Une chose à cacher — Elizabeth George

Thomas Lynley et Barbara Havers sont deux des raisons pour lesquelles je ne rate jamais un roman policier d’Elizabeth George. De ce côté-là, Une chose à cacher est une déception, la vie privée des deux enquêteurs tourne en rond. En revanche, l’auteur a su choisir un univers original, comme d’habitude, très travaillé.

En arrière plan, Ridley Road, un des lieux où se déroule l'histoire. Au premier plan, la couverture du livre d'Elizabeth George, Une chose à cacher.
En arrière plan, Ridley Road, un des lieux où se déroule l’histoire.

Temps de lecture : 5 min
Photo d’arrière plan : Photo par Filipe Roque sur Unsplash

Que se passe-t-il ?

Le livre comporte quatre débuts d’histoires différentes et évidemment, avant de comprendre le lien entre elles, le lecteur a déjà eu le temps de se perdre.

  • Déborah Saint-James est sollicitée pour un projet photographique.
  • Tani Bankole apprend que son père lui a trouvé une épouse selon la tradition, il a payé 6 vaches pour une jeune fille vierge de seize ans. Mais Tani est amoureux de Sophie, une Anglaise.
  • Le commissaire Mark Phinney a une vie familiale compliquée, son frère Paulie tente de l’aider comme il peut.
  • Adaku Obiaka surveille le centre de santé pour les femmes de Hackney.

Elizabeth George a choisi un sujet peu traité : les Mutilations Génitales Féminines (MGF) ; elle a imaginé une famille nigériane partagée entre tradition et modernité. Je suppose que l’auteur a fait beaucoup de recherches sur ce sujet que les Occidentaux connaissent mal, ce qui ajoute de la lourdeur à l’intrigue.

Entre les multiples personnages et une question peu abordée, Elizabeth George nous propose un roman moins addictif que ceux auxquels elle nous avait habitués.

Où et quand ?

À Londres bien sûr et en particulier sur le marché de Ridley Road où le père de Tani possède des commerces. La famille Bankole vit à Mayville Estate, un quartier londonien où habitent Caribéens et Africains.

Grâce à Elizabeth George, vous visiterez ces quartiers de manière approfondie.

Qui sont les personnages ?

Les personnages récurrents

C’est en grande partie à cause d’eux que les fidèles lecteurs s’arrachent les livres dès qu’ils sortent, vous êtes d’accord ? Vous avez envie de savoir ce qu’il va advenir de Thomas Lynley et de Barbara Havers. Hélas ! Alors que j’espérais que leurs histoires retrouveraient un peu de peps, ce qui commençait à me manquer, j’ai dû déchanter. Même si j’ai retrouvé Déborah Saint-James avec plaisir (et aussi un tout petit peu Simon Saint-James).

#Barbara Havers
Depuis ses frasques en Toscane (Juste une mauvaise action), Barbara se consacre surtout à son travail, les tentatives de Dorothea Harriman pour rendre Barbara séduisante tombent à plat. Barbara en est réduite à une caricature d’elle-même qui se gave de ses marques favorites. J’avoue avoir levé un sourcil sur cette phrase :

« C’était d’autant plus héroïque de sa part que sa supérette de prédilection avait mis en rayon une nouvelle variété de Pop-Tarts aux fruits des bois. La veille, elle en avait acheté une demi-douzaine de paquets qu’elle avait hâte de goûter. »

Barbara n’a jamais eu de vie personnelle épanouissante, c’est vrai, mais la réduire à une mangeuse de Pop-Tarts (publicité ?), pitié, non.

#Thomas Lynley
Depuis le drame qui a dévasté sa vie (Sans l’ombre d’un témoin), Thomas tourne en rond et il est vraiment difficile de s’intéresser à lui. Il use d’un comportement envers Barbara, comment dire ? Gênant (et ne vous faites pas d’idées, il ne s’agit pas de ça !).

Les personnages liés à l’intrigue

Ils sont très très nombreux et certains n’ont pas la même épaisseur que les autres.

#Tani Bankole
Il est le personnage le plus attachant du livre. Sa résistance envers son père était passive jusqu’au jour où ce dernier se met en tête de lui faire épouser une jeune fille qu’il n’a jamais vue. Quand il prendra conscience de ce qui va arriver à sa petite sœur Simi, il entrera carrément en révolte.

#Mark Phinney
Le commissaire fait partie de l’intrigue et non des enquêteurs, ce qui brouille un peu les pistes au début. Les pages sur ce personnage torturé, mais peu sympathique m’ont paru longues, mais longues.

#La victime, Adaku Obiaka
Elle est très difficile à cerner et les membres de sa famille le sont encore plus. J’avoue avoir été un peu perdue.

Comment est-ce écrit ?

Incipit :

 « C’était l’une des journées les plus chaudes d’un été déjà caniculaire. Déborah Saint James avait rendez-vous à Sanctuary Buildings avec la sous-secrétaire du département de l’Éducation et le directeur du National Health Service, l’organisme en charge de la Santé. “Nous aimerions vous entretenir d’un projet, lui avait-on dit. Êtes-vous disponible ?” »

Citation :

 « Ses yeux bruns revinrent se poser sur elle. — Je suis pétri de honte et de regret. Sincèrement. Je vous demande pardon. Barbara pensa aux dégâts qu’il avait causés et parvint à la conclusion que seule sa fierté avait souffert. Avec le temps, elle finirait par se remettre de ce nouveau coup porté à son amour-propre, comme elle avait surmonté les précédents. — C’est bon, soupira-t-elle. Allez en paix, et ne péchez plus. »

En résumé

Ce que vous aimerez :

  • Une intrigue originale
  • Une écriture efficace

Ce que vous regretterez (ou pas) :

  •  Des personnages très nombreux
  • Thomas et Barbara qui tournent en rond.

Mes notes

Univers narratif5,0/5
Personnages3,0/5
Intrigue2,0/5
Écriture 4,0/5
Moyenne3,5/5

Info-livre : Une chose à cacher par Elizabeth George

Couverture du livre d'Elizabeth George, Une chose à cacher.

Editeur : Presses de la Cité
ISBN : 978-2-258-19558-5
Pages : 656
Date de parution : 06/10/2022

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