Les amants du presbytère — Marie-Bernadette Dupuy

Les amants du presbytère correspond à ma définition du roman de gare, acheté en vitesse, lu d’une traite dans un train ou dans un avion et abandonné sur le siège. Un roman qui a fait le job : vous distraire le temps d’un voyage, mais sans émouvoir ni donner à réfléchir.

Une femme du XIXe siècle en arrière-plan et au premier plan, la couverture du livre de Marie-Bernadette Dupuy, Les amants du presbytère
La jolie Mathilde de Salignac, épouse du médecin local, s’ennuie

Que se passe-t-il ?

À Saint-Germain-de-Montbrond, la jolie Mathilde de Salignac, épouse du médecin local, s’ennuie, au point d’avoir charmé le peu séduisant abbé Brissette, et de l’avoir repoussé. Mais lorsque l’évêché, alerté, le remplace par le jeune Roland Charvaz, c’est une autre histoire.

Le livre est inspiré d’un fait divers, alors même si le début et l’époque évoquent d’autres romans, ce n’est pas une histoire d’amour tragique que nous conte Marie-Bernadette Dupuy.

Où et quand ?

L’histoire se déroule dans un village de Charente, à côté d’Angoulême en 1849. Marie-Bernadette Dupuy décrit la vie des notables à cette époque, le curé, figure locale importante, l’instituteur non croyant, le médecin dévoué et naïf, les réceptions qui ont lieu chez ce dernier.

Qui sont les personnages ?

L’autrice a imaginé des personnages parfaitement crédibles, mais comme il est difficile de s’attacher à eux, aucune émotion ne se dégage du livre.

Mathilde de Salignac
Elle s’est mariée, conformément aux vœux de sa mère, et sans amour avec Colin, un médecin avec qui elle a eu un fils, Jérôme. Mais que la vie est ennuyeuse dans ce village. Mathilde rappelle beaucoup de jolies femmes qui se sont laissé séduire (Emma Bovary, Anna Karénine, Ariane Deum…). J’ai peiné à comprendre sa personnalité, mais peut-être n’en a-t-elle pas en dehors d’une évidente coquetterie ?

Roland Charvaz
Poussé à la prêtrise par sa mère, il n’a aucune vocation, pas plus que de scrupules d’ailleurs. Mais il sait très bien jouer les curés parfaits, il trompe son monde. 

Annie Meunier
Mathilde l’a recrutée pour devenir la servante du curé, avec un seul critère : qu’elle soit laide et qu’elle ne lui fasse pas de concurrence. Annie est vue par son patron comme une grosse femme paresseuse et sale, mais ses enfants en donnent une autre image, celle d’une veuve courageuse qui ne veut pas être à leurs charges. Ce qui est certain, c’est qu’elle ne se laissera pas abuser par Roland Charvaz.

Comment est-ce écrit ?

Incipit :

« Saint-Germain-de-Montbrond, Charente, vendredi 29 juin 1949
Mathilde de Salignac se tenait accoudée à la fenêtre de son salon pour respirer le parfum des roses qui fleurissaient au pied du mur. Le soleil dorait ses cheveux châtains et clairs et la chair nacrée de sa gorge. Elle avait du chagrin, à la manière d’une fillette à qui on aurait confisqué un jouet. »

Citation :

« Avec les rousseurs de l’automne, une première fausse note vint ébranler l’ordre des choses. Pourtant, tout semblait aller pour le mieux. Nul ne soupçonnait la liaison entre le père Roland et l’épouse du médecin. Si Annie Meunier commençait à juger insolites certains détails, elle n’en parlait pas, se répétant qu’elle se faisait des idées. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • La narration
  • L’intérêt toujours soutenu
  • L’écriture fluide

Ce que vous regretterez (ou pas) :

  • L’absence d’émotion

Mes notes

Univers narratif4,0/5
Personnages5,0/5
Intrigue1,5/5
Écriture 4,0/5
Moyenne 3,6/5
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Info-livre : Les amants du presbytère par Marie-Bernadette Dupuy

Couverture du livre de Marie-Bernadette Dupuy, Les amants du presbytère

Editeur : LGF/Livre de Poche
ISBN : 978-2-253-07150-1
Pages : 400
Date de parution : 06/02/2019

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