La fille qu’on appelle — Tanguy Viel

Même si les qualités de La fille qu’on appelle sont réelles, j’ai eu quelques difficultés à le lire, le style de l’auteur m’a bloquée (oui, j’aime les styles sobres et fluides).

Une grosse voiture à l'arrière plan, couverture du livre de Tanguy Viel, La fille qu'on appelle
Max Le Corre est le chauffeur du maire de la ville.

L’intrigue

Laura, une jeune fille “qui se cherche” revient vivre chez son père (on ne sait pas trop pourquoi). Ce dernier, Max Le Corre est un boxeur qui retourne avec succès sur le ring. Il est aussi le chauffeur du maire de la ville, Quentin Le Bars et les deux hommes s’entendent suffisamment pour que Max demande un coup de main pour Laura.

Le maire accepte de recevoir la jolie Laura et…

Les personnages

#Laura
Laura n’est pas naïve, et peut-être est-ce même ce manque de naïveté qui l’a conduite à accepter ce qu’elle n’aurait pas dû. La description de l’état d’esprit de Laura est saisissante, oui, répète-t-elle aux policiers perplexes, j’étais consentante. Et les policiers de faire la grimace, sur le consentement, et sur le passé de Laura.

Comme si c’était à la victime de se justifier. Non, c’est à l’agresseur ; quelque chose d’encore trop souvent mal compris.

#Max Le Corre
Pour une raison mystérieuse, on n’apprend de Max que des faits présents et passés, comme si sa réaction était la seule possible (bon, on la comprend très bien cette réaction, sans l’approuver cependant), mais j’aurais aimé que l’auteur s’attarde plus sur le personnage.

#Franck Bellec et Quentin Le Bars
Des affreux. Pas grande chose à en dire, si ce n’est qu’il y a plusieurs façons de châtier un coupable, même quand la Justice fait le dos rond. J’ai beaucoup aimé la situation dans laquelle Le Bars se trouve à la fin de La fille qu’on appelle.

L’univers narratif

Une ville en bord de mer, il y a un maire, un casino, un commissariat de police et une salle de boxe. Bon, dit comme ça, on dirait l’école des fans (où tu habites, etc.), mais il y a un peu de ça dans la description de la ville.

Le style

J’aime les styles sobres et fluides, ce qui ne m’empêche pas de savourer un style plus sophistiqué. Que serait L’amant de Marguerite Duras sans sa merveilleuse façon de raconter son histoire d’amour ? Mais un style alambiqué, composé de longues phrases, avec une ponctuation minimum, ce qui aboutit à un sens que l’on doit attraper au vol (relire une phrase ne change rien), non, clairement, ce n’est pas mon truc. Je peux en saluer l’exploit sans l’apprécier le moins du monde, donc :

Avertissement : lisez les citations pour faire votre propre idée plutôt que regarder ma note qui est mauvaise, mais subjective.

Ah j’oubliais, interrompre ma lecture pour aller chercher le sens d’un mot, je n’aime pas non plus (mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec le verbe subsumer ?).

Incipit :

« Personne ne lui a demandé comment elle était habillée ce matin-là, mais elle a tenu à le préciser, qu’elle n’avait pas autre chose à se mettre que des baskets blanches, mais savoir quelle robe ou jean siérait à l’occasion, idem du rouge brillant qui couvrirait ses lèvres, elle y pensait depuis ce matin. »

Citation :

« Car il n’y a pas de boxe sans colère, n’est-ce pas – or c’était cela même dont le cours semblait s’être effondré à l’intérieur de lui, oui, quelque chose comme un krach boursier que rien ne laisse présager et qui tombe follement sur la place de New York ou de Londres, ainsi que de sa colère chue à son plus bas étiage, à moins qu’elle ne se fût simplement déplacée, mais cela elle ne le savait pas encore, que cet adversaire à la mâchoire si large, au corps si huileux, tout cela n’avait plus été l’ennemi à abattre, puisque désormais l’ennemi avait un costume noir et une cravate différente tous les jours, l’ennemi il l’avait eu à portée de poings des mois durant et au lieu de ça il lui avait souri et il l’avait conduit à travers la ville, en lui apportant chaque jour un peu plus la tête de sa fille sur un plateau d’argent. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • La description de l’emprise
  • La conclusion de l’histoire

Ce que vous regretterez (ou pas) :

  • Le style

Mes notes

Univers narratif3,0/5
Personnages4,0/5
Intrigue3,0/5
Style1,5/5
Moyenne2,9/8

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Info-livre : La fille qu’on appelle par Tanguy Viel

Couverture du livre de Tanguy Viel, La fille qu'on appelle

Editeur : Minuit (Les Editions de)
ISBN : 978-2-7073-4732-9
Pages : 176
Date de parution : 02/09/2021

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Catherine Perrin
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