Un insaisissable paradis – Sandy Allen

Est-ce qu’il y a pire que la maladie mentale ?
Oui. La façon dont sont traités les malades mentaux.
C’est ce que nous décrit l’auteur·e dans Un insaisissable paradis, à partir d’un texte et de recherches personnelles.

Liseuse à la première page du livre de Sandy Allen, un insaisissable paradis.

Service Presse

Au sommaire de cet article

La narratrice

L’oncle de la narratrice lui annonça par téléphone avoir écrit son auto-biographie. Il lui fit parvenir son manuscrit.

Quelqu’un de la famille devait lui avoir dit que j’étudiais pour devenir écrivaine.

Elle connaissait peu cet oncle, célibataire et musicien, avec qui elle avait passé des étés ou des Noëls dans la propriété de son grand-père, Gene. Parfois, elle s’était assise à côté de lui, ils avaient chanté ou s’étaient racontés des chanson.

La petite fille avait demandé à sa mère pourquoi Bob prenait des pilules :

“Parce qu’il est fou” avait-elle répondu.

Bob avait arrêté de venir pour les vacances, puis pour Noël sans que la famille de la narratrice ne lui rende visite.

Quelques années plus tard, en rentrant en voiture avec des amis, elle était passée le voir, non sans s’être excusée auprès ses amis à qui elle avait promis un restau. Elle se souvenait encore de la réaction de son oncle :

Il avait l’air surpris et tout excité.

Elle chercha à en savoir plus, n’obtint pas de réponses claires.  La mère de Sandy, après le divorce de ses parents, était partie vivre avec Marylin alors que son frère Bob était resté avec leur père.

Elle lui conseilla de jeter ce manuscrit que Sandy aurait bien voulu oublier.

Un texte perturbant

Au contraire de sa famille, Bob était ouvertement raciste. Il ne se gênait pas non plus pour dire ce qu’il pensait de certains membres de sa famille.

Qu’y avait-t-il de vrai dans le récit de Bob ? Avait-t-il réellement été emmené par son père chez un coiffeur qui lui avait coupé les cheveux pendant que les deux adultes l’humiliaient et se moquaient de lui ?

Bob continuait de l’appeler et Sandy culpabilisait.

Un jour, il envoya en cadeau un assortiment de confitures;  elle se décida à étudier la biographie.

D’une certaine manière, je n’ai jamais cessé de la lire depuis.

L’écriture du livre

Pourquoi la narratrice a-t-elle choisi de se lancer dans la réécriture du livre de Bob ? Elle n’en sait rien elle-même.

Peut-être Bob est-il tout simplement un bon pêcheur, et moi le guppy qu’il a ferré.

Note : Le guppy est un poisson d’eau douce.

D’abord, elle ne s’attacha qu’à ce que Bob avait écrit :

Pour cet exercice, je suis partie du principe que tout ce qu’il affirmait était vrai…

Mais ses amis l’interrogèrent. Est-ce que l’entourage de Bob avait les mêmes souvenirs ? Quelles étaient les données médicales ?

Elle décida « d’en apprendre autant que possible » et mena l’enquête en parlant aux membres de sa famille, aux amis de Bob.

La confrontation de l’autobiographie de Bob avec les souvenirs de son entourage

Rien ne fut simple.

Les récits que m’ont faits respectivement Gene et Marylin de leur mariage et de son échec avaient peu de points communs. Idem pour ce qui est arrivé à leurs fils.

Gene ne se rappelait pas, ou ne voulait pas se rappeler grand-chose de l’enfance de Bob parce qu’il avait été trop occupé à travailler. Il ne se souvenait que du comportement de Marylin qui s’en été prise à Bob, qui l’avait harcelé. Quant à Marylin…

Marylin non plus ne se souvenait pas s’être disputée avec son fils autant que lui et Gene le disaient.

Seule Agnès, la seconde femme de Gene répondait clairement, comme si c’était une déposition.
Peu d’information disponible, donc.

Les recherches entreprises par Sandy

Elle lut l’autobiographie autoéditée du médecin de Bob. Le Dr Widroe y avait décrit les méthodes utilisées dans les années 50 tels que l’ hydrothérapie, l’insulinothérapie appliquées à des patients qui ne ressortiraient jamais de l’hôpital psychiatrique. Ou encore la douche écossaise que le médecin avait qualifié de torture.
Ensuite, Sandy enquêta sur l’histoire de la psychiatrie américaine, surprise d’apprendre que les Quakers avaient fondé les premiers asiles dans la première moitié du XIXème siècle.
Elle fit aussi des recherches sur les premiers médicaments et les méthodes alternatives.

Un livre exhaustif

Un insaisissable paradis est construit à partir d’une histoire vraie et de recherches.

Le style

Incipit du livre :

Tard, un soir d’été voilà plusieurs années, j’ai reçu un appel d’un numéro qui ne figurait pas dans mon répertoire.

Mon avis en résumé

Ce n’est ni un roman, ni un témoignage. Mais je ne peux que vous en recommander la lecture.

Mes notes

Note globale : 5/5

L’auteur·e

Sandy Allen préfère qu’on la désigne par le pronom iel (pronom neutre, ni masculin, ni féminin ); iel a réellement reçu un jour le manuscrit de son oncle Bob sur lequel iel a travaillé huit ans avant de publier le livre. Son objectif était d’écrire un livre qui atteindrait les lecteurs qui ne sont pas familiers avec le sujet.

Si vous parlez anglais, vous pouvez visiter son site.

Et même si vous ne parlez pas anglais, vous pourrez voir la photo de Sandy avec son oncle en bas de cette page.

Info-livre : Un insaisissable paradis par Sandy Allen

Couverture du livre de Sandy Allen, un insaisissable paradisEditeur : Belfond
ISBN : 978-2-7144-7333-2
Pages : 298
Date de parution : 19/09/2019

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Catherine Perrin
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