L’autre bout du fil — Andrea Camilleri

Paru en 2016 en Italie, et seulement en 2021 en France, L’autre bout du fil fait revivre le temps d’une lecture l’auteur sicilien disparu en 2019. Une lecture savoureuse grâce au traducteur Serge Quadruppani.

A l'arrière plan, paysage de Sicile, au premier plan, le couverture du livre d'Andrea Camilleri, L'autre bout du fil
Le plaisir de la langue

Il a transposé le mélange italien sicilien en un savoureux mélange français marseillais sicilien.

Service Presse

Au sommaire de l’article

L’univers narratif

La ville fictive de Vigàta en Sicile. L’auteur s’est inspiré de la ville où il est né, Porto Empedocle. Chaque nuit, l’arrivée de bateaux remplis de migrants requiert la présence de la police.

Les personnages

On retrouve des personnages familiers dans L’autre bout du fil :

Les policiers

#Salvo Montalbano
Commissaire de police de Vigàta. Sa gourmandise permet de connaître une foule de plats savoureux qui sont préparés pour lui par Adelina ou qu’il déguste au restaurant.
Avec une équipe en sous-effectif, il doit pourtant assister aux arrivées sur le port chaque nuit.

#Catarella
Il est jeune, un « minot » selon le commissaire. Très sensible, il supporte mal les scènes de l’arrivée des migrants. Son langage est… comme ça :

« - Dottori, il y aurait qu’il y a le dottori Sileci qui veut parler avec vosseigneurie en pirsonne pirsonnellement. »

#Mimì et Fazio
Ils travaillent avec le commissaire et Fazio l’agace un peu parce qu’il est trop parfait.

Les autres personnages

#Livia
Compagne de Salvo Montalbano, ses relations avec lui sont plutôt orageuses.

#Elena
Couturière chez qui le commissaire Montalbano doit faire un essayage de costume. Tellement belle que Montalbano n’ose pas lui refuser une tasse de thé alors qu’il déteste ça.

#Meriam
Assistance d’Elena, elle est tunisienne. Elle aide le commissaire aussi bien pour l’accueil des migrants que dans son enquête.

L’intrigue

Livia et Salvo doivent se rendre à un anniversaire de mariage, Livia exige qu’il achète un costume neuf pour l’occasion. Le commissaire renâcle, mais finit par accepter. Malgré son travail qui lui laisse peu de temps, il consent à rencontrer Elena, la couturière. Quelques jours plus tard, Elena est assassinée.

La langue

Grâce à une préface de Serge Quadruppani, on en apprend un peu plus sur les niveaux de langue employés par Andrea Camilleri et les défis de traduction.
Le premier niveau, l’italien officiel est traduit dans un français familier. Le deuxième niveau, un italien sicilianisé, ou régional, est le plus difficile à transposer, le traducteur a choisi d’utiliser des termes du Midi de la France, minot par exemple que tout le monde comprend. Le troisième niveau est le dialecte pur que l’auteur a simplement traduit en français, parfois en conservant la langue sicilienne pour le son.
L’interprète a également gardé des structures de phrase telles que l’inversion sujet verbe. Montalbano sono a été traduit par Montalbano je suis.

Le style

Incipit :

« Ils étaient assis sur le petit balcon de Boccadasse, savourant en silence la fraîcheur de la soirée.
Livia avait été toute la journée de male humeur, ça se passait toujours comme ça quand Montalbano était sur le point de rentrer à Vigàta. »

Citation :

« — Alors faisons comme ça, dans une demi-heure maximum, tiléphone au proc’, expose-lui la situation et remets tout entre ses mains. Moi, j’ai autre chose à pincer. Quand Lillo Scotto arrive, reviens ici, il faut que tu prennes le procès-verbal de l’audition.
— Entendu, dottore, dit Fazio avant de sortir. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • La description de la Sicile face à l’arrivée des migrants avec son lot de violence
  • La langue savoureuse, bien sûr

Ce que vous regretterez (ou pas) :

  • Une intrigue un peu faible qui disparaît derrière la langue

Mes notes

Univers narratif5,0/5
Personnages5,0/5
Intrigue4,0/5
Langue5,0/5
Traduction5,0/5
Moyenne4,8/5

Info-livre : L’autre bout du fil par Andrea Camilleri

Couverture du livre d'Andrea Camilleri, L'autre bout du fil.

Editeur : Fleuve noir
ISBN : 978-2-265-15510-7
Pages : 304
Date de parution : 20/05/2021

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Catherine Perrin
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