L’art de perdre — Alice Zeniter

Il y a les livres qu’on aime et puis il y a ceux qu’on n’oublie pas.
Parmi les livres marquants, qu’on n’oublie pas : L’art de perdre.
Certainement une de mes meilleures lectures de l’année.

Le livre d'Alice Zaniter, à côté d'une photo de Kabylie et d'une branche verte.
Photo de Kabylie, crédit Bledinfire
sous licence CC BY-SA 3.0

L’univers narratif

En Algérie pendant les années 50, pendant une guerre qui ne disait pas son nom.
En France pendant les années 60, quand les harkis (pas tous) sont venus en France, une page sombre de notre histoire.
En France et en Algérie pendant les décennies qui suivent.

Les personnages

Trois générations, Ali, Hamid et Naïma

#Ali
Il est né en Kabylie et il a eu de la chance en découvrant dans la rivière un pressoir. Il se met à fabriquer de l’huile d’olive pour ses voisins et sa famille devient riche. Il se marie une première fois, son épouse meurt en couche après lui avoir donné deux filles. Il répudie sa deuxième femme, car elle ne lui donne pas d’enfants. Il épouse enfin Yema avec laquelle il aura dix enfants.

#Hamid
Fils aîné d’Ali et Yema. Une fois en France, il voit son père, le géant de la montagne, se rapetisser. Il épouse Clarisse avec laquelle il a quatre filles.

#Naïma
Elle est l’une des quatre filles d’Hamid. Le hasard et son métier vont la conduire en Algérie.

L’intrigue

Un souvenir poursuit Naïma, une parole entendue plus exactement, qui se termine par : « Elles ont oublié d’où elles viennent ».
Naïma ne connaît l’Algérie que grâce à Wikipédia, son père ne lui a rien raconté, rien expliqué, et son grand-père est mort quand elle était trop jeune pour poser des questions.
L’histoire familiale, inconnue de Naïma, nous est contée. Elle commence par Ali qui a combattu pendant la Seconde Guerre mondiale aux côtés des Français. Il aimait se retrouver avec d’anciens combattants. Il a alors été considéré comme pro français. Il a décidé de s’exiler, mais quels auraient été les autres choix ?
Ses enfants grandiront en France.

Le style

Magnifique style que celui d’Alice Zaniter.

Incipit :

« Depuis quelques années, Naïma expérimente un nouveau type de détresse : celui qui vient désormais de façon systématique avec les gueules de bois. »

Citation :

« Patience, disait Hamid, patience, vous êtes trop petites. À quel âge a-t-on droit à l’Algérie ? Se demandaient parfois Naïma et ses sœurs en traversant la Bourgogne dans la voiture de leurs grands-parents maternels. Peut-être Hamid a-t-il réellement pensé qu’il ferait un jour la traversée, peut-être n’attendait-il qu’une excuse pour déclarer que c’était infaisable, de cela Naïma n’est pas sûre. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • Un roman historique sur un sujet peu évoqué
  • L’intelligence du propos
  • Le style

Ce qui peut manquer :

  • Des dates repères

Mes notes

Univers narratif5,0/5
Personnages5,0/5
Intrigue5,0/5
Style5,0/5
Moyenne5,0/5

Pour aller plus loin

Paru en 2017, L’art de perdre a, entre autres, remporté le Prix Goncourt des lycéens, et le Prix littéraire du Monde.

Alice Zeniter est née en 1986 d’un père d’origine algérienne et d’une mère française. Elle raconte la genèse de son livre dans une interview donnée à Samira Houari-Laplatte sur le site de Mediapart.

Info-livre : L’art de perdre par Alice Zeniter


Couverture du livre d'Alice Zeniter - L'art de perdreEditeur : Flammarion
ISBN : 9782081395534
Pages : 512
Date de parution : 16/08/2017

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Catherine Perrin
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