Trois livres de Stephen King pour ceux qui n’apprécient pas le maître du fantastique

Et dont je fais partie ; frustrant de ne pas apprécier un immense écrivain.
Mais que voulez-vous, l’univers de Stephen King ne me touche pas; il me hérisse plutôt les poils du bras. D’accord, c’est l’objectif de beaucoup de ses livres.
Alors, pourquoi lire Stephen King ?

Portrait de Stephen King, trois couverture de livres, Laurie, Dolores Claiborne, La ligne verte
Portrait de Stephen King par bunkosquad / Michael Femia sous licence CC BY-SA 3.0

Parce que certains de ses livres son plus classiques (encore que…).

Ouf.

Certains permettent de comprendre en quoi il est un grand écrivain. Trois œuvres, deux sans fantastique et une, où le fantastique est loin d’être le plus effrayant.

Commencez par une nouvelle – Laurie

Liseuse avec Laurie - Stephen King

Elle est gratuite en édition numérique et vous la trouverez facilement sur les sites des libraires en ligne. Et si vous n’êtes pas équipé·e d’une liseuse, pensez aux applications.

Dédiée à Vixen, le chien de son épouse Tabitha King, la nouvelle n’a pas été tellement appréciée des fans du maître, c’est pourtant une jolie nouvelle.

Veuf depuis peu, Lloyd se morfond et s’agace un peu de la dernière lubie de sa sœur Beth qui lui a offert un chien parce qu’elle pense qu’il a besoin de s’occuper l’esprit.

“- Un animal est le pire cadeau qu’on puisse faire à quelqu’un, lança Lloyd. Je l’ai lu sur Internet.
– Où tout est vrai, j’imagine.”

Il commence par refuser ce petit bout d’animal, qui certes n’a pas fait pipi sur le tapis, mais ailleurs dans la maison. Et il finit par s’habituer à la chienne et ils se promènent tous les deux plusieurs fois par jour, jusqu’au jour où rien ne permettait de deviner que Dieu avait armé son 45.

Vous voyez, rien d’horrifique dans cette nouvelle. Rien d’horrifique non plus dans le livre qui suit, même si des choses horribles arrivent.

La ligne verte

Stephen King a d’abord publié La ligne verte en roman feuilleton, un épisode par mois de mars 1996 à août 1996.

La ligne verte ?
“Un lino d’un vert pisseux recouvrait le sol du large couloir traversant le bloc E, et ce qu’on appelait dans les autres prisons la dernière ligne était chez nous, à Cold Mountain, surnommé la ligne verte.”

Couverture du livre La ligne verte Stephen King

L’univers narratif

Le couloir de la mort dans une prison américaine en 1932. A une époque où la dépression fait rage et où les hommes sont contents d’avoir un travail, peu importe lequel.

À une époque où il ne fait pas bon être noir, pas bon se trouver là où il ne faut pas. A une époque où la peine de mort n’est pas remise en question.

Une bouteille de nitroglycérine à elle toute seule cette prison.

Les personnages

Les gardiens

#Paul Edgecombe – le narrateur
Gardien en chef de la prison. C’est un homme bon mais qui ne remet pas vraiment en cause le principe de la peine de mort. En revanche, il a compris que le meilleur moyen que la prison reste calme, c’est de parler aux prisonniers et de les traiter humainement. Ne serait-ce que parce que les prisonniers, eux, ont compris une chose : ils ne peuvent être tués qu’une seule fois, quelle que soit la façon dont ils se comportent. Il n’a eu aucun mal à persuader ses gardiens de le suivre, à l’exception d’un seul, Percy Wetmore.

#Percy Wetmore
Sadique et méprisant, il est protégé par son oncle gouverneur. La parole de Paul ne pèse pas lourd contre la sienne.

Les condamnés

#Edouard Delacroix
Pour dissimuler un viol et un meurtre, il a provoqué la mort de six personnes, brûlées vives dans un incendie. Il trouve du réconfort dans le dressage de sa souris apprivoisée, Mr Jingles.

#John Caffey comme la boisson mais ça s’écrit pas pareil.
Il est noir, immense, simple d’esprit, condamné à mort pour avoir violé et tué deux petites filles. Il ne parle pas mais pleure beaucoup, silencieusement.

“Il n’avait pas l’air illettré mais pas l’air éduqué non plus. Dans son parler comme dans tant d’autres choses, ce type était un mystère. Mais c’étaient ces yeux qui m’intriguaient le plus. Il y avait en eux une espèce d’absence sereine, comme s’il avait été loin, très loin.”

#William Wharton
Rien ni personne ne peut lui faire entendre raison. Il ne sera exécuté qu’une seule fois, alors pourquoi se priver ?

L’intrigue

L’obsession de Paul : que tout se passe bien; que ce soit dans la prison ou pendant une exécution. Tant pis pour l’infection urinaire dont il souffre. De toute façon, il n’a pas le temps d’être malade, il doit faire son travail, réussir à contrôler Percy Wetmore et William Wharton; ce à quoi il parvient avec plus ou moins de succès, il faut bien le dire.

