Le mal-épris — Bénédicte Soymier

L’originalité de Le mal-épris réside dans le fait de partager les pensées de l’homme violent. Elles apparaissent, l’homme ne se contrôle plus, il frappe. Le narrateur n’excuse en rien son comportement, elle se borne à le décrire.

A l'arrière plan, une femme qui porte la main à son visage. Au premier plan, la couverture du livre de Bénédicte Soymier, Le mal-épris.
Les femmes tellement souvent victimes.

De temps en temps, elle l’interpelle : « Je ne brode pas, c’est ton récit. Et rien ne t’excuse ».

Service Presse

L’univers narratif

Dans une commune de sept mille habitants, entre la Poste et l’appartement de Paul, un trois-pièces qu’il a meublé avec goût.

Les personnages

#Paul
Toujours mal à l’aise à cause de son physique difficile, il ne sait pas non plus s’habiller. On s’est tellement moqué de lui. Ah si seulement il était beau. Il est pourtant un employé compétent, quel que soient ses efforts, la vie ne lui apportera jamais ce qu’elle apporte aux beaux. Il est le mal-épris.

#Mylène
Elle est trop belle. Elle s’est installée dans la résidence de Paul après une rupture amoureuse. D’abord réticente aux avances de son voisin, puis étonnée par cet homme qui n’est peut-être pas ce qu’il parait, elle se laisse apprivoiser. Ils deviennent amis, mais Paul ne comprendra pas jusqu’où ne pas aller.

#Angélique
Son défaut principal est de ne pas être Mylène. Des défauts Paul lui en trouvera, plein. Elle tombe amoureuse de lui, l’homme qu’il lui faut.

L’intrigue

Paul cherche le bonheur, mais dès le début, son comportement effraie. Dès que Mylène emménage, il s’achète un petit carnet bleu sur lequel il note tout ce qu’il voit. On a envie de crier : fuis Mylène, fuis. Ce qu’elle fera et Paul se rabattra sur Angélique. Ce qu’on ignore, et je crois que c’est impossible à savoir, c’est comment un homme qui aurait pu être un homme bien, en arrive là. On connaît, en revanche, le schéma qui le conduit à frapper : ses pensées, sa colère et son incapacité à se contrôler.

Le style

Incipit :

« Paul n’est pas beau.
Petit, maigre, le cheveu terne et rare, le nez long, il présente un physique ingrat que n’arrangent pas des tenues démodées, portées étriquées, du pantalon de velours côtelé, toujours beige ou gris, aux chemises de fin coton d’Égypte plaquées sur son torse. »

Citation :

« Il l’attend. Et se sermonne, ce n’est pas son genre d’être là, derrière une porte, à observer une femme, si belle soit-elle, en imaginant son odeur et sa peau, pas son genre de rêver à rencontrer l’amour dans un monde qui n’est pas le sien, il se sent con et honteux d’être con. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • Le schéma qui conduit Paul à frapper
  • Le personnage d’Angélique dont la vulnérabilité est finement dépeinte.
  • La petite voix qui interpelle Paul

Ce que vous regretterez (ou pas) :

  • La fin un peu abrupte et le manque d’information sur sa thérapie

Mes notes

Univers narratif5,0/5
Personnages4,0/5
Intrigue4,0/5
Style4,0/5
Moyenne4,3/5

Info-livre : Le mal-épris par Bénédicte Soymier

Couverture du livre de Bénédicte Soymier, Le mal-épris.Editeur : Calmann-Lévy
ISBN : 978-2-7021-8077-8
Pages : 248
Date de parution : 06/01/2021

Partagez cet article
Image par défaut
Catherine Perrin
J'adore discuter de mes lectures. N'hésitez pas à me laisser des commentaires ou à me rejoindre sur les réseaux sociaux.
Publications: 221

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.