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La quatrième de couverture annonce : Étienne tuera sa femme dans trois jours. Pas de suspense, donc, mais peut-être quelque chose à comprendre ? Eh bien non, L’épaisseur d’un cheveu de Claire Berest est un livre banal sur un phénomène effrayant.

Étienne Lechevallier a décidé d’entreprendre un grand Projet. Il y travaille dans un café où le serveur ne semble jamais se souvenir de lui. Il est aussi heureux qu’on puisse l’être même si son emploi de correcteur est loin d’être assez reconnu à son goût. Le soir même, il se rend à une exposition d’art avec sa femme, ensuite, il dîne au restaurant avec elle et Vincent, un de leurs amis. Et là, elle glisse comme en passant qu’elle ne pourra pas l’accompagner au concert de Mahler le lendemain. Comment est-ce possible ? Premier dérapage.
Le roman devient intéressant quand une discussion du couple donne à entendre son point de vue à elle, Vive, ce sera à peu près le seul. J’aurais aimé avoir d’autres points de vue, camarades de faculté, enseignants ou encore collègue. Mais las, on sait juste qu’Étienne ne se sent pas apprécié.
L’interrogation d’Étienne par la police m’a laissée perplexe. Dommage, ça aurait aussi pu être un passage passionnant.
Comme souvent, Claire Berest saupoudre ses textes d’informations sur des artistes contemporains. J’aime beaucoup, mais ça ne compense pas le peu d’intérêt du livre. Écrire un roman du point de vue de l’homme représente une vraie difficulté parce que c’est impossible de s’identifier ou de s’attacher à lui. Néanmoins, le défi de parler de violences faites aux femmes n’a pas été relevé (sur le même sujet, j’ai préféré Le mal-épris de Bénédicte Soymier).
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De nos jours à Paris, dans le monde de l’édition et de l’art contemporain.
Étienne
Il semble être une figure falote et angoissée, mais au fil du livre, il révèle un ego surdimensionné. Il souffre de synesthésie, voit les mots en couleurs (mais ça n’apporte rien au personnage). Sa trajectoire psychologique, qui mène à la violence, n’est pas convaincante.
Violette, dite Vive
On connaît quelques faits sur Vive. Elle est photographe, elle sortait d’une rupture quand elle a rencontré Étienne, elle n’aime pas forcément la même musique que lui. C’est peu.
Incipit :
« Quand Étienne Lechevallier s’indigna à part lui que le serveur du Petit Brazil le reluquât encore une fois d’un drôle d’air, nous étions lundi dernier aux alentours de dix-sept heures trente ; Étienne avait comblé sa matinée de corrections sur le manuscrit d’un auteur dont il poussait au paroxysme la joie mauvaise de détester le travail… »
Citation :
« Non, Vive proposait d’arrêter son cours de sport, avec des airs douloureux. Elle y allait bien les premières semaines, essaimant dans l’appartement un tapis de yoga, un justaucorps aux couleurs criardes, de mini-haltères de Barbie, une bouteille d’eau entamée. Et puis, elle sautait un cours, trois, dix. L’année était pliée. De quel sacrifice lui parlait-elle ?
Elle parlait aérobic. Étienne Lechevallier parlait de Richard Strauss. »
Un livre plat, qui semble décoller et qui retombe. Dommage, le sujet des violences faites aux femmes aurait pu être mieux traité.
| Univers narratif | 4.0/5 |
| Personnages | 1.5/5 |
| Intrigue | 3.0/5 |
| Écriture | 4.0/5 |
| Moyenne | 3.1/5 |
Lecture assez facile
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Editeur : Albin Michel
ISBN : 978-2-226-47501-5
Pages : 240
Date de parution : 23/08/2023

Je m’appelle Catherine, et je suis blogueuse littéraire
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