Sophie Henaff et les poulets grillés (oui, c’est une série, de romans policiers)

Quoi de mieux que de découvrir un auteur à suivre, un auteur dont on attend les livres avec impatience ?
Découvrir un auteur de séries. Premier livre de la série : Poulets grillés.

Livres de la série Poulets grillés, Rester groupés, Art et décès
Une équipe de bras cassés qui veut prouver qu’elle est compétente

Parce que de livres en livres on découvre les mêmes personnages et même quand les livres sont irréguliers, on a le bonheur de connaître la suite de l’histoire de nos personnages favoris.

Laissez-moi vous présenter les Poulets grillés de Sophie Henaff.

Des romans légers et amusants

Au sommaire de cet article

Poulets grillés, premier tome de la série

Humour4,5/5
Personnages4,5/5
Intrigue4,0/5
Style4,0/5
Moyenne4,3/5

Des personnages dont la hiérarchie ne veut plus

La hiérarchie a décidé de les regrouper au sein d’une même brigade. Elle s’en frotte les mains, la hiérarchie, à l’idée de se débarrasser des éléments gênants et d’améliorer les statistiques. Et elle ne va pas lésiner sur la mission à confier à cette toute nouvelle brigade, la hiérarchie :

“La totalité des enquêtes non résolues de la totalité des commissariats et brigades de la région.”

Rien que ça.

Et par chance, le 36 Quai des Orfèvres a sous la main, la commissaire qui va coordonner la mission de cette joyeuse équipe.

# La commissaire Anne Capestan

Loin d’être un bras cassé, elle est brillante, a connu une ascension fulgurante sauf qu’elle n’est pas sans peur – de ne pas être réintégrée dans la police, ni sans reproche – d’avoir tiré une balle de trop.
Le reproche, elle va devoir faire avec, on ne modifie pas le passé, mais en ce qui concerne la peur, elle a tort parce qu’elle va être réintégrée.
Ça, c’est pour la bonne nouvelle, la mauvaise nouvelles, c’est qu’elle est réintégrée pour prendre la tête d’une brigade d’alcoolos, de brutes, de dépressifs, de flemmards et son supérieur en passe.

Un supérieur pas très exigeant.

“Mais dites-vous qu’au moins, on ne s’attend à aucun résultat”

Pas certaine que ce soit une deuxième bonne nouvelle pour la commissaire.

# Le lieutenant José Torrez, dit Scoumoune

“Toute la flicaille du pays connaissait Thorez et se signait sur son passage”

Et ce n’est pas pour rien, qu’elle se signe la flicaille.

  • Son premier coéquipier a été blessé d’un coup de couteau
  • Son remplaçant a été également blessé
  • Le suivant a pris une balle
  • Le dernier est mort

Pas de quoi effrayer Anne Capestan, pas plus que la suivante sur la liste des membres de la nouvelle brigade.

# Eva Rosière

Ecrivain. Flic et écrivain. Elle est loin d’être la seule, à avoir vendu des millions d’exemplaires grâce à son expérience sur le terrain et à avoir vu ses livres adaptés à la télévision. Seulement, à force d’afficher sa fortune, elle a agacé beaucoup de monde.
Et comme elle veut continuer à être flic, elle a une place toute trouvée dans la nouvelle brigade, où elle débarque en braillant dans un téléphone piqué de strass, accompagnée de deux livreurs prêts à installer son fauteuil Empire.

Pas vraiment embarrassant, en tout cas moins que celui-ci :

#Le commandant Lebreton

Ancien membre de l’IGS, monstre d’intransigeance, il a interrogé Capestan suite à sa bavure.
Il la prend pour une brute, elle le pense psychorigide.

Pas facile. D’autant que les autres poulets grillés ont aussi leurs propres fêlures.

Le lieutenant Dax, brillant mais qui est un peu trop monté sur le ring où il a laissé une partie de son cerveau.

“Il observait la vie avec l’enthousiasme d’une otarie dans les vagues”

Le lieutenant Evrard, blonde aux innocents yeux bleus, ce qui a dû être pratique à l’époque où elle jouait et où elle magouillait avec les tripots clandestins

Le capitaine Merlot, bâti comme un mètre cube et vous l’aurez deviné à son nom :

“Enveloppé d’une senteur de pinard à décoller les papiers peints”

Et quelques autres que je vous laisse découvrir.

Le premier livre de Sophie Henaff

Ça ne se passe pas au 36 Quai des Orfèvres, vous vous en doutez

Mais dans un banal appartement en étage, avec bureau en zinc, tables en formica ou en mélaminé noir.

Pas de cellule dans l’appartement. Anne Capestan en bricolera une avec le verrou des toilettes.

Dans ce contexte, on se fiche un peu de l’intrigue

Quand même…

Il en faut bien une, c’est un roman policier après tout.

En fouillant dans les cartons des affaires non résolues qu’on leur a aimablement mis à disposition, ils trouvent une affaire : en 1993, un homme tué par balle a été repêché dans la Seine. Lebreton et Rosière vont faire équipe sur ce cas.
La commissaire fera équipe avec Torrez sur le dossier d’une vieille dame étranglée lors d’un cambriolage.
Le lieutenant Evrard se chargera avec Merlot d’une histoire de dealer jamais arrêté, alors que la police avait toutes les informations.

La vraie question, ce n’est pas de savoir s’ils vont réussir.

La vraie question, c’est de savoir comment la brigade des poulets grillés va réussir. Parce que bien entendu, ils n’ont qu’une envie, prouver qu’ils ne sont pas plus mauvais que d’autres.

Un style vivant

Avec beaucoup de dialogues. Simple aussi. Et quelques métaphores percutantes. Vous l’aurez compris, il y a un peu de Michel Audiard chez Sophie Henaff.

Voici deux extraits pris au hasard :

“Le téléphone sonna dans le salon. Sûre que c’était pour elle, Capestan s’adressa à l’équipe, le sourire en coin :
– Voilà, vous êtes débarrassés.
Elle rejoignit son bureau en zinc et écarta les échantillons de papier peint anglais soumis par Rosière au consentement collectif. Elle attrapa l’appareil avant de s’asseoir dans son fauteuil à roulettes. Ce devait être Buron, prêt à lui passer la soufflante du siècle.”

J’ai déjà raconté comment Eva Rosière a débarqué dans la brigade. En réalité, son arrivée a été explosive :

“…Mais je t’emmerde, tête de nœud ! Rugit-elle. J’écris ce que je veux. Et tu veux que je te dise pourquoi ? Parce que je vais pas laisser un costard-cravate, haut comme trois bites à genoux, me dire où je dois pisser.”

Les distinctions

  • Prix Polar en séries – 2015
  • Prix Arsène Lupin – 2015
  • Prix du polar des lecteurs de la Librairie Les Arcades de Tournus 2015
  • Prix du meilleur polar francophone 2015

Mon avis en résumé

Ce que vous pouvez aimer

  • Une équipe de bras cassés qui veut prouver qu’elle est compétente
  • L’humour
  • Le style

Ce qui peut vous agacer

  • L’intrigue policière un peu secondaire

Rester groupés, le deuxième tome de la série des poulets grillés

Humour5,0/5
Personnages4,5/5
Intrigue4,0/5
Style4,0/5
Moyenne4,4/5
Le deuxième livre de Sophie Hénaff : Rester groupés

Sophie Hénaff prend les mêmes et recommence ? Pas tout à fait

Les indésirables au Quai des Orfèvres, ça se renouvelle. Et cette fois-ci, c’est un policier qu’un séjour à l’hôpital psychiatrique n’a pas calmé, Saint-Lô, qui débarque à la brigade. Il explique lui-même pourquoi :

“Car je n’ai pas besoin d’être soigné. Je sais qui je suis et aucun internement ne me le dérobera”.

Il croit être né en 1593 et être un ancien mousquetaire.

A cela s’ajoute un rat policier, Ratafia.

De quoi s’attendre à deux ou trois scènes hilarantes malgré le démarrage dramatique de l’intrigue.

Une victime qui touche de près Anne Capestan

Une des victimes est l’ex beau-père de la commissaire. Il a été retrouvé sous une fausse plaque de rue qui indiquait son nom, ses dates de naissance et de mort.
Bizarrement, le supérieur de la commissaire, Buron, lui demande d’enquêter, en toute transparence, avec les autres polices, même si Anne se doute que le Parquet n’a jamais entendu parler d’elle et que la transparence doit surtout se faire dans un sens.

Mon avis en résumé

Il est encore plus loufoque que le premier. Si vous avez aimé, foncez.

Art et décès, le troisième opus de Sophie Hénaff

Le troisième livre de Sophie Hénaff : Art et Décès

Mes notes

Humour4,0/5
Personnages4,5/5
Intrigue4,0/5
Style4,0/5
Moyenne4,1/5

On prend les mêmes et…

Dans ce nouveau livre de la série les poulets grillés, aucun nouvel élément farfelu n’intègre la brigade d’Anne Capestan.

Quoique…

L’amie d’Anne Capestan en difficultés

La flamboyante Eva Rosière a écrit le scénario d’un film dont le réalisateur s’est autoproclamé coauteur. Voilà notre flic-écrivain en pétard. Elle répète partout :

« – Putain je vais le tuer. »

Quand le réalisateur est retrouvé mort, elle compte sur sa brigade pour mener l’enquête et l’innocenter. Après tout, il n’y a pas de conflits d’intérêts puisqu’elle n’en fait plus partie, en disponibilité pour le tournage.

Contre toute attente, l’enquête est confiée à la brigade des Innocents décapitée d’Anne, à qui Buron, son supérieur refuse l’interruption de son congé de maternité. Ce serait mal connaître Anne de penser qu’elle va rester tranquillement chez elle, alors que sa brigade enquête sur son amie.

Pas de moyen de faire garder Joséphine, sa fille ? Qu’à cela ne tienne, elle emmène avec elle le bout de chou qui ne cesse de réclamer son attention, se promène partout et met les mains où il ne faut pas.

Mon avis en résumé

Moins drôle que le deuxième mais se lit avec plaisir

Sophie Hénaff

Journaliste au magazine Cosmopolitan, elle tient une chronique humoristique.

J’ai eu l’occasion de faire dédicacer un de ses livres à Quai du Polar. Nous avons échangé quelques mots sur les femmes écrivains et aussi éditeurs en nous réjouissant qu’il y en ait de plus en plus.

Les premiers tomes existent en édition de poche.

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Catherine Perrin
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