Tristesse et Beauté — Yasunari Kawabata

Tristesse et Beauté résonne longtemps après que l’on a refermé la dernière page. Je n’ai pas pris plus que ça plaisir à le lire, mais ses personnages énigmatiques restent dans ma mémoire.

En arrière-plan, une image de Kyoto, au premier plan, la couverture du livre de Yasunari Kawabata, Tristesse et beauté
Beauté et lenteur pour une histoire de vengeance…

L’intrigue

La veille du jour de l’an, Oki va à Kyoto écouter les cloches des monastères. Il espère les écouter en compagnie d’Okoto qu’il a aimée alors qu’elle avait seize ans. Il ne l’a pas revue depuis vingt ans.
La rencontre a lieu, en présence de Keiko, la compagne de cette dernière. Très vite, Keiko annonce à Okoto qu’elle veut la venger.

L’univers narratif

Tokyo et Kyoto. L’auteur décrit admirablement bien les paysages et c’est tout un monde de beauté qui s’ouvre au lecteur.

« Le soleil couchant eut tôt fait de perdre sa teinte pourpre qui se mua en un bleu sombre et froid, noyé de gris. C’était comme si le printemps, à peine arrivé, cédait de nouveau la place à l’hiver. Le soleil qui, par endroits, donnait à la légère brume des reflets roses, s’était couché. »

Yasunari Kawabata nous invite également à une méditation sur la peinture, comme en témoigne le portrait de Kobo daishi enfant dans l’illustration de cet article, portrait dont un des personnages aimerait s’inspirer.

Kobo daishi
Kobo daishi

Les personnages

#Okoto
Elle avait seize ans quand elle est tombée amoureuse d’un homme marié d’une trentaine d’années. Il l’a abandonné et elle est devenue une peintre reconnue.

#Oki
Il a écrit un livre, Une jeune fille de seize ans, dont le succès lui permet de faire vivre sa famille. Comment cet homme arrive-t-il à séduire des femmes ?

#Keiko
Okoto vit maintenant avec Keiko, une jeune fille à la beauté resplendissante. Personnage insupportable qui n’a pourtant aucun mal à séduire.

#Fumiko
Personnage secondaire, elle est la femme d’Oki. Si sa jalousie est mentionnée, l’auteur prend peu garde à sa souffrance. Elle est pourtant la victime principale de l’histoire, dès le début de la liaison de son mari avec la jeune fille, jusqu’au dénouement de l’intrigue.

Le style

L’écriture est totalement détachée des personnages, ce qui les rend difficiles à comprendre, énigmatiques. L’histoire se déroule très lentement et laisse au lecteur le temps de savourer le style, les lieux et les méditations.

Incipit :

« Cinq chaises tournantes étaient alignées le long de la fenêtre dans la voiture panoramique de l’express de Kyoto. Oki Toshio s’aperçut que la dernière chaise de la rangée pivotait doucement sur elle-même au gré des oscillations du train. Il ne pouvait détacher ses yeux de cette chaise. »

Citation :

« Si le temps cosmique s’écoule à la même vitesse pour tous les hommes, le temps humain, lui, varie selon chacun. Le temps s’écoule pareillement pour tous les êtres humains, mais chaque homme se meut en lui selon un rythme qui lui est propre. »

Mon avis en résumé

Ce que vous aimerez :

  • La beauté des lieux
  • Les descriptions de l’auteur
  • Les méditations des personnages ou du narrateur
  • La lenteur de l’histoire qui permet au lecteur de savourer ce qui se présente à lui

Ce que vous regretterez (ou pas) :

  • Les personnages restent énigmatiques

Mes notes

Univers narratif5,0/5
Personnages2,5/5
Intrigue3,0/5
Style5,0/5
Moyenne3,9/5

Facilité de lecture : requiert de l’attention

Pas d’autres livres similaires

Le prix Nobel de littérature a été remis à Yasunari Kawabata en 1968. J’ai lu Tristesse et Beauté dans le cadre d’un challenge (le moyen de sortir de sa zone de confort) et bien sûr, je pourrais vous indiquer des livres qui parlent de vengeance, mais ils n’ont que peu de rapport avec cet ouvrage japonais.
Si vous êtes intéressé par la littérature japonaise j’ai chroniqué Okuribi Renvoyer les morts de Hiroki Takahashi

Info-livre : Tristesse et Beauté par Yasunari Kawabata

Couverture du livre de Yasunari Kawabata, Tristesse et beauté

Editeur : LGF/Livre de Poche
ISBN : 978-2-253-93253-6
Pages : 191
Date de parution : 01/08/2007
(Paru au Japon en 1965, il a été traduit en français en 1981)

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Catherine Perrin
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