Sous le sol de coton noir — Paul Duke

Le Soudan du Sud, l’aide humanitaire et ses compromis, les journalistes et les risques insensés pris pour témoigner sont les composants de Sous le sol de coton noir, un livre de Paul Duke, coup de poing nécessaire pour aller au-delà des chiffres et des mauvaises nouvelles annoncées par les journaux télévisés.

En arrière plan, arbre mort sur un sol désertique, au premier plan, couverture du livre de Paul Duke, Sous le sol de coton noir
Les ONG apportent une réponse concrète aux maux de populations vulnérables…

Service Presse

L’intrigue

Le narrateur se rend à l’enterrement d’un de ses anciens collègues, le Vieux, dont on saura finalement peu de choses si ce n’est que jusqu’à sa mort, il a cru en sa mission humanitaire. C’est l’occasion pour le narrateur de retrouver d’autres proches qui étaient présents pendant le drame survenu alors qu’ils étaient en mission au Soudan du Sud.

Rentré chez lui, ou plutôt dans la maison de sa mère, où il se réfugie en soignant comme il peut son trouble de stress post-traumatique, le narrateur découvre des photos et des documents qu’il avait oubliés.

Bien sûr, le lecteur se demande quel drame s’est déroulé au Soudan du Sud (quoiqu’on s’en doute à peu près, une guerre étant génératrice de tragédies insoutenables), mais l’intérêt du livre n’est pas là, l’intérêt du livre réside dans l’opposition entre les rôles des humanitaires et des journalistes.

« Les ONG apportent une réponse concrète aux maux de populations vulnérables, mais changent moins les choses que les journalistes, qui lèvent le voile sur les crimes commis. »

Sous le sol de coton noir permet d’aller plus loin : les humanitaires ne sont plus des inconnus qui vivent des situations impossibles dans une quasi-indifférence, mais des hommes et des femmes, comme nous, enfin presque, puisqu’ils acceptent de risquer leur vie et parfois de compromettre leurs valeurs pour rester présents et efficaces.

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L’univers narratif

La plus grande partie de l’histoire se déroule au Soudan du Sud, à proximité d’un camp qui abrite trente mille réfugiés alors qu’il a été construit pour dix mille personnes. Le chauffeur de l’association humanitaire « Action internationale » est issu du camp.

Les personnages

#Le narrateur
Après avoir cru qu’il avait trouvé sa raison d’être dans l’humanitaire, il a maintenant abandonné la volonté de se battre et considère qu’il a tout perdu en même temps que ses amitiés et son engagement.

#Arthur
Journaliste, il a été embarqué par le narrateur, chargé de la communication de l’ONG qui espère que le reportage aidera à lever des fonds. Une grande partie de ceux-ci finira dans les poches de militaires ou de politiciens, ceux-là mêmes qui tuent et affament. Mais si l’ONG veut continuer d’intervenir, elle a besoin de leur soutien qu’ils monnayent grassement.

Autour d’eux gravitent des réfugiés, des médecins de MSF et d’autres humanitaires. Certains, comme Mathieu et Clothilde ont abandonné le terrain pour se battre sur d’autres fronts en rejoignant les Nations Unies pour Mathieu et le Quai d’Orsay pour Clothilde. Est-ce que c’est plus facile, plus éthique ? Réponse à la fin du livre.

Le style

Incipit :

« Je mets un pied devant l’autre. J’avance dans ce marché mort, où tout semble avoir été purifié par une boule de feu, qui n’a rien épargné dans son sillage. Je parcours cette cicatrice, en laissant traîner le regard, comme si je cherchais quelque chose. Bien entendu, je ne vois rien à des kilomètres, seulement une vaste étendue de brûlis. Au-dessus de la ligne d’horizon se dresse un ciel de la même couleur anthracite que la terre. J’évolue dans un monde de poussière grise et morte. »

Citation :

« La pire fin pour toute mission humanitaire, quand les conditions de sécurité ne pouvaient plus être assurées, que le contexte partait complètement en cacahuète, et que nous n’avions d’autres choix que de fuir le plus vite possible. Malgré la bonne réception de notre travail par les gens que nous aidions, la situation nous dépassait tous. Nous savions pertinemment que de nombreuses personnes se feraient tuer, nos employés locaux inclus, mais nous étions impuissants. Nos collègues du pays devaient se débrouiller pour mettre leur famille à l’abri, alors que nous, nous avions la possibilité de rentrer à la maison par avion. Rester aurait été inutile, mais partir malgré la menace et la peur, nous peinait. »

Mon avis en résumé

Ce que j’ai aimé

  • Humanitaires et journalistes en temps de guerre
  • Les personnages, tellement humains

Mes notes

Univers narratif5,0/5
Personnage5,0/5
Intrigue5,0/5
Écriture 4,0/5
Moyenne4,8/5

Lecture un peu exigeante

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Info-livre : Sous le sol de coton noir par Paul Duke

Couverture du livre de Paul Duke, Sous le sol de coton noir

Editeur : Rocher (Editions du)
ISBN : 978-2-268-10660-1
Pages : 292
Date de parution : 12/01/2022

Photo de Catherine Perrin

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