Pas le temps de s’occuper non plus de John Caffey qui est plus ou moins laissé dans son coin jusqu’au jour où il guérit le gardien en chef.

Ce qui fait germer chez Paul une idée folle, il suffit de sortir le simple d’esprit guérisseur et de le conduire chez l’épouse gravement malade du directeur de prison.

Pas si simple de faire ça discrètement : utiliser les véhicules de prison ? Tout le monde le saura. Et John Caffey n’est pas un petit gabarit.

Bien sûr, ils vont résoudre ces problèmes et faire face à d’autres difficultés plus inattendues.

Le style

Eh bien, c’est celui de King. Clair, vivant, un vrai bonheur.

“Lire la fin d’un roman policier avant d’y arriver, c’était comme de manger un biscuit fourré à la noix de coco en allant tout de suite à la noix de coco : après, vous n’avez plus qu’à jeter le biscuit !”

“L’expiation est puissante : c’est le verrou sur la porte que l’on referme sur le passé.”

“Travailler avec lui, c’était comme essayer de désamorcer une bombe avec quelqu’un qui jouerait des cymbales à quelques centimètres de vos oreilles. Bref, agaçant.”

Dolores Claiborne

Liseuse avec Dolores Claiborne

Ce roman de Stephen King, publié en 1992 et adapté au cinéma en 1995, est un thriller psychologique, sans éléments surnaturels. L’un des meilleurs livres que j’ai lus.

Pas l’ombre d’un soupçon de fantastique dans ce livre.

L’univers narratif

Sur une île, à Little Tall, où tout le monde se connaît et où les sujets de conversation ne manquent pas ; est-ce vraiment un accident qui a coûté la vie au mari de Dolorès Claiborne il y a trente ans ? Et qui pourrait ignorer que le policier qui interroge la vieille femme dissimule une bouteille dans le tiroir de son bureau ?

Les personnages

#Dolores Claiborne
Elle a soixante-six ans, n’a pas eu une vie facile avec son mari qui buvait :

“…j’essaie seulement de vous dire que Joe Saint-George, c’était pas un homme : c’était un boulet que je traînais.”

Après sa mort, il lui a bien fallu se débrouiller :

“Joe m’a laissé cette baraque au cap de l’Est et trois hectares de terre, presque rien que des mûriers et le genre de broussailles inutilisables qui repoussent après quand on a tout rasé.”

Heureusement, Vera Donovan qui l’employait tous les étés décide de s’installer dans l’île et lui demande de devenir sa femme de chambre. La réponse à toutes ses prières, bien qu’elle n’ait pas une haute opinion de sa patronne.

“Ce coup-là, elle a réussi à me boucher le carburateur au chewing-gum. Mais c’est ça les gens riches : quand y peuvent pas vous tuer d’un coup de pied, y sont capables de vous étouffer de baisers.”

Elle passe de femme de chambre (travailler huit heures par jour, cinq jours par semaine) à dame de compagnie (jour et nuit) et s’installe chez Vera.

#Vera Donovan
Elle est veuve, son mari s’est tué dans un accident de voiture et depuis, elle se conduit de façon excentrique, pas comme à l’époque où son mari vivait.

“A l’époque, Vera avait presque tous ses boulons encore bien serrés.”

Une femme qui a eu plusieurs attaques qui ne sont pas des raisons d’arrêter de boire et de fumer.
Les deux femmes se connaissent bien :

…comme j’imagine deux vieilles chauves-souris sont habituées à se suspendre la tête en bas, l’une à côté de l’autre dans la même grotte, même si elles sont loin d’être ce qu’on pourrait appeler les meilleures amies du monde.”

Dolores ne peut s’empêcher de plaindre cette femme seule que ses enfants ne viennent jamais voir.
c’était moi ou l’asile.

L’intrigue

Au poste de police de Little Tall Island, Dolores promet de dire toute la vérité. Et tant pis si ça la conduit en prison. Elle a tué l’un mais pas l’autre. Elle va tout raconter et attendez-vous à quelques surprises, beaucoup en fait.

Le style

A priori, il s’agit d’un monologue (celui de Dolores Claiborne) et son langage est imagé. Encore une fois, un vrai bonheur.

L’incipit du livre :

“Qu’est-ce que t’as demandé, Andy Bissette ? Si je comprends mes droits tels que tu me les a expliqués” ?
Bon sang ! Y a vraiment des hommes qu’on se demande comment y font pour être aussi abrutis.
Non, toi, laisse tomber…

Et juste pour le plaisir :

“Oh, arrête, Andy ! Qu’est-ce que t’as d’autres à faire ce soir ? T’avais l’intention d’aller sur la plage pour voir si il y aurait pas quelques types en train de déterrer des clams sans autorisation ?”

Et il y en a peut-être d’autres

Et vous, aimez-vous Stephen King ? Qu’avez-vous lu et quel est le meilleur selon vous ?

Partagez cet article
Image par défaut
Catherine Perrin
J'adore discuter de mes lectures. N'hésitez pas à me laisser des commentaires ou à me rejoindre sur les réseaux sociaux.
Publications: 231

Un commentaire

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.