Une histoire de genres — Lexie

Guide pour comprendre et défendre les transidentités. Autant vous le dire tout de suite, je ne pensais pas être autant bouleversée par Une histoire de genres. Comme n’importe quelle femme, j’ai rencontré la discrimination bien plus souvent que je ne l’aurais souhaité.

Couverture du livre de Lexie, Une histoire de genres
Guide pour comprendre et défendre les transidentités.

Service Presse

J’avais déjà compris que l’empathie envers des personnes qui subissaient des discriminations différentes avait ses limites, parce qu’elles m’avaient parfois confié des anecdotes, incompréhensibles sans sous-titrage pour comprendre tel ou tel problème particulier. Mais c’est bien plus que de sous-titres dont nous avons besoin, nous, les cisgenres, pour entr’apercevoir ce que signifie la transidentité dont nous parlons trop souvent sans savoir.

Présentation d’Une histoire de genres (quatrième de couverture)

À l’heure où les questions de genre et d’identité sont de plus en plus présentes dans l’espace public, voici un guide qui déconstruit tous les préjugés, les abus de langage, les non-sens liés aux transidentités, afin de mieux les comprendre et de donner les armes pour s’en émanciper. Car si être trans est une histoire de rapport de soi à soi, de prise de conscience individuelle, c’est aussi un rapport à des normes et constructions sociales, culturelles et historiques.
Véritable prolongement du compte Instagram sur lequel Lexie s’emploie avec patience et grande rigueur à éduquer sur les questions de genre, ce livre est une vraie boussole et un outil d’empowerment pour les personnes trans qui sont souvent isolées, moquées, stigmatisées et font l’objet de violences extrêmes ; mais aussi pour les non trans, concernés ou non, car au-delà des transidentités, c’est sa propre place dans la société et le traitement des différences qu’il s’agit de questionner.


Ma première lecture en écriture inclusive… et mon premier article en (essai d’) écriture inclusive

Alors, non, l’écriture inclusive n’est pas, comme on nous le présente trop souvent, une destruction de la langue française. Le livre de Lexie se lit sans difficultés, le style est fluide parce que l’utilisation de l’écriture inclusive est pertinente, toujours à bon escient. Bref, l’écriture inclusive a un sens compte tenu du sujet abordé.
Il m’a donc paru important de l’utiliser pour cette chronique en intégrant, comme le fait Lexie, les formes neutres, c’est-à-dire la particule x. L’exemple donné dans le livre : « les concerné·es·x ».

Lexie est militante, pédagogue et bienveillante

Militante

« Le genre et ses matérialisations comme données identitaires ne sont donc pas existantes par nature, mais forgées et accumulées par nos sociétés pour répondre à différents besoins de fonctionnement, et pour asseoir les jeux de privilège et de domination. C’est l’apprentissage de normes et de codes, dès la petite enfance, qui façonne profondément l’identité de genre et le sentiment d’appartenance presque viscéral à celle-ci. »

Pédagogue

« Le terme trans, abréviation pour transgenre, est un terme parapluie, c’est-à-dire qui regroupe plusieurs concepts ; ici plusieurs identités de genre différentes, mais partageant toutes une caractéristique commune : le fait de s’être vu·e·x assigner un genre à la naissance, d’après nos organes génitaux, mais qui ne nous correspond pas, qui n’est pas le nôtre. »

Ajoutez à cela que le genre n’est pas binaire, qu’il existe des personnes agenre (sans genre), des personnes neutres (qui intègrent des éléments à la fois féminins et masculins), les personnes genderfluides ou fluides (dont les genres peuvent varier) qui sont différentes des personnes demi-genres.

Bienveillante

Vous ne comprenez pas tout ? Moi non plus. Par chance, Lexie est tolérante :

« Ne pas comprendre, ce n’est pas grave. Certaines choses sont difficiles à aborder. Ce qui est grave, c’est de refuser d’écouter et d’admettre que notre parole est légitime et qu’elle peut apprendre des choses, c’est de faire passer des idées, des avis, des impressions avant des connaissances. »

Ne pas comprendre, c’est effrayant

Ne vous méprenez pas, ce qui m’effraie ce n’est pas de ne pas comprendre, mais de savoir ce dont l’être humain est capable quand il ne comprend pas.

L’importance des mots

Une différence entre la discrimination que j’ai pu subir et celle qu’ils·elles·x subissent, c’est le déni d’identité. Personne n’a jamais nié que j’étais une femme blanche cisgenre, on en a plutôt déduit qu’en tant que femme blanche cisgenre, des clichés s’appliquaient, forcément. Mais ils·elles·x entendent ce genre de choses :

« Quoi qu’il arrive, tu es né·e·x fille/garçon. »

Sans compter que Lexie doit aussi faire face dans sa vie courante de sexisme ordinaire, évidemment.
S’il y a une chose que je retiens de ce livre, c’est que faute de tout comprendre, il faut accepter la personne en face de nous pour ce qu’elle est, et éviter de poser des questions qu’on ne poserait pas à quelqu’un d’autre.

Ce que j’ai appris d’autres

  • La dysphorie de genre (le décalage entre sexe anatomique et identité de genre) bien que ne faisant plus partie des troubles mentaux reste un diagnostic d’écart à la norme.
  • La grille de lecture actuelle met la médecine au premier rang (pas seulement pour la transidentité, d’ailleurs).
  • À quoi sert la mention du sexe sur les documents officiels ? Je ne m’étais pas posé la question tellement ça allait de soi, mais franchement, est-ce que la supprimer créerait tellement de problèmes ?
  • Il arrive qu’une personne veuille changer de genre sans vouloir changer de sexe.
  • Et bien d’autres choses que je vous laisse découvrir dans ce livre intelligent.

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • L’intelligence du livre
  • L’exhaustivité des domaines abordés
  • La pédagogie et la bienveillance de l’autrice.

Ma note

5/5 À lire absolument.

Info-livre : Une histoire de genres par Lexie

Couverture du livre de Lexie, Une histoire de genres

Editeur : Marabout
ISBN : 978-2-501-14967-9
Pages : 288
Date de parution : 10/02/2021

Pour aller plus loin

D’abord lire cet ouvrage, bien sûr.
Et puis mettre ses pronoms sur les réseaux sociaux, un encadré d’Une histoire de genres m’a alertée de son importance. Pour en savoir plus, voir cet article de Terrafemina.
Pour moi, c’est chose faite.

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Catherine Perrin
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