On ne peut pas tenir la mer entre ses mains – Laure Limongi

Si vous aimez les styles très littéraires, On ne peut pas tenir la mer entre ses mains est fait pour vous, moins si vous aimez les intrigues palpitantes, parce que, pour faire émerger ses personnages, otages d’un épisode ancien, l’auteur procède par petites touches.

une main au-dessus de la mer
Photo by Yoann Boyer on Unsplash

L’univers narratif

La Corse, en toile de fond, Plus précisément, une maison de famille, l’Alcyon.

“Au cœur de l’Alcyon, un grand escalier de marbre. Du vert de mer, importé d’Italie.”

Maison sans confort :

“Jusqu’au début des année 1980, il n’y a pas l’eau courante. Heureusement, la fontaine est toute proche. L’eau se transporte en procession volubile, dans de grandes jarres, vers des salles d’eau exigües où un broc et un baquet font office de baignoire.”

La narratrice revient chez elle, après des années d’absence, pour chercher à comprendre, à raconter son histoire et celle de son entourage.

Les personnages

#Huma
Le choix du prénom, “la petite fumée dont on doit aspirer le “h” en le prononçant” fait l’objet de tout un développement.

#Alice, sa mère
Née au début de la Seconde Guerre Mondiale, dont elle ne se souvient que de la faim et de la peur, elle a fui sa famille dès qu’elle a pu parce que la suite n’a pas été beaucoup mieux.

#Lavì , son père
Il a été élevé par sa mère sur l’île.
Un bel homme, un « colosse aux pieds d’argile », expression inconnue de la petite fille. Elle apprendra bien assez tôt sa signification.

“Ils ressemblent à un énième duo père-fille fusionnel et mignon. Mais c’est un ogre jaloux, insatiable avec sa créature. A chaque instant, l’enfant doit lui prouver qu’elle le considère comme un dieu, qu’elle remet sa vie entre ses mains.”

#May, sa grand-mère paternelle
“C’est une vieille fille qui a pourtant été mariée.”

Pas le genre de grand-mère dont on rêve,

Elle dort avec un fusil chargé à côté d’elle et des poignards planqués sous le matelas. Eh oui, on est en Corse, terrain fertile en secrets de famille, qui parfois affectent la seule personne dans l’ignorance.
Le secret de la famille, May le connaît. Elle a pardonné, du moins à son fils, mais pas à sa bru. Quant à Huma…

Une intrigue minimaliste

Une histoire de secret, donc.

“Le secret consume tout. Son vide est un géant de foire aux couleurs criardes.”

Un secret qu’un narrateur-personnage annonce :

“Comme si c’était à moi de faire le sale boulot, de trier les os, recoller les fragments de vaisselle brisée pendant les disputes homériques.”

Un secret qu’un narrateur omniscient dévoile :

“Des chiens qui meurent trop vite comme s’ils ne voulaient pas être fidèles à ça…”

Un secret qu’on découvre peu à peu, en passant de personnage en personnage, d’époque en époque.

Laisser sa lecture pour la reprendre plus tard expose à en perdre le fil.

Pourtant je n’ai pas lâché la lecture, grâce au style

C’est le point fort du livre. On se laisse emporter de phrases en phrases.

L’incipit du livre :

“L’eau est claire, animée de vaguelettes. Tout est nimbé de bleu. Bouées, mosaïques, signalétique. Avec ce parfum de chlore caractéristique, qu’on finit par aimer; il se diffuse en attaquant les résidus abandonnés par les corps.”

Mon avis en résumé

Ce que vous allez aimer
* Le très beau style de l’auteur

Ce qui peut vous agacer
* passer de personnage en personnage, d’époque en époque.

Mes notes

Univers narratif3,0/5
Personnages4,0/5
Intrigue2,0/5
Style5,0/5
Moyenne3,5/5

Info-livre : On ne peut pas tenir la mer entre ses mains par Laure Limongi

Couverture du livre On ne peut pas retenir la mer entre ses mains

Editeur : Grasset
ISBN : 978-2-246-81329-3
Pages : 288
Date de publication : 28/08/2019

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Catherine Perrin
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