L’été où tout a fondu — Tiffany McDaniel

Âmes sensibles, s’abstenir. L’été où tout a fondu contient des scènes éprouvantes qui en font un livre puissant, mais cruel.

En arrière-plan, une fleur de tournesol brûlé par le soleil, au premier plan, la couverture du livre de Tiffany McDaniel, L'été où tout a fondu.
« La chaleur est arrivée avec le diable. »

Crédit photo (arrière plan) : Pawel Czerwinski sur Unsplash

Que se passe-t-il ?

Le procureur Autopsy Bliss invite le diable à Breathed, ce dernier se présente sous les traits d’un jeune garçon noir, treize ans, le même âge que Fielding, le fils d’Autopsy. C’est d’ailleurs Fielding qui est le premier à lui parler.

Après ces débuts tonitruants, je m’attendais à quelque chose lié, de près ou de loin, au diable. En fait, pas tout à fait.

Dans sa deuxième partie, L’été où tout a fondu concentre tous les malheurs du monde, bien plus éprouvant pour le lecteur qu’un livre comme La leçon du mal où s’accumulent les cadavres. La différence ? L’été où tout a fondu est réaliste, des évènements similaires se sont passés, avec de vraies personnes et ailleurs qu’à Breathed.

J’aurais davantage apprécié cette histoire si elle avait été plus sobre, l’appel au diable et autres anecdotes sont inutiles.

Si vous êtes sensible, ce livre risque de vous heurter ou de vous faire faire des cauchemars.

Où et quand ?

Dans le sud de l’Ohio, en 1984.

Il semble que l’autrice ait tenu à cette date à cause de l’ouvrage de George Orwell. Elle insiste lourdement sur les évènements de cette année-là, les jeunes hommes portent des coupes mulet, ils possèdent une console Atari (mais on ne les voit jamais jouer).

C’est aussi l’année où une maladie inconnue, qui touche surtout les homosexuels, fait parler d’elle. Une année où l’homophobie fait rage.

Le raciste existe toujours en 2022, à fortiori en 1984, mais l’histoire racontée évoque plutôt les années 1930 où le racisme était pratiquement la norme, alors qu’au début des années 1980, ce n’était plus une norme acceptable.

Qui sont les personnages ?

#Fielding
Quand il nous raconte l’histoire de cet été où tout a fondu, il est un vieux monsieur ce qui le situe dans les années 2050 (mais pourquoi ?). Fielding est celui qui subit, qui ne comprend pas et qui s’en repentira toute sa vie.

#Autopsy et Stella Bliss
Autopsy est un homme bon, mais franchement, passer une annonce pour inviter le diable ? Il dira :

« Si j’avais su que ça allait entrainer autant de problèmes, je ne l’aurais jamais fait. »

Sérieux ? Il explique à la fin du livre ce qui l’a poussé à le faire, je n’ai pas trouvé la justification très convaincante.

Stella, la femme d’Autopsy, ne sort jamais de chez elle parce qu’elle a peur de la pluie.
Je vous l’ai dit, la sobriété n’est pas le point fort de ce livre.

#Grand
Grand est le frère aîné de Fielding. Il réussit tout ce qu’il entreprend, au point de sentir l’image qu’il donne de lui à sa famille peser lourdement sur lui, bien trop lourdement.

#Sal
Son prénom commence comme Satan et finit avec la première lettre de Lucifer. Notre petit « diable », avec Grand, est le personnage le plus attachant du roman. Est-il réellement le diable ? À vous de faire votre opinion. Ma réponse est non, le diable n’a rien à faire dans cette histoire même si Tiffany McDaniel entretient le doute — presque — jusqu’à la fin.

Comment est-ce écrit ?

Aucun doute, la plume de l’auteur est magnifique.

Incipit :

« La chaleur est arrivée avec le diable. C’était l’été 1984. Le diable avait bien été invité, mais pas la chaleur. On aurait pourtant dû s’y attendre. Après tout, la fournaise n’est-elle pas un attribut du diable ? L’un ne va pas sans l’autre. »

Citation :

« Dieu est le plus grand spectateur de la souffrance qui puisse exister. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • Un livre fort
  • Une très belle écriture

Ce que vous regretterez (ou pas) :

  • Des scènes éprouvantes
  • Manque de sobriété

Mes notes

Univers narratif3,0/5
Intrigue4,0/5
Personnages3,0/5
Écriture 5,0/5
Moyenne3,8/5

Info-livre : L’été où tout a fondu par Tiffany McDaniel

Couverture du livre de Tiffany McDaniel, L'été où tout a fondu.

Editeur : Gallmeister
ISBN : 978-2-35178-251-4
Pages : 480
Date de parution : 18/08/2022

Racisme aux États-Unis

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A l'arrière-plan, un homme seul, au premier plan, la couverture du livre de Ludovic Manchette et Christian Niemiec, Alabama 1963
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Catherine Perrin
Catherine Perrin

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