Les Bourgeois — Alice Ferney

Les Bourgeois, le nom propre, patronymique, pas le nom commun bourgeois, encore que l’épithète leur aille comme un gant. Une fresque qui se développe sur le siècle avec de multiples personnages, tous façonnés d’une façon ou d’une autre par la même éducation.

Paris en arrière plan. au premier plan, la couverture du livre d'Alice Ferney, Les Bourgeois

L’univers narratif

Une famille bourgeoise, à Paris, mais pas seulement parce qu’au siècle dernier, les guerres se sont étendues, guerres mondiales, guerre d’Indochine, guerre d’Algérie.

Les personnages

#Les parents, Henri et Mathilde

Né en 1895, Henri a vécu la séparation de l’État et de l’Église. En bon catholique, Henri obéissait au pape, quoi qu’il lui en coûtât.
Quant à Mathilde, elle n’eut d’autres choix que d’être heureuse, comme épouse et mère. Elle a mis au monde dix enfants, en a élevé huit. Qui lui a demandé ce qu’elle pensait ?

#La fratrie

Six garçons et deux filles : Jules, Jean, Nicolas, puis André, Joseph, une fille enfin, Louise, et encore Jérôme, Claude et Marie. Cette dernière coûta la vie à sa mère.

#Le reste de la famille

Sa mère, Valentine, et un jeune frère pour Henri.
Gabrielle, la cousine très aimée de Mathilde
Les conjoints des enfants aussi, ils s’intègrent plus ou moins bien dans la famille.

#La narratrice

On ne saura pas qui elle est, une proche de la famille, une petite-fille de Mathilde et Henri, peut-être.

Il est parfois difficile de se retrouver dans les personnages, je me suis souvent perdue entre Jules et Jean. La narratrice accorde plus d’importance à Claude, peut-être parce qu’elle est proche de lui. J’aurais aimé qu’elle s’attarde davantage sur Nicolas, le rebelle de la fratrie.

L’intrigue

La vie de cette tribu tout au long du siècle. J’ai aimé comprendre leur point de vue, souvent issu d’un monde fermé. Dans les institutions catholiques, il n’y a pas eu de sièges vides le lendemain de la rafle du Vél d’Hiv. Comment alors réaliser que des familles entières disparaissaient ? Uniquement parce qu’elles étaient juives. Choquant bien sûr, mais sans doute proche de la réalité.

Il est assez rare qu’un auteur s’efforce de reconstituer les points de vue des personnages d’une époque plutôt que de leur donner un point de vue contemporain. Point de vue moins révoltant, mais invraisemblable.

Comprendre leur point de vue n’est pas les excuser bien entendu. Peut-être, pourrions-nous réfléchir au monde que nous traversons. Sans doute, dans le futur, nos arrières petits enfants seront choqués de voir ce que nous avons ignoré et qui, selon, leur point de vue, crève les yeux.

Le style

Incipit :

« 9 novembre 2013

Je n’ai pas posé de questions bien sûr, ces moments-là ont quelque chose d’ombreux et de sacré, mais j’ai su qu’il s’était levé pour aller chercher du bois, qu’il avait arrangé les bûches dans le feu, et qu’à peine s’était-il rassis, satisfait des flammes relancées, ayant le tisonnier contre le coin de la cheminée, il était mort. »

Citation :

« — On n’était pas malheureux, dit Claude aujourd’hui sans songer une seconde que cette affirmation pourrait bien signifier le contraire de ce qu’elle prétend dire. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • Plonger dans une époque et une culture révolues.
  • Le style de l’auteur

Ce que vous regretterez (ou pas) :

  • Trop de personnages

Mes notes

Univers narratif5,0/5
Personnages3,5/5
Intrigue3,0/5
Style5,0/5
Moyenne4,1/5

Info-livre : Les Bourgeois par Alice Ferney

Couverture du livre d'Alice Ferney, Les BourgeoisEditeur : Babel
ISBN : 978-2-330-12430-4
Pages : 480
Date de parution : 05/02/2020

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Catherine Perrin
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