenne, de devoir aller chercher au-delà des mots.
Young, au comble de la joie :
« Tiens, c’est curieux, suis-je en train de sourire ? Quel nigaud. »
Young se confie :
« Or je ne connaissais que trop bien la température et le parfum d’un cœur aussi solitaire.
Parce que moi-même, j’étais ainsi. »
À la fin du livre, Young raconte une anecdote, comme en passant, comme plein d’autres. Et j’ai compris qu’il avait eu le cœur brisé. Shot d’émotion (et un peu aussi, l’envie de lui passer un savon).
Séoul, alcool et courtoisie
S’aimer dans la grande ville se déroule à Séoul. Young est originaire de Gangnam, un quartier huppé de la ville. Il passe ses soirées/nuits dans le quartier d’Itaewon, où la vie ne commence qu’après plusieurs verres.
Alcool
L’alcool, comme lubrifiant social, m’a été plus difficile à accepter et encore plus à cause de la sensibilité de Young. J’avais déjà trouvé cette omniprésence de l’alcool dans un autre roman asiatique, japonais cette fois-ci, Les années douces d’Hiromi Kawakami ; la relation entre Tsukiko et le maître ne peut se construire que dans un bar autour d’un verre de saké. Dans S’aimer dans la grande ville, même solitude, même besoin d’alcool qui permet d’abaisser les barrières et de supporter la réalité.
Courtoisie codifiée
Young et son amoureux de l’époque, qui n’est désigné que par « il », rencontrent un couple plus âgé. « Il » s’astreint à respecter toutes les normes de politesse, ainsi qu’à dissimuler son homosexualité, sous le regard perplexe de Young. Un parfait exemple de socialisation sans alcool.
Young, « Il » et Gyuho
Vous découvrirez le personnage de Young, écrivain gay instable et sensible et qui doit vivre avec Kylie, sa maladie.
« Il » n’est pas à l’aise avec son homosexualité et se réfugie dans la philosophie pour ne pas évoquer sa relation avec Young.
Originaire de l’île de Jeju, Gyuho est à l’opposé de Young (mais il n’a pas une Kylie). Gros travailleur, il réussit tout ce qu’il entreprend tout en s’occupant de Young. Mais Young va se sentir distancé.
La plume de Park Sang Young
L’écriture est fluide, très moderne. L’auteur ne s’embarrasse pas de phrases alambiquées ou trop polies.
Incipit :
« Je me rends au deuxième étage de l’hôtel et rejoins la salle Émeraude. Qu’est-ce qu’elle m’a dit ? Quatre cents invités ? À mon avis, il y en a largement plus que ça. »
Mon avis en résumé
Ce que j’ai aimé
- Les personnages, Young, « Il » et Gyuho
- L’émotion à la fin du livre
Ce que j’ai regretté (mais peut-être pas vous)
- Une lecture qui ne séduit pas tout de suite (pour des raisons culturelles)
Mes notes
| Univers narratif | 5.0/5 |
| Personnages | 5.0/5 |
| Intrigue | 5.0/5 |
| Écriture | 4.0/5 |
| Moyenne | 4.8/5 |
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Info-livre : S’aimer dans la grande ville par Park Sang Young

Éditeur : 10/18
ISBN : 978-2-264-08653-2
Date de parution : 21/08/2025

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