De Marie-Hélène Lafon, j’ai beaucoup aimé L’annonce mais j’ai été déçue par Les pays. En lisant Histoire du fils, j’espérais retrouver le plaisir de lecture du premier. Si l’émotion a bien été au rendez-vous, j’ai tout de même été un peu déçue du caractère décousu du livre.

A l'arrière-plan, un jeune homme qui réfléchit, au premier plan, la couverture du livre de Marie-Hélène Lafon, Histoire du fils
Une saga familiale

Service Presse

Le thème

Une saga familiale avec la question : qu’est-ce qui fait une famille ? Les liens du sang ? Oui, c’est une condition nécessaire, mais pas suffisante.
Rares sont les auteurs capables de construire une histoire sur un siècle, sans dépasser cent soixante-seize pages et sans laisser le lecteur sur sa faim. Laurent Gaudé y est parvenu en 300 pages dans Le soleil des Scorta, mais l’histoire est chronologique.

L’univers narratif

Figeac (Lot), Chanterelle, Aurillac (Cantal), des noms qui fleurent bons l’Auvergne et la littérature régionale.
Paris aussi.

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Les personnages

#André et sa famille maternelle
Il est le fils de Gabrielle. Il a été élevé par sa tante Hélène et son mari Léon. C’est par sa femme, à qui sa mère a fait une unique confidence, qu’André apprend qui est son père.

#La famille paternelle d’André
On la suit en parallèle (si on peut dire) de la famille maternelle d’André.

Les deux tribus ignorent qu’elles sont liées.

La structure

Si vous me suivez depuis un petit moment, vous savez que je n’aime pas lire un livre avec les chapitres dans le désordre, à moins qu’il n’y ait une bonne raison : une construction en forme de puzzle qui évoque le cheminement de la découverte d’un secret (La tiroir aux commodes de couleurs d’Olivia Ruiz)
Le dernier chapitre boucle avec le premier et l’émotion est forte.
Malheureusement, après le début de l’histoire (1908), on passe à 1919, puis 1950, pour revenir à 1934 et ensuite 1923. J’ai dû parfois retourner en arrière pour comprendre la chronologie.
Certes, cette structure maintient le mystère sur ce qui est arrivé au petit garçon du premier chapitre, mais le talent d’Hélène Lafon n’a pas besoin de ce genre d’artifice.

Le style

Heureusement, il y a le style, qui comme toujours, porte le livre :

Incipit :

« Les pieds nus d’Armand glissent sur le parquet ; il ne veut pas réveiller Paul qui dort encore et fait son petit bruit de lèvres dégoûtant comme un chiot quand il tète. »

Citation :

« Léon et elle ont déjà sept petites filles qui grandissent entre Saint-Céré, Cahors et Bergerac. On les voit souvent, elles vont, viennent, restent, repartent, par grappes vives de deux, trois ou quatre ; c’est la manade des cousines, le mot est de Léon qui se pique de tauromachie. »

Mon avis en résumé

Ce que j’ai aimé

  • Cette histoire simple, sans pathos, mais pleine d’émotions
  • Le style de l’auteur

Ce que j’ai regretté (mais peut-être pas vous)

  • Les chapitres dans le désordre

Mes notes

Univers narratif
Personnages
Intrigue
Style
Structure

Moyenne

5.0/5
5.0/5
5.0/5
5.0/5
1.0/5

4.2/5

Lecture un peu exigeante

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Accueil du livre

  • Prix des libraires de Nancy (2020)
  • Deuxième sélection du Prix Renaudot (2020)
  • Deuxième sélection du prix Femina (2020)
  • Deuxième sélection du prix Jean Giono (2020)

De courtes histoires familiales

La tête sous l’eau
Olivier Adam

En arrière-plan, des personnes sur la plage et au premier plan, la couverture du livre d'Olivier Adam, La tête sous l'eau
Léa disparaît. L’auteur explore les impacts de la disparition d’une personne sur sa famille.

Les silences des pères
Rachid Benzine

En arrière-plan, une cassette et au premier plan, la couverture du livre de Rachid Benzine, Les silences des pères.
« Il a fallu qu’il meure pour que je revienne. »

Cœur
Thibault de Montaigu

Un cheval en arrière-plan et au premier plan, la couverture du livre de Thibaut de Montaigu, Cœur
Livre très personnel

Info-livre : Histoire du fils par Marie-Hélène Lafon

Couverture du livre de Marie-Hélène Lafon, Histoire du fils

Editeur : Buchet-Chastel
ISBN : 978-2-283-03280-0
Pages : 170
Date de parution : 20/08/2020

Photo de Catherine Perrin

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2 commentaires

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  1. C’est justement la structure qui est intéressante, comme source première des émotions. D’abord, elle balise toute la chaîne du non-dit. Le travail de l’auteure est tout entier dans une médiation subtile entre ce qui est dicible et ce qui serait accessoire. Ainsi, Marie-Hélène Lafon (qui a lu Faulkner…) interroge le réel et les strates du temps d’une manière originale: les ruses du récit transforment cette interrogation permanente en une une respiration profonde qui devient pour le lecteur le temps et la matière romanesque. La densité du récit est à ce prix. On mesure alors pleinement la force et la justesse du style construit comme un pont sur le silence et le non-dit originel. Le miracle vient de cet équilibre tenu sur le fil du rasoir